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Dante. Comme c’est un morceau très-rare& entièrement inconnu en France , nouscn rapporterons quelques traits qui feront
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gleterre , — -. 0 -,
reur commence par peindre la l'ristejje ,dont la demeure tenoit toute l’encemte dnténare.
» Son corps, semblable à une tige brûléepar l'ardeur du soleil, étoit entièrementfictri ; son visage étoit défait & vieilli / elle-ne trouvoit de consolation que dans les gé-misièmens. Telle qu’une glace inondée degouttes d eau ; ainsi ses joues ruiílòloientde larmes. Ses yeux gros de pleurs auroientexcité la conipaiíìon des cœurs les plusdurs. FJ!e j oignoit souvent ses débiles mains,cn jettant des cris douloureux qui se per-doient dans les airs. Les plaintes qu’eìlefuioit en conduisant 1 auteur aux enfers,étoient accompagnées de tant.de írequenssoupirs, que jamais objet si pitoyable nes’est offert à la vue des mortels ».
» A feutrée del affreux séjour de Plutonétoit alfis !e sombre Remords , se maudis-sant lui-même , & ne cessant de poufferd affreux sanglots. Il étoit dévoré de soucisrongeans, & se consumoit en vain de pei-nes & de regrets. Ses yeux inquiets rou-loicnt de côté & d’autre , comme íi lesfuries le poursuivoient de toutes parts. Soname étoit perpétuellement déibìée de l’ac-cablant souvenir des crimes odieux qu’ilavoit commis. II lançoit les regards versle ciel , 6 c la terreur étoit gravée fur ionviíage. II delìroit toujours la tin de sestourmens , mais tous ses delirs étoient infructueux ».
» Auprès du Remords étoit la Frayeurhâve, pâle & tremblante, courant à l'aven-true, d'un pas chancelant, la parole embar-ra fiée & le regard tout effaré. Ses cheveuxbériffes fàisoient relever fa coeíFure. Epou-vantée à la vue de Ion ombre même , ons appercevoit qu’eile craignoit mille dangérs imaginaires
» La cruelle Vengeance grincoit les dentsde colere , méditant les moyens d’aslôuvir
a iage , de faire périr s on ennemi avantque de prendre aucun repos »,.
" La Ml f*re se faisek aussi remarquer
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par son viíage décharné , par son corps* furlequel il n’y avoit que quelques lambeauxpendans, & par ses bras consumés jusqu’auxos. Elle teuoit un bâton à la main , & por-toit la besace sur l’épaule ; c’étoit sa seulecouverture dans les rigueurs de Hiiver-Ellele nourrilíòit de fruits sauvages, amersou pourris. L’eau des ruisseaux fangeux luifervoit de boiffòn , le creux de la main decoupe , & la terre froide de lit ».
„ Le Souci , qu’on reconnoisiòit distinc-tement par ses agitations , faisoit sur lameun autre genre de pitié. II avoit les doigtsnoués & chargés de rides. A peine l’aurorea-t-elle entr’ouvert nos yeux par les pre-miers rayons dò la lumière, qu’il est debout,ou plutôt ses paupières destéchées ne seserment jamais. La nuit a beau faire dis-paraître le jour & répandre ses voiles som-bres , il prolonge sa tâche à la faveur d unelumière artificielle ».
» 11 admirait d’un œil inquiet le Som-meil immobile , étendu parterre, respirantprofondément , également insensible auxdisgrâces de ceux que maltraite la fortune, &à la prospérité de ceux qu’elle éleve.C est luiqui donne le repos au corps , le délassement3 Ulaboureur, la paix& la tranquillité à l a-me. Il est le compagnon de la nuit, & faitla meilleure partie de notre vie fur la terre.Quelquefois il nous rappelle le passe par deslonges, nous annonce les événemens pro-chains , & plus souvent encore ceux qui neseront jamais ».
» A !a porte de la Mort étoit son messa-ger , vieillard décrépit, courbé sous le poidsdes années, sens dents & presque aveugle.II marchoit sur trois pieds, 6c se traînoitquelquefois fur quatre. A chaque pas qu ilfaisoit, on entendait le cliquetis de ses osdesséchés. La tête chauve , le corps déchar-né, il heurtoir de son poing sec à la portede la Mon , haletant, toussent <St ne res-pirant qu’avec peine ».
» Aux côtés du vieillard étoit la pâle Ma-ladie accablée dans un lit, sens pouls, lansvoix, sens goût,&rendant une haleine infec-te,objet d horreur à ceux quila regardent»,
» Un spectacle , non moins déplorable ,s’offroit près d’elle ; c'étoit la Famine qui,jettant d’aíFreux regards , demandait de lanourriture, comme étant,prête à expirer.