iSct s Y L
raisonnable de partager comme on fait lessyllabes d’u n mot, îori'qu’il renferme deuxconsonnes de fuite entre deux voyelles.Dans le mot arme', par exemple, on attacher à la premiers syllabe, & m à la seconde ,& l’on ne fait guere d’exception à cetteréglé, si ce n’eít lorsque la seconde con-sonne est lune des deux liquides l ou r,comme dans d-cre , ai-gle.
r, Pour moi, dit M. Harduin , fecrctaireperpétuel de l’académie d’Arras , rem. div.sur la prononcé gag. § 6 . je ne vois pas quecette distinction soit appuyée fur une raisonvalable ; & il me paroîtroît beaucoup plusrégulier que le mot armé s’épcllàt a-rme'.....£1 n’y a aucun partage sensible dans la pro-nonciation de rmé ; Sc au contraire on nefauroit prononcer ar , fans qu’il y ait unpartage assez marqué : IV féminin qu’on estobligé de suppléer pour prononcer IV , sefait bien moins sentir & dure bien moinsdans rmé que dans ar. En un mot, chaqueson fur lequel on s’arréte d’une maniéré unpeu sensible, me paroi t former & terminerune syllabe ; d’où je conclus qu’on fait dis-tinctement trois syllabes en épellant ar-mé,au lieu qu’on n’en fait pas distinctementplus de deux , en épellant a-rmé. Ce qui lepratique dans le chant peut servir à éclair-cir ma pensée. Supposons une tenue deplusieurs mesures fur la première syllabe dumot charme ; n’est-il pas certain qu’elle sefixe uniquement sur l’a , fans toucher enaucune maniéré à !V, quoique dans les pa-roles mises en musique , il soit d’ufaged’écrire cette r immédiatement après l’a,& qu’elle se trouve ainsi séparée de l’m parun espace considérable ? N’est-il pas évi-dent , nonobstant cette séparation dansrécriture , que l’assemblage des lettres rmese prononce entièrement fous la note quifuit la tenue „ ?
„ Une chose semble encore prouver quela premiere consonne est plus liée avec laconlonne suivante qu avec la voyelle pré-cédente , à laquelle , par conséquent, onne devroit pas l’unir dans la compositionoes syllabes : c’est que cette voyelle Sc cettepremiere consonne n’ont l’une sur l’aurreaucune influence directe , tandis que levoisinage des deux consonnes altéré quel-quefois 1 articulation ordinaire de la pre-
S Y L
miere ou de la seconde. Dans le mot obtus,quoiqu’on y prononce faiblement un e fé-minin après le b , il arrive que le b con-treínt par la proximité du t, se change in-dispenfablement en p , & on prononceeffectivement optas .... Ainsi l’antipathiemémo qu’il y a entre les consonnes b , t,
( parce que lune est foible Sc l’autre forte),sert à faire voir que dans obtus elles fontplus unies l’une à l’autre , que la premiersne Test avec l’o qui la préccde
„ J’ajcute que la méthode commune mafournit elle-même des armes qui favorisentmon opinion. Car , i°. j’ai dé j a fait remat—*q u or que , selon cette méthode , on épelieâ-cre Sc E-g'c : on pense donc du moinsqu’il y a des cas où deux consonnes pla-cées entre deux voyelles, la premiere a uneliaison plus étroite avec la seconde, qu’avecla voyelle dont elle est précédée. 2°. Lamême méthode enseigne assurément queles lettres /1 appartiennent à une mêmesyllabe dans style , slatue : pourquoi enferoit-il autrement dans vaste , poste , mys-tère ? ( on peut tirer la même conséquencede pjeaume , pour rapjodie ; de spécieux ,pour aspect , respect, Lee. de strophe , pourastronomie ; de Etolomée, pour aptitude ,optatif, &c. C'est le système même de P.R. dont il va être parlé. ) 3 0 . Voici quelquechose de plus fort. Qu’on examine la ma-niéré dont s’épelle le mot axe, on convien-dra que IV tour entier est de la secondesyllabe , quoíqu’il tienne lieu des deux con-sonnes c, s, Sc qu’il représente conséquem-ment deux articulations. Or , lî ces deuxarticulations font partie d’une même Jyl—labe dans le mot axe, qu’on pourroit écrireac je , elles ne font pas moins unies dansaccès , qu’on pourroit écrire acsès : Sc dèsqu’on avoue'que l’a seul fait une syllabedans acces , ne doit-on pas reconnoîtrequ’il en est de .même dans armé Sc danstous les cas semblables,, ?
v DomLancelot, dans fa méthode pour» apprendre la langue latine, connue fous11 le nom de Port-Royal , ( traité des let->3 tres, chap. xiv. §. iii.) établit, fur la» composition des syllabes , un système3 i fort singulier, qui, tout différent qu’il est>3 du mien , peut néanmoins contribuer à,3 le faire valoir. Les consonnes , dit-il,