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Tome trente-deuxième.
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les barons de cinq ports. Les quatre placesdu comté de Sujsex , font Hafvings, Win-chelfey , la Rye & Séaford. Les quatre au-tres de la province de Kent, font Douvre ,Romney, Sandwich & Hyeth.

Le terroir de cette province abondeen tout ce qui est neceílaire à la vie. Lanier fournit quantité de poissons. Les Du-nes rapportent du blé abondamment. Lemilieu du pays est tapiílë de champs , deprés & de riches pâturages. La partie la plusavancée au nord est presque toute couvertede bois , qui procurent favantage de pou-voir travailler le fer , dont on trouve desmines dans ce comté.

Enfin cette province est féconde en hom-mes qui ont rendu leurs noms célébrésdans la poésie , dans les mathématiques &dans les autres sciences. Je me hâte d’enciter quelques-uns de la liste de M. Fuller,The ÎVorthies , in Sussex.

Doij'et ( Thomas Sackville , comte de )homme d’une aaiílance illustre , grand tré-sorier d’Angleterre, fous la reine Elisabeth,& pour dire quelque choie de plus, beaugénie & excellent poète. 11 naquit dans lecomté de SuJJex en 1556 , fit d’excellentesétudes à Oxfor 3 , à Cambridge & au temple.

Après fes études, il voyagea en France&en Italie où il fe perfectionna dans les lan-gues , l’histoire & la politique. A son retouren Angleterre , il prit pofíòsson des grandsbiens que son pere mort en 1566 lui avoitListe , dont il dissipa en peu de temps lameilleure partie, par la splendeur avec la-quelle il vivoit, ou plutôt par fes magnifi-ques prodigalités. Il avoit à son service lesplus habiles musiciens de l Europe , & don-noit souvent des festins à la reine & auxministres étrangers.

1 . Phhngué par fa naistance & par fes qua-1 es , tant naturelles qu’acquifes , fa maisonfut toujours fur un pié honorable , & con-fus 3 , pendant vingt ans, en plus de deuxcens vingt personnes, fans compter les ou-vriers & autres gens à gage ; en mòmetemps il recevoit , par fa noble façon depenser , un tiers de moins de relief que lesautres seigneurs ; charitable envers les pau-vres dans les années de disette , il diíìri—buoit du blé gratuitement à pluíìcurs pa-rodies du comté de Susse *, & en tiroit

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aussi de fes greniers , qu’il faifoit vendre aumarché fort au-dessous du prix courant.

II fut créé baron de Buckhurst en 1567,& bientôt après envoyé en ambassade versCharles IX, roi de France , pour des affai-res importantes qui regardoient les deuxroyaumes. En 1589 , il fut fait chevalier del’ordre de la Jarretière, & en 1591 , chan-celier de l'université d’Oxford.

En 1598 , la reine Elisabeth voyant queses exhortations & les conseils de sageavoient modéré le cours des profusionsdont une certaine grandeur d’ame hérédi-taire à fa maison , avoit été la principalecause , le nomma grand trésorier à'Angle-terre. Alors cette princesse en agit en maî-tresse judicieuse ck indulgente; elle lui ten-dit la main pour qu’il pût réparer fa fortune,prouvant par-lâ quelle le regardoit commeun enfant qui avoit part à fes bonnes grâ-ces. II mourut subitement d’apoplexie,étantau conseil le 19 d’avril 1608 , âgé de 61ans. Le lord Sackville descend de lui enligne directe.

On a loué beaucoup f éloquence ducomte de Dorfet, mais encore davantagel’excellence de fa plume. On dit que fes fe-cretaires ne faifoient pas grande chose pourlui, lorfqu’il s’agistòit de dresser des pieces,parce qu il étoit fort délicat pour le style &:

! le choix des expressions. Il avoit une ma-; niere peu ordinaire de dépêcher fes affaires.

; Son sociétaire de confiance , qui l’accom-pagnoit, prenoit par écrit les noms de ceuxqui pourfuivoient quelque demande , & yjoignoit la date de temps où ils s’adrcstòientau grand trésorier pour la premiere fois ,ensorte que le nouveau-venu ne pouvoirpasser devant un autre plus ancien en date,à-moins que son astaire particulière ne pûtfou issir aucun délai , ou qu il ne fût ques-tion d’assaires d’état pressantes.

Entre fes ouvrages poétiques, on doitmettre , i°. son perrex Ôc Porrex , fils deGorbodnc, roi de Bretagne, tragédie réim-primée à Londres en 1736 , in-8°. 2 0 . lemiroir des magistrats , où l’on prouve pardes exemples avec quelle sévérité le viceest puni. A la fuite de l’épître au lecteur.} ímr oduchon en vers de mnlordSackville. Cette introduction est une des-cente dans les enfers , à l’imitation du