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Tome trente-deuxième.
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tions comme deux causes qui concourentà l’explosion du même son ; il faut les rap-porter toutes deux à la voyelle suivante ,par la raison qu’on a dcja alléguée pour uneseule articulation , qu’ii n’est plrs temps demodifier Vexplosion d’un son quand il estdéja échappé.

Quant à ce qui concerne les consonnesfinales , qui ne sont suivies dans récritured’aucune voyelle, ni dans la prononciationd’aucun autre son que de celui de Ye muetpresque insensible , l’usage de les rapporterà la voyelle précédente est absolument encontradiction avec la nature des choses , &il semble qife les Chinois en aient apperçu& évité de propos délibéré l’inconvénient ;dans leur langue , tous les mots sont mono-syllabes , ils commencent tous par uneconsonne , jamais par une voyelle , & nefinissent jamais par une consonne. Ils par-lent d’après la nature, & sart ne l’a nienrichie , ni défigurée. Osons les imiter ,du-moins dans notre maniéré d’épeller ;& de même qu il est prouvé qu il faut épeî-ler, charme par cha-rme , accès par a-cc'es,circonspection par ci-rcon-Jpe-cli-on , sépa-rons de même la consonne finale de lavoyelle antécédente , & prononçons à lafuite le fchéva presque insensible pour ren-dre sensible la consonne elle-méme : ainsiacleur s’épellera a-cleu-r , Jacob fera J&-co-b , chenal fera cke-va-l , &c.

On sent bien que cette maniéré d’épellerdoit avoir beaucoup plus de vérité que lamaniéré ordinaire ; qu’elle est plus simple ,& par conséquent plus facile pour les en-fans à qui on apprend à lire. 11 n’y auroit4 craindre pour eux que le danger de ren-dre trop sensible le fchéva des consonnes ,qui ne font suivies d’aucune voyelle écrite ;mais outre la précaution de ne pas impri-mer le fchéva propre à la consonne finale ,un maître intelligent saura bien les prévenirlù-dessus „ & les amener à la prononcia-tion ferme & usuelle de chaque mot : cesera même une occasion favorable de leurfaire remarqua- qu’il est d’usage de regar-der la consonne finale comme saisant_/y/-labezvcc la voyelle précédente , mais quece n est qu une/y llabe artificielle , & nonune syllabe physique.

Qu’est-ce donc qu une syllabe phy-

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fiique ? C’est un son sensible prononce natu-rellement en un seul coup de voix. Tellessont les deux syllabes du mot a-mi : cha-cune d’elles est un son a, i : chacun de cessons est sensible , puisque l’oreille les dis-tingue sans les confondre : chacun de cessons est prononcé naturellement, puisquel’un est une simple émission Ipontanée dela voix , Lc que l’autre est une émission ac-célérée par une articulation qui le précode,comme la cause précede naturellement l’cf-fet ; enfin chacun de ces sons est prononcéen un seul coup de voix , & c’est le princi-pal caractère des syllabes.

Qu’est-ce qu une syllabe artifi-cielle ? C’est un son sensible prononce arti-ficiellement avec d‘autres sons insensiblesen un seul coup de voix. selles sont lesdeux syllabes du mot trom-peur : il y adans chacune de ces syllabes un son'sensi-ble , om dans la premiere , eu dans la se-conde, tous deux distingués par l’crganequi les prononce , & par celui qui les en-tend : chacun de ces sons est prononcéavec un fchéva insensible ; om , avec lefchéva que suppose la premiere consonne r rlaquelle consonne ne tombe pas immédia-tement fur om , comme la seconde con-sonne r; eu , avec le fchéva que suppose laconsonne finale r , laquelle ne peut natu-rellement modifier eu, comme la consonnep qui préeede : chacun de ces sons sensiblesest prononcé artificiellement avec soirsohéva en un seul coup de voix ; puisquela prononciation naturelle donneroit àchaque fchéva un coup de voix distinct, sisart ne la préeiçitok pour rendre le fchévainsensible ; d’ou il résulteroit que le mottrompeur , au-lieu des deux syllabes arti-ficielles trom-peur auroit les quatre syllabesphysiques te-mm-peu-re.

Il y a dans toutes les langues des motsqui ont des syllabes physiques & des sylla-bes artificielles : ami a deux syllabes phy-siques ; trompeur a deux syllabes artificiel-les ; amour a une syllabe physique & uric.artificielle. Ces deux sortes de syllabessont donc également usuelles ; & c’est pourcela que j’ai cru ne devoir point, comme.M. Duclos , opposer l’usage à la nature,pour fixer la distinction des deux especesI que je viens de définir t il «sa semblé que