Dü SYSTÈME DU MONDE. 535cette vitesse, cette position et la direction initiale du mouvement;Newton assigna une section conique que le corps peut décrire, etdans laquelle il doit conséquemment, se mouvoir ; ce qui répond aureproche que lui fit Jean Bernoulli, de n’avoir point démontré queles sections coniques sont les seules courbes que puisse décrire uncorps sollicité par une force réciproque au quarré des distances.Ces recherches appliquées au mouvement des comètes,lui apprirentque ces astres se meuvent autour du soleil, suivant les mêmes loisque les planètes, avec la seule différence que leurs ellipses sont très-alongées ; et il donna les moyens dedéterminer parles observations,les élémens de ces ellipses.
La comparaison de la distance et de la durée des révolutions dessatellites, à celles des planètes, lui fit connoître les masses et lesdensités respectives du soleil et des planètes accompagnées de satel-lites, et l’intensité de la pesanteur à leur surface.
En considérant que les satellites se meuvent autour de leursplanètes , à fort peu près comme si ces planètes étoient immobiles ;il reconnut que tous ces corps obéissent à la même pesanteur vers lesoleil. L’égalité de l’action et de la réaction ne lui permit point dedouter que le soleil pèse vers les planètes, et celles-ci vers leurssatellites ; et même, que la terre est attirée par tous les corps quipèsent sur elle. Il étendit ensuite par analogie, cette propriété, àtoutes les parties des corps célestes; et il établit en principe, quechaque molécule de matière attire tous les corps , en raison de samasse, et réciproquement au quarré de sa distance au corps attiré.
Parvenu à ce principe, Newton en vit découler les grands phé-nomènes du système du monde. En envisageant la pesanteur à Jasurface des corps célestes, comme la résultante des attractions detoutes leurs molécules ; il parvint à ces vérités remarquables ,savoir : que la force attractive d’un corps ou d’une couche sphé-rique, sur un point placé au-dehors, est la même que si sa masseétoit réunie à son centre ; et qu’un point placé au - dedans d’unecouche sphérique, et généralement d’une couche terminée par deuxsurfaces elliptiques semblables et semblablement placées, est éga-lement attiré de toutes parts. Il prouva que le mouvement derotation de la terre, a du l’applatir à ses pôles ; et il détermina les