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Tome trente-deuxième.
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le meme esprit de fanatisme entrete- !nant la fureur des conquêtes éloignées , àpeine l’Europe avoit réparé ses pertes,que la découverte d’un nouveau mondehâta la ruine du nôtre. A ce terrible mot,allez & forcez , l’Amérique fut dtfo.ee &ses habitans exterminés ; F Astique & 1 tu-

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de mal qui fait de l’homme un monstrecomposé de tous les autres. Est-il bien sur-prenant , quand il ne suivra plus le fil de laraison , le plus céleste de tous les dons,qu’un roi de Perse immole au soleil son

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dieu ceux qu’il appelle les disciples

iw liauiiaMJ v „ tllMlul> „ , t crucifié, & qu’un prince chrétien aille brû-

ropcTs’épuiserent cn vain pourlarepeuplerj J 1er le temple du feu , & la ville des adora-le poison de l’or & du plaisir ayant énerve teurs du soleil ; cju’on voie pendant dix sie-l’espece . le monde se trouva désert, & tut clés deux empires divisés par un seul mot '

menacé de le devenir tous les jours davan-tage , par les guerres continuelles qu’allu-mera fur notre continent l’ambition de s e-tendre dans ces îles étrangères. Voilapourtant où nous ont conduits les progrèsqu fanatisme ! Quand le plus humain deslégislateurs envoya des pêcheurs annoncerla doctrine à toute la terre , comme unebonne nouvelle , pensoit-il qu’on abuseroitun jour de sa parole pour bouleverser l’uni-vers ? II vouloir lier tous les hommes parle même esprit dr charité , qu’ils vissentla lumière avant de croire à fa mission ;ruais le flambeau de la guerre n’étoit pascelui de son évangile. 11 laissoit les armesaux faux prophètes qui n’auroient ni la rai-son ni Pexemp'e pour eux. Connoissant que^hypocrisie endurcit les âmes & que l’igno-rance les abrutit; que des aveugles conduitspar des médians , font un spectacle affli-geant pour le ciel, & tout-â-faìt déshono-rant pour la nature humaine ; il vouloirgagner & persuader , attacher les incré-°. u cs P a ^ ^e sentiment, &. retenir les liber-tins parla conviction. ì es nations idolâtresdevioient - elles lui reprocher , que depuisdeux mille ans la terre éprouve les plus san-glantes révolutions dans toutes les contrées,ou fa loi pure a pénétré ? Qu’est - ce donc ,disent-elles, qui a fait des esclaves en Amé-nque 8c des rebelles au Japon ? scroit-cela contradiction qui rc-gne entre le dogme& la morale ? non. Mais la fureur des pas-sions soulevées par un levain de fanatisme ;peut-être l’aheurtement à des opinions,qui n’ayant point leurs racines dans l'esprithumain , ni leur modelé dans la nature, nepeuvent se soutenir que par des ressorts, violens; la confusion des idées, l’inévidencedes principes, le mélange du faux & duvrai, plus funeste qu’une ignorance abso-lue 3 causent cette alternative de bien &.

qu un conquérant sasièvœu d’extenr.inertousles ennemis du prophète , comme ceux-ci sevouoient depuis deux cents ans au massacredes infidèles , & qu’il détruise l’empircd’Orientaux acclamations des Occidentaux,qui béniront le ciel d’avoir puni leurs frereslchismatiquespar la main des ennemis com-muns ? Est-il possible que les rois condam-nent à mort tous les sujets de leurs étatsqui veulent retourner au paganisme , parcsque la nouvelle religion ne leur convientpas ; que les peuples excédés de la tyranniede leurs conquérans, renoncent à cettemême religion qu’ils ont reçue par force ;

[ que dans la réaction des soulévemens , ilss’oublient jusqu’à trépaner les prêtres &.raser les églises , & qu’enfin pour une églisedétruite, on égorge toute une nation ?Prenez garde de vous laisser séduire à caton emphatique ; ouvrez les annales detoutes les religions , & jugez vous-mêmes.

Au reste, si les excès de l’ambition setrouvent ici confondus avec les égaremensdu fanatisme , on fait que l’une est le vicedes chefs , & l’autre la maladie du peuple.C’est aux lecteurs clairvoya; s à démêler les■ nuances étrangères dans la teintuie domi-| nante. C eux-! à ne commettront pas lin-justice de rejeter fur la religion , des abusqui viennent de l’ignorance des hommes.Le christianisme est !a meilleure école d’hu-manité. Une loi , dit nn auteur qn’aucunparti ne désavouera, quelle que iùt facroyance ; » une loi qui ordonne à ses dis-» ciples cflaimer tous les hommes ssns en" ^ept-er même leurs ennemis -/qui lai r" Jefend de perstcuter ceux qui les haïf-" lent » & de haïr ceux qui les peifiécu-» tent ') : cette loi ne leur permet pas demaudire ceux qui btmíent Dieu dans uneautre tangue. Ce n’est pas a elle qu’ou im-