j6 S U P
les conséquences ; & que semblables auxchevaux ombrageux , on les guériroiten lesfamiliarisant avec les objets de leur vainefrayeur. Mahomet une fois désabusé, il luien coûta moins de soutenir son illusion pardes mensonges , que d’avoner qu’il s’étoicégaré : son génie ardent lui avoit sait voirce qui n’étoit pas, un archange Gabriel, unprophète dans lui-même ; & quand >1 se futassez rempli de son vertige pour le com-muniquer , i! ne lui fut pas difficile d’en-tretenir dans les esprits un mouvement quiavoit ceílé dans le sien. D’aillcurs , com-ment n’eut - il pas conservé une sorte deconfiance obscure en ce qui le servoic sibien ? Mais ce n’est pas assez de répondre àcette question , si son ne demande grâceaux lecteurs pour savoir faite ; car il cíìpeut-être contre le droit des gens , & con-tre les égards que les nations fe doivententr’clles, de jeter de pareilles imputationsfur les législateurs mêmes qui les ont sé-duites ; parce que le préjugé qui leur déguise la force des preuves d'une religioncontraire , semble les autoriser à la récrimination. Ainsi , loin d’approtiver celuiqui mettroit sur Iascene un prophète étranger pour le jouer ou le combattre ; tandisque le spectateur bat des mains & applaudità son heureuse audace , le sage peut direau grand poète : fi votre but avoit été d’in-sulter un homme célébré , ce seroit uneinjure à sa nation ; mais ft vous ne vi u-lie% que décrier l'abus de la religion , eft-ceun bien pour la vôtre ? A Dieu ne plaisequ’on prétende justifier un cuire auffi con-traire à la dignité de shemme ; mais comme on parle ici pour toutes les nations &pour tous les siécles , on deviendroic sus-pect au grand nombre des lecteurs qui veu-lent s’éclairer cn s’accommodant au langage d’une légere portion de la terre. Ceuxqui font persuades, n’ont pas besoin d
S U P
brûlant tous les livres, comme inutiles Js’ils font conformes au livre de Dieu ; oucomme pernicieux , s’ils lui font contrai-res : raisonnement trop politique pour êtredivin. Bienrôt un autre Calife contrain-dra les chrétiens à la circoncision , tandisqu'un empereur chrétien force les Juifs à ,recevoir !e baptême; r.ele d’autant plus 1blâmable dans celui-ci , qu’il professait unereligion de grâce & de miséricorde. Chezle peuple conquérant, la victoire est ap-peliée le jugement de Dieu ; & deux reli-gions opposées mettent au rang des notesde leur divinité , la prospérité temporelle, ^comme si le royaume de Jésus-Christ étoicde ce monde. Des chrétiens trop fervensosent maudire Mahomet à la face desSarrazins ; & ceux - ci , par un zele aussibarbare que celui des autres pouvoir êtreindiscret, coupent la tête aux blasphéma-teurs & rasent les églises.
Mais voici d’autres fureurs & d’autteZspectacles ( pardon , 6 religion sainte , si jerouvre ici ces plaies, & la source de teslarmes éternelles ). Toute l’Europe passeen Asie par un chemin inondé du sang desJuifs qui s’égorgentde leurs propres mains,pour ne pas tomber fous le fer de leurs en-nemis. Cette épidémie dépeuple la moitiédu monde habité ; rois, pontifes , femmes,enfâns & vieillards , tout cède an vertigesacré qui fait égorger pendant deux siéclesdes nations innombrables fur le tombeaud’un Dieu de paix. C'est alors qu’on vitdes oracles menteurs, des hermires guer-riers ; les monarques dans les chaires , &les prélats dans les camps ; tous les étatsse perdre dans une populace insensée ; lesmonts & les mers franchies ; de légitimespossessions abandonnées , pour voler à desconquêtes qui n’étoient plus la terre pro-mise ; ìes mœurs , toujours plus saines dan«leur climat naturel . íe corrompre fous un
preuves ; & ceux qui ne ie (ont pas , fans ciel étranger ; des princes , après avoitdoute ne veulent pas Têtre : ainsi ne balan- dépouillé leurs royaumes pour racheter uacez pas à détester le fanatisme par-roue pays qui ne leur avoit jamais appartenu,où vous le verrez , fût - il au milieu de j achever de les ruiner pour leur rançonvous. 1 personnelle ; des milliers de soldats égarés
Parcourez tous les ravages de ce f 'fous les étendards du croisant,& voy
ies commer.cemens, un Calife aíísirer i'em- 1 cette maladie ne nmr que pour laire ppire de ^ignorance & de la superstition en | à une contagion encore plus horrible,