avec la méme liberté que. la tendressed’une merc pour son fils. Ain.G quelquedéférence que j’aie pour le. savant pere Sa-nadon, j’avoue c|ue je lie lauroís trouverune synecdoque de l'et’pece dans bella ma-tribus deteftata. Le pere Sanadon , poéfiesssHorace , tom. I. pag. 7. croit que ma-tribas comprend ici même les jeunes filles :voici fa traduction : les combats qui fontpour les femmes un objet d’horreur. Etdans les remarques , p. z z. il dit, que,, les meres redoutent la guerre pour leurs,, époux & pour leurs enfans ; mais les» jeunes filles, ajoute-t-il, ne doivent« pas moins la redouter pour les objets,, d’une tendresse légitime que la gloire„ leur enleve , en les rangeant sous les„ drapeaux de Mars. Cette raison ma fait,, prendre maires dans la signification la,, plus étendue,comme les poetes fontsou-,, vent employé. 11 me semble, ajoute-t-,, il, que ce sens fait ici un plus bel effet „.
II ne s’agit pas de donner ici des intime-rions aux jeunes filles , ni de leur appren-dre ce qu’elles doivent faire , lorsque lagloire leur enleve l’objet de leur tendresse ,en les rangeant fous les drapeaux deMars , c’est-à-dire , lorsque leurs amansfont à la guerre ; il s’agit de ce qu’Horacea pensé. [:I1 me semble qu’il devroit pareil-lement n’être question ici que de ce qu’aréellement pensé le pere Sanadon , & nonpas du ridicule que l’on peut jeter fur sesexpressions, an moyen d’une interpréta-tion maligne : le mot doivent dont il s’estservi , & que M. du Mariais a fait impri-mer en gros caractères , n’a point été em-ployé pour désigner une instruction , maissimplement pour caractériser une consé-quence naturelle & connue de la tendressedes jeunes filles pour leurs amans ; en unmot pour exprimer affirmativement un fait.C’est un tour ordinaire de notre langue,qui n’est inconnu à aucun homme de let-tres : ainsi il y a de l’injustice à y chercher,un sens éloigné , qui ne peut que compro-mettre de plus en plus l’honnêteté;desmœurs , déja trop efficacement attaquéedans d autres écrits réellement scandaleux].Or il me semble , continue M..du Mariais,que le terme de meres n’est relatif qu’àenfans f il ne 1 est pas même à époux } en-
S Y N
.core moins aux objets d’une tendresse le'gi-a-time. J’ajoutèrois volontiers que les jeunesfilles s’opposent à ce qu’on ses confondefous le nom de meres. Mais pour parler plussérieusement, j’avoue que lorsque je lis dansla traduction d u pere Sanadon , que lescombats font pour les femmes un objetd’horreur , je ne vois que des femmesépouvantées ; au-lieu que les paroles d’Ho-race me font voir une mere attendrie :ainsi je ne sens point que l’une de ces ex-pressions puisse jamais être s image de sau-tre ; & bien-loin que la traduction du pereSanadon fasse fur moi un plus bel effet,je regrette le sentiment tendre qu’elle mefait perdre. Mais venons à la synecdoque.
Comme il est facile de confondre cettefigure avec la métonymie , je crois qu’ stne sera pas inutile d’observer ce qui distin-gue la synecdoque de la métonymie. C’est,
i°. s^ue la synecdoque fait entendre leplus par un mot qui, dans le sens propre,signifie le moins j 011 au contraire elle faitentendre le moins par un mot qui, dans lesens propre , marque le plus.
2. 0 . Dans Tune & 1 autre figure , il ya une relation entre l’objet dont onveut parler & celui dont on empruntele nom ; car s’il n’y avoir point de rap-port entre ces objets , il n’y auroit au-cune idée accessoire, & par conséquentpoint de trope : mais la relation qu’il y aentre les objets dans la métonymie , est deteste sorte , que l’objet dont on empruntej non ? j/^bsiste indépendamment de celuidont il réveillé l’idée , & ne forme point unensemble avec lui j tel est le rapport qui setrouve entre la cauje & Veffet, entre l’au-teur & son ouvrage, entre Cérès & le ble\entre le contenant & le contenu , commeentre la bouteille & le vin : au-lieu que laliaison qui se trouve entre les objets, dansla synecdoque , suppose que ces objets for-ment un ensemble , comme le tout &c lapartie ; leur union n’est point un simplerapport, elle est plus intérieure & plus in-dépendante. C’est ce qu’on peut remar-quer dans les exemples de l’une & de fautrede ces figures. Voyetf Trope. (E.R.M.B.)
SYNECPHONESE ou SYNÉRESE,f. f. ( Gramm. ) c’est une figure de diction,par laquelle on ï'e débarrasse d’une syllabe,