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Tome trente-deuxième.
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qu’il snssisoit d’éteindre ? Voyez TEM-PLIERS . La persécution enfante la révolte,& la révolte augmente la persécution. Cen’est pas qu’on doive tolérer l’audace dupremier insensé qui vient troubler l’étatpar ses visions ou les opinions ; mais si lesmaîtres de la morale violent la toi des sc-r-mens & des traités envers des novateurs ,il est indubitable que leurs sectateurs ju-geant de la doctrine par les œuvres ( mé-thode allez conséquente , quoi qu’on en 'dise) ne mettront pas la vérité du côté del’injustice , & se prendront d’un saint en-thousiasme pour ces prétendus martyrs deTerreur : alors on verra sortir de leurscendres des étincelles qui mettront tout unroyaume en combustion.

Toutes les horreurs de quinze siécles,renouvellées plusieurs fois dans un seul ;des peuples fans défense égorgés aux piésdes autels ; des rois poignardés ou em-poisonnés ; un vaste état réduit à fa moi-tié par ses propres citoyens ; la nation laplus belliqueuse & la plus pacifique divi-sée d’avec elle-mcme ,• le glaive tiré en-tre le fils & le pere; des usurpateurs, destyrans, des bourreaux , des parricides &des sacrilèges violant toutes les conven-tions divines & humaines par esprit dereligion ; voilà 1 histoire du fanatisme &st s exploits.

Qu’est-ce donc que le fanatisme ? c’cstl’eftet d’une fausse conscience qui abusedes choses sacrées, & qui asservit la religionaux caprices de l’imagination & aux déré-glemens des passions.

En général il vient de ce que la plu-part des législateurs ont eu des vues tropétroites , ou de ce qu’on a passé les bor-nes qu’ils se prescrivoient. Leurs lois n’é-toienr faites que pour une société choisie,Etendues par le zèle a tout un peuple ,& transportées par l’ambition d’un climatàl’autre, elles dévoient changer & s'ac-commoder aux circonstances des lieux &des personnes. Mais qu’est - il arrivé ?c est que certains esprits d’un caractère plusanalogue a celui du périr troupeau pour le-quel elles avoient été faites , les ont reçuesavec la mime chaleur , en font devenus lesapôtres & même les martyrs , plutôt que dedémordre d’un seul iota . Les autres au con-

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traire moins ardens , ou plus attachés 2leurs préjugés d’éducation, ont lutté contrele nouveau joug , & n’ont consenti à Tem-brasser qu’avec des adouciíïemens : & de-1 3le schisme entre les rigorijles & les miti"gés , qui les rend tous furieux , les unspour la servitude , & les autres pour la li-berté.

Les sources particulières du fanatifnt

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i°. Dans la nature des dogmes ; s’ils fontcontraires à la raison , ils renversent le ju-gement , & soumettent tout à l’imagina-tion , dont l’abus est le plus grand de tousles maux. Les .Taponois, peuples des plusspirituels & des plus éclairés, se noient enì’t.onneur d’Amida leur dieu sauveur , par-ce que les absurdités dont leur religion estpleine , leur ont troublé le cerveau. Le*dogmes obscurs engendrent la multiplicitédes explications , & par celles-ci la divi-sion des sectes. La vérité ne fait point defanatiques. Elle est fi claire , qu’elle n ssouffre guere de contradictions; si péné-trante , que les plus furieuses ne peuventrien diminuer de sa jouissance. Commeelle existe avant nous , elle se maintientfans nous & malgré nous par ion évidence-II ne suffit donc pas de dire que Terreur 3ses martyrs, car elle en a fait beaucoupplus que la vérité , puisque chaque secte &chaque école compte les siens.

2 °. Dans Tatrocité de la morale. Deshommes pour qui la vie est un état de dan-ger & de tourment continuel , doivent am-bitionner la mort, ou comme le terme»ou comme la récompense de leurs maux •’mais quels ravages ne fera pas dans la so-ciété celui qui désiré la mort, s’i! joint auXmotifs de la souffrir des raisons de la don-ner ? On peut donc appelle r fanatiques »tous ces esprits outrés qui interprètent le*maximes de la religion à la lettre , & qU>suivent la lettre à la rigueur ; ces docteursdespotiques qui choisissent les' systèmes leSplus révoltans ; ces casuístes impitoyable 8qui désespèrent la nature , & qui , aprèsvous avoir arraché Tocil & coupé la main »vous disent encore d’aimer parfaitementchose qui vous tyrannise.

3 °. Dans la confusion des devoirs Quanddss idées capricieuses font devenues des pré-ceptes ,