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Tome trente-deuxième.
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» cties ». Comme un favori d u prince, quin’attend ni son rang ni l’expérience pourcommander , & qui ne pouvant être à latête des affaires, faute d’habileté , se plaîtà renverser par son crédit les dispositionsdu ministère ; » le fanatique , fans rece-» voir l’onction , se consacre lui-même ;» & n’ayant pas besQin de médiateur poura aller à Dieu , il substitue ses visions à la>5 révélation , & ses grimaces aux cérémo-« nies.

» En général, nous avons vu en Angle-» terre nos enthousiastes en fait de reli-

»> gion , passionnés pour le gouvernement»> républicain , tandis que les plus superl-»> titieux étoient les partisans de la pre'ro-» gztii’e. De même , continue le même» auteur, nous voyons ailleurs deux partis,» dont 1 un, esclave & tyran de la cour, est" dévoué à l’autorité,& l’autre, peu soumis,» conserve quelques étincelles de l’amour

pour la liberté ».

Si la superstition subjugue & dégrade leshommes, le finatisme les iréleve : l’une &l’autre font de mauvais politiques; maiscelui-ci fait les bons soldats. Mahomet n'eutpresque jamais qu’un croyant contre dixinfidèles dans la plupart de ses combats :avec trois cens hommes , il étoit en étatd’en vaincre dix mille , tant la confiance endes légions célestes, & l’espérance d’unecouronne immortelle donnoient de forceà sa petite troupe. Un général d’armée , unministre d’état , peuvent tirer grand partide ces âmes de feu. Mais aussi quels dan-gereux inlcrumens en de mauvaises mainsUn enthousiaste est souvent plus redoutableavec ses armes invisibles, qu’un prince avectoute son artillerie. Que faire à des gen:qui mettent leur salut dans la mort ,■ qui simultiplient à mesure qn’on les moissonne(x don t u n seul suffit pour réparer les plunombieules pertes ? Semblables au polypepartagez tout le corps en mille pieceschaque membre coupé forme un nouveaicorps. Exilez ces esprits ardens au fond deprovinces , ils mettront toutes les villes eleu. 11 ne resieroit donc qu’à les enfermeçà & là dans les prisons , où ils se eonsumtroient comme des tisons embrasés , jusqu’ce qu’ils fussent réduits en cendres.

On ne fait guets quel parti prendre avt

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un corps de fanatiques ; ménagez-les , ilsvous foulent aux piés ; fi vous les persécu-tez, ils se soulèvent. Le meilleur moyende leur imposer silence , est de détourneradroitement 1’attenrion publique fur d'au-tres objets ; mais ne forcez jamais. I! n’y aque le mépris & le ridicule qui puissent lescïécréditer & les aftoiblir. On dit qu’un chefde police , peur faire cesser les prestiges dufanatisme , avoir résolu, de concert avec unchimiste célébré , de les faire parodier à lafoire par des charlatans. Le remede étoitspécifique , si l'on pouvoir désabuser leshommes fans de grands risques ,• mais pourpeu qu’on leve le voile , il est bientôt dé-chiré. Ménagez la religion & le peuple ,parce qu’ils font redoutables l’un par l'au-tre.

Le fanatisme a fait beaucoup plus dema! au monde que l’impiété.Que prétendentles impies ? le délivrer d’un joug , au lieuque les fanatiques veulent étendre leurs fersfur toute la terre. Zélotypie infernale !A-t-on vu des sectes d’incrédules s’attrou-per, & marcher en armes contre la divi-nité ? Ce íont des âmes trop foibles pourprodiguer le lang humain; cependant il fautquelque force pour pratiquer le bien fansmotif, fans espoir & sans intérêt. II y ade la jalousie & de la méchanceté à troublerdes âmes en possession d’elles-mêmes,parcequ’elles n’ont ni les prétentions , ni les

moyens que vous avez.On se garde bien

au reste d’adopter de semblables raiíònne-mens, qui ont fait le tourment de tankd’hommes aussi célébrés parleurs disgrâces,que par les écrits qui les leur ont attirées.

Mais s’il étoit permis d’emprunter unmoment, cn faveur de 1 humanité , le styleenthousiaste , tant de fois employé contreelle , voici l’unique priere qu’on opposeroicaux fanatiques :

» Toi qui veux le bien de tous !es hom-» mes , & qu’aucun ne périsse ; puisque tu» ne prends aucun plaisir a la mort du mé-» chant, délivre-nous, non pas des r?va-" gos de la guerre & des tremblemcns de" terre , ce font des maux paflàgers , limi-» tes , & d ailleurs inévitables , mais de la» fureur des persécuteurs qui invoquent» ton saint nom. Enseigne-leur que tun hais le sang, que l’odeur ^es viandes im-