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Tome trente-deuxième.
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tir par bandes des gens à demï-nuds qui sedéchirent à coups de fouet. On fe voile levisage à l’occasion d’un tremblement deterre. On passe des jours entiers les bras at-tachés à une croix , jusqu’ù mourir de cespieux excès. L’Italie , l’Allemagne & laPologne font inondées de ces maniaques des-tructeurs de leur être;mais ces flagellations,aussi pernicieuses aux mœurs qu’à la santé,tombent enfin par le mépris correctif bienplus sûr que la persécution. Én effet il n’ya pas de doute qu’ils ne fussent tous mortsfur la place , plutôt que de mettre basleurs armes de pénitence , fl l'on eût tentéde les leur arracher par force ; tant les vai-nes terreurs de l’imagination dans les uns,amour de quelque indépendance dans

les

autres, rendent les âmes furieuses &

redoutables. Aussi quand vous verrez deshommes renoncer à tout pour un seulobjet, craignez de les troubler dans la pos-session de ce qui leur rcfie , parce que laviolence de vos efforts rendroi t leur causebonne , fût-elle injuste - , la compassion vousattirera des ennemis, & à eux des parti-sans , puis des fauteurs , enfin des disci-ples , dont le nombre fe multipliera à pro-portion de vos rigueurs. Gardez-vous sur-tout d’en faire des victimes ; car c’est parla persécution qu'on a vu dans une religionde patience & de soumission , s’élever l’a-borninable doctrine du tyrannicide , ap-puyée fur douze raisons en l'honneur desdouze apôtres ; & ce qu’on aura de la peine* Croire , c’est qu’elle lut établie pour jus-tifier l’attentat d’un principe contre son pro-pre sang. Après que les souverains eurentpris le prétexte de la religion pour éten-dre leur domination , ils furent obligés desubir un joug qu’ìls avoient eux-mômes im-posé , & de se conformer à un droit abu-sif que la main dont ils l’avoìent emprunté,réclama contr’eux. La puissance qui auto-risa les conquêtes fur les nations infidelles,cimenta sor ces fondemens la déposition desconquérans rebelles , & les donations éta-blirent les réserves , par des conséquencesauífl pernicieuses que les principes étoientinjustes. Dès qu’il y eut des hommes assezbons, ou plutôt assez méchans pour accep-ter le titre de rois in partibus , on ne dûtplus s’étoiuïçr fiu’il fe formât une secte d’af-

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saffîns, ennemis sacrés de la royauté. Desmonarques accoutumés de marcher a l'ap-pel d’un seul homme , ne demanderentplus où , ni pourquoi, & confondirent dansleurs ligues les rivaux d’un chef ambitieux ,avec les ennemis de la religon. L’enfeignedes clés fut aussi respectée que l’étendard dela croix , parce que celle-ci étoit sortie destemples , fa véritable place , pour entrerdans les camps où elle fut profanée. IIy a des abus accidentels qu’on ne peut niprévenir ni prévoir ; mais quand ils nais-sent essentiellement de la chose, on ne sau-toir y remédier de trop bonne heure. Dèsla premiere croisade , on pouvoir s’assu-rer qu’il faudroít un jour en lever unecontre les croisés même. L’ambition aveu-gle saisit le moment &: le côté favorable ,sans envisager les suites fâcheuses de cesusurpations ; & quand elle se trouve liéepar sa propre injustice , il n’est plus tempsd’invoquer des droits qu’on a violés. Au-roit-on vu dans deux vastes états une pépi-nière d’enfans sortir de leurs familles, pouraller à six cents lieues battre les ennemis dubaptême, si le mauvais exemple de leursparens n’eût autorisé ce ridicule emporte-ment ? Auroit-on vu , fl l’on n’avoit maléconomisé les trésors spirituels, & distri-bué fans discernement les palmes que la re-ligion accorde aux martyrs , une armée debergers , de voleurs , d'hommes bannis &excommuniés, sous le nom d eribauts & depastoureaux , attaquer les rois & le cler-gé , désoler le patrimoine de l’état & del'église , jusqu’à ce qu'un boucher ayantrenversé le pasteur d'un coup de coignte ,la populace se jettât lùr le troupeau , &l’aísommàt comme du bétail ordinaire ?L’allégoriedes deux glaives & des deux lu-minaires a fait plus de ravage que l’ambi-tion des Tamerlan & des Genghis. Grâcesau ciel , il n'est plus de puissance qui seprétende établie sur les nations & sor lessouverains, pour planter & pour arracherles couronnes , pour juger de tout & n ’é-tre ,uge de personne. Pourquoi regarder1 hérésie comme un crime inexpiable ? eh !n a t-on pas une raison de le pardonnerdans ce monde, dès qu’il ne sc pardonnepoint dans l’autre ? Pourquoi faire tn'ou-ru ‘ “ans lçs supplices un ordre de guerriers