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biûgner, parce qu il faisoit fort chaud, &envoya ses femmes chercher ce qui luiàoir nécessaire. Les deux vieillards profi-tant de l’occasion , coururent à elle , luidéclareront leur paillon détestable , & lamenacèrent, si elle ne te rendoit à leursdésirs , de déposer publiquement qu’ilsI’avoient surprise en adultéré avec un jeunehomme. Suzanne réduite à être oppriméepar la plus atroce calomnie, si elle refusoitde consentir à l'infame proposition de cesmédians, ou à donner fa mort à sonamesi elle se livroit à leur ardeur impudi-que , s’élevoitpar la foi an-destûs des sen-rimens de la nature, & ne connoissantd’autre malheur que celui de pécher con-tre son Dieu , elle se détermina à souffrirle déshonneur public pour conserver soname pure : l’amour des vieillards se chan-gea austi-tôt en fureur , & se livrant au jplus noir excès de méchanceté , ils devin- jrent les accusateurs de celle qu’ils aimoientéperdument, & la chargèrent publique-ment du crime d’adultéré quelle n’avoitpasvoulu commettre. Le lendemain le peupleétant à l’ordinafre chez Joakim, les deuxvieillards citèrent Suzanne,qui vint accom-pagnée de toute fa famille. Alors ces im-posteurs mettant la main fur fa tête , assu-rèrent qu’ils l’avoient surprise dans sonjardin avec un jeune homme qu’ils n a-voient pu arrêter, parce qu’il étoit plusfort qu’eux ; ainsi Suzanne , quoiqu’inno-cente, accusée par deux hommes de poids& d’autorité quelle ne put ni reculer, niconvaincre de faux , & n’ayant. aucunmoyen de se défendre , sc vit condamnéeà mort par les termes même de la loi :mais son cœur étoit plein de confiance endieu , -& c’est à lui qu’elle s’adresià pouropposer son témoignage à celui de ses ca-lomniateurs : dieu exauça fa priere, «Sc ilfit voir dans cette occasion éclatante ques’il laisse quelquefois triompher la calomnie,cc n’est ni - par distraction , ni par impuis-sance , mais par une profonde sagesse qui se^f^b e . a nos . >' e ux pour exercer notre foi.il lut cita le jeune Daniel pour faire triom-pher la chasteté de Sienne , & dévoiler lamalice de les accusateurs. Ce jeune hom-me , que dieu avott rempli de son espriteut le courage de sc récrier contre sc ju<*e-
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ment qu’on venoit de porter. Ií paniscomme on menoit Suzanne au supplice ,&persuada au peuple de retourner à s exa-men : le peuple y consentit, & Daniel in-terrogeant séparément les deux vieillards ,les convainquit de taux par leur proprebouche , en les faisant tomber en contra-diction. 11 leur demanda à chacun fous quelarbre ils avoient surpris Suzanne avec lejeune homme,& dieu les aveugla tellement,afin qu’ils fussent condamnés par leur pro-pre aveu, que l’un répondit fous une yeuse,fie l’autie fous un lentisque , au lieu qu’ilsauroient pu éluder la question , en disantqu’ils n’y avoient pas pris garde. AuíTï-tôttout le peuple jetta un grand cri, & bénitdieu qui fauve ceux qui esperent en lui ;les deux vieillards convaincus d’imposture,souffrirent, comme la loi l’ordonnoit, lemême supplice qu’ils avoient vouhi fairesouffrir à Suzanne , & furent lapidés : ainsile sang innocent fut sauvé , les calomnia-teurs furent punis , & route la famille deSuzanne rendit grâces à dieu de n’avoirpas permis qu’elle succombât sous les traits,de l’imposture. ( -f- )
Suzanne, ( Critiq.Jacrée. ) l’histoireintéressante de Suzanne se trouve dans lexiij. chap . de Daniel ; c’est dommage qu’ily ait lieu de douter de son authenticité ;mais l’amour de la vérité doit l’emportersurtout.
On sait qu’une partie du livre de Daniel,savoir depuis le 4 u. du ij. chap. jufqu’âla fin du chap. vij. a été écrite originaire-ment en langue chaldaïque. Comme le pro-phète y parle des affaires de Babylone , illes écrivit en chaldéen, ou langue baby-lonienne ; tout le reste est en hébreu. Laversion grecque de ce livre dont les églisesgrecques se fervoient, étoit celle de sshéo-dotion. C’est seulement dans cette versiongrecque & dans la vulgate, que se trouvel’histoire de Suzanne, chap. iij. & cellede l’idole Bel & du dragon , ch. xiv.
Ces deux histoires n’ont jamais été reçuesdans le canon des saintes écritures par I’é-glife judaïque , comme l’observeS. Jérôme.Elles ne font point écrites ni en hébreu ,ni en chaldaïque ; les hébraïfmes qu’on yremarque , prouvent tout au plus qu’ellesont été écrites en grec par un juif <ju