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lîur ville capitale , dont il forma le siège ;il s’en rendit le maître & la détruisit.
Sybaris demeura ensevelie sous ses rui-nes pendant cinquante-huit ans j ensuitesous l’archontat de Callimaque a Athènes,
les anciens habitans dispersés, qui restoientaprès cette déroute, se joignirent a quel-ques thestaìiens , avec le secours desquelsils entreprirent de rebâtir leur ville fur sesanciens débris, & de ses démolitions ; maisles Crotoniates en prirent ombrage , & lesen châtièrent au bout Je cinq ans.Ainíì futdétruite & fans retour, cette ville quiavoit été long-temps le scandale de l’uni-vers,par fa molleílè. Voye\-en pour preuvele mot Sybarites.
Cependant peu de temps après, unenouvelle colonie grecque fonda fous laconduite de Lampon & de Xénocrite , àquelque distance de l’ancienne Sybaris, laville de Thurium. Voye z THURIUM ,72 °. z . c’est un article curieux.
2.0. Sybaris, fleuve d’Italie dans laLucanie.
3 0 . Sybaris. Ceux qui sont versés dansles antiquités de l’Italie, dit Pausanias ,l. VI. c. xix. veulent que la ville de Lupia,qui est entre Brinde & Hydrunte , ait étéappellée autrefois Sybaris. Cette ville ,ajoute-t-il, a un port fait de main d’hom-me par ordre & fous l’empire d’Hadrien.
4°. Sybaris , fontaine du Péloponnèfe,dans l’Acaïe propre , près de la ville deBura. Strabon , /. VIII. p. 386 , ditqu’on prétendoit que cette fontaine avoitoccasionné le nom du fleuve Sybaris , enItalie.
5 °- Sybaris , ville de la Coîchide , selonpiodore de Sicile, /. IV. qui en fait la ré' Jr", ce j U roi du pays. II ajoute que lej’ ^ e niars où etoit gardée la toison
l°, r ' ’w" trou r c ^ soixante & dix
stades de cette ville { T> j \SYBARITES í Vî'peisole de Sv-baris , ville de la Lucanie : les terribleséchecs qu’ils éprouvèrent de la part desCrotoniates , ne changèrent rien à leurluxe & à leur mollestè. Athénée & Plutar-que vous en feront le détail que je sup-prime ici, persuadé qu’on aimera mieux ytrouver le tableau des Sybarites moder-nes , par le peintre du temple de Gnide-
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On ne volt point, dir-i!, chez eux dedifférence entre les voluptés & les besoins ;on bannit tous les arts quipourroient trou-bler un sommeil tranquille ; on donne desprix aux dépens du public , à ceux qui peu-vent découvrir des voluptés nouvelles ; lescitoyens ne se souviennent que des bouf-íons qui les ont divertis, & ont perdula mémoire des magistrats qui les ont gou-vernés.
On y abuse de la fertilité du terroir ,qui y produit une abondance éternelle ;& les faveurs ^des dieux sor Sybaris ,ne servent qu’à encourager le luxe & lamollesse.
Les hommes sont si efféminés, leur pa-rure est si semblable à celles des femmes ;ils composentsibien leur teint, ils se frisentavec tant d’art ; ils emploient tant detemps à se corriger à leur miroir , qu’ilsemble qu’il n’y ait qu’un sexe dans toutela ville.
Les femmes se livrent, au lieu de screndre ; chaque jour voit sinir les désirs &les espérances de chaque jour ; on ne faitce que c’est que d’aimer & d’étre aimé ; onn’est occupé que de ce qu’on appelle sifaussement jouir.
Les faveurs n’y ont que leur réalité pro-ìpre ; & toutes ces circonstances qui lesaccompagnent si bien ; tous ces riens quisont d’un si grand prix, ces engagemensqui paroistènt toujours plus grands ; cespetites choses qui valent tant ; tout cequi prépare un heureux moment ; tantde conquêtes au lieu d’une ; tant de jouis-sances avant la derniere , tout cela est in-connu à Sybaris.
Encore si elles avoient la moindre mo-destie, cette foible image de la vertu pour-roit plaire : mais non ; les yeux font ac-coutumés à tout voir , & les oreilles á toutentendre.
Bien-loin que la multiplicité des plaisirsdonne aux Sybarites plus de délicatesse ,ils ne peuvent plus distinguer un sentimentd’un sentiment.
Ils pastênt leur vie dans une joie pure-ment exterieure ; ils quittent un plaisir quileur déplaît, pour un plaisir qui leur dé-plaira encore ; tout ce qu’ils imaginent estun nouveau sujet de dégoût.
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