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Tome trente-deuxième.
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S U R

l’ennemì, & d’être informés de tous sesdesseins. Mais il ne faut pas que la con-fiance que l’on a dans les espions fasse né-gliger les autres moyens qui peuvent met-tre à f abri àes surprises \ parce qu’il peutarriver qu’un espion étant découvert, soitobligé de donner des faux avis ; commele prince d’Orange obligea celui de M. deLuxembourg , qui étoit dans son secréta-riat , d’écrire à ce général, ce qui man-qua de le faire battre à Steinkerque. C eítpouquoi, indépendamment des avis quedonnent les espions , il faut éclairer toutesles démarches du général ennemi par despartis commandés par des officiers habiles& intelligens , qui puissent rendre comptede tout ce qui entre & qui fort de soncamp.

M. le chevalier de Folard prétend , dansson commentaire sur Polybe , que les évé-nemens de la guerre ne font pas au-deílùsde la prévoyance d’un chef habile & expé-rimenté ; & que quand ils ne seroient pastous prévus, on peut au-moins les rendrevains & inutiles par une défiance : non ,dit-il , de celles qui font assez ordinairesaux esprits trop fins, qui la pou fient troploin , mais de celles qui se bornent auxprécautions que la guerre nous enseigne ,qui sont de la compétence de tout lemonde , & qu’on peut apprendre avantmême qu’on ait dormi à l’air d’un camp.

Tous les cas différons qui peuvent arri-ver à la guerre , quelques singuliers & ex-traordinaires qu’ils puiílènt être , font arri-vés , & par conséquent doivent nous êtreconnus,autant par notre propre expérience,que par l’étude de l'histoire qui nous lesreprésente.

Tout ce qui arrive aujourd’hui est arrivé1 y a un íiecleou deux ; il y en a dix si l'onveut. I ous les stratagèmes de guerre quile trouvent dans Frontin , dans Polyen ,dans une infinité d’historiens anciens &modernes, ont été imités par mille géné-raux. Ceux de f écriture sainte, qui encontient un grand nombre de très-remar-quables, ont trouvé des imitateurs. Toutest dit, tout est fait : c’est une circulationd’événemens toujours semblables, sinondans toutes les circonstances, du-moinsdans le fond.

SUR iz;

Les anciens convenoient qu’ils n’avoientpas besoin de recourir aux oracles pourprévoir les événemens de la guerre , oupour les faire naître. Un général profonddans la science des armes , & Tailleursinstruit à fond des desseins primitifs de sonennemi, de la nature de ses forces , dupays où il s’engage pour venir à ses fins,de ce qu’il peut raisonnablement tirer deíes troupes & de fa tête , comme de soncourage, peut aisément prévenir les des-seins de son adversaire , & les réduire àl’absurde. Les grands capitaines oht tousété remplis de cet esprit prophétique. Qu’onsuive M. de Turenne dans toutes íes ac-tions , & l’on verra qu’aucun des anciensni des modernes, ne l’a surpassé sur cet ar-ticle. II prévoyois tout ; il faisoit usage deson esprit, de ses talens , de fa capacité ;tout cela est très-grand & très-étendu. IIdépend de nous de faire usage du premier ,de cultiver les autres, ou de Ies acquérir parl’étude , & de les perfectionner par l’expé-rience. Comment, fur Folybe , tome III.

Nous n’entrerons point ici dans le dé-tail des surprises anciennes & modernes.Nous renvoyons , pour ce sujet , à l’ou-vrage de M. le chevalier de Folard , quenous venons de citer, où 1 on trouvebeaucoup de réflexions & d’obsorvationsfur cet important objet ; aux réflexionsmilitaires de M. le marquis de Santa-Crux,2 , 11 ; aux mémoires de M. le marquisde Feuquiere , L , 111 , ùc. (Q)

Surprise , ( Horlogerie. ) La surpriseest une plaque ajustée fur le limaçon desquarts ; elle tourne avec lui au moyen dela cheville qui passe dans l’entaillc de lasurprise. Le chemin que fait faire l’étoilc àla surprise , sert à empêcher que le bras dudoigt ne descende dans le pas ; ce quiferoitrépéter 3 quarts fur soixante.

Aufil-tôt que l’étoile change d’heure elleoblige la surprise d’avancer : ainsi dans lemoment où l’on tire le cordon , le marteausonne l’heure précise pour produire fesserde la surprise. La cheville doit être àgrofie pour que 1 étoile , étant chaflèe parle sautoir,vienne appuyer contre les dehors

1 V1S , ann de la faire avancer & enmeme temps la surprise qui la porte; il faut1 c i ue cÇttG vis ne soit pas trop près du bout