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Mais où me conduisent mes réflexions ?il n’y a qu’un instant que je croyois de-voir être plus fur de Texistence de moncorps que de celle de mon ame, & main-tenant je vois que c’est le contraire. Carenfin, n’étoit-il pas possible que Dieu ,fans créer la matière, eût rcgle la luire denos sensations & de nos idees fur cellequi, dans l’état présent des choses , ré-pond au commerce que nous avons avecles corps qui nous environnent ? Mondoute fur ce point ne seroit donc pas fansfondement.
Cependant une chose m'étonne, je con-vois aster bien ce que c’est que mon corps,quoique peu assuré de son existence , &je n’ai nulle idée de mon ame , quoiquesùr qu’elle existe ; je pense , je dehre , jejuge , mais fans pouvoir deviner ce quec’est qu’un jiujement, un désir , unç pen-sée. Par queue fatalité faut-il que j’ignorece que j’aurois, ce semble, le plus d’in-térêt de connoître. Quoi ! c’est à la ma-tière , c’est au plus vil de tous les êtresque l’auteur de la nature borne mes con-noistànces. Mais pourquoi Dieu lui-mêmeéchappe-t-il à mes recherches ? Car quoi-que tout démontre qu’il existe , quoiquetout annonce fa sagesse & sa puis-sance , il n’en est pas moins vrai qu’il fedérobe à nos regards, & que nous necomprenons pas mieux ce qu’il est en lui-même que ce que nous sommes. Cepen-dant que nous eussions eu fur cela les lu-mières qu’il fembloit devoir nous donner,rien en nous n’auroit pu fe démentir nis’écarter de Tordre , & nous eussions in-failliblement atteint le degré de perfec-tion auquel notre condition naturelle nouspermet d’aspircr : car comme nous nous
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Cible & necestaire , il est hors de douteque dés que nous eussions vu clairement dquel point doit se défigurer toute créa-ture intelligente qui se refuse aux engage-mens nécessairement attachés à fa desti-nation; il ne nous auroit plus été possi-ble de nous y soustraire. Pourquoi doncDieu nous refuse-r-íl un secours que nosbesoins les plus pressims sembloient exi-ger de sa bonté ? Comment concilier unpareil refus avec l’idée que le reste de la
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nature nous donne de la sagesse de son au-teur ? Je le vois, c’est une difficulté qu’onne peut résoudre qu’en supposant que lebien & le mal moral ( a ) entrent dans leplan de l’ouvrage dont nous saisons par-tie ( b J ; c’est qu’alors Dieu ne veut passimplement que nous soyons parfaits , ilveut èncore que nous le devenions avecmérité ; il veut , qu’ayant la dangereusefaculté de nous refuser à ce qu’il attendde notre soumission & de notre zele, nousprenions généreusement le parti de nousdévouer ù tout ce qui peut nous faire en-trer dans les vues qu’il a fur nous (c).
(a) On ne s’assure de la réalité du moralque fur la foi du sentiment intérieur, communaux hommes de tous les temps Sc de tous lesheux; mais íì la preuve qui fe tire de là , nefrappe pas assez le déiste, peut-être que celleque j’ajoutc ici, St qu’on n’avoit po.nt encoreessuyée , le frappera davantage.
Une réflexion qui ne pouvoit échapper auxthéolog.cns,c’est que ce qui prouve la réalité dumoral , prouve aufli rimmortaiité de famé. Sil’homme est comptable de toutes les détermi-nations libres de la volonté , s’il peut mériterou démériter, il a des récompenlésà espérerSc des châtimens à cramdre ; ma s ici les p. of-périrés font souvent le fruit de l’mjustice Scducrime , pendant que suppression Sc la miferedeviennent le trille appanage de la vê tu. IIfaut donc que l'homme su v ve à la destructionde son corps. autrement la justf-e de Dieu nerépondrait plus à l’idée que nous en avons,elle ne seroit en lui qu’un attribut oisif Sc sté-rile que rien ne justifierait au deho s Lesphilosophes avo ent dejà fait voir qu’un êtrepensant , étant simple pur su nature , ne pou-voir être ni altéré ni détruit.
) Nous sommes ici dans un étatd’épreuve;Dieu veut que nous mér’tions, mais il veutaussi que nous puissions démériter. Adam avantfa chiite avoir la grâce sanctifiante, Sc l'oncroit communément qu’aucune connoilìuncenaturelle nc lui manquoit ; mais parcc que lafélicité , dont il devoir joa r, ne lui fut , fl'ertequ’à titre de récompense , il falloir qu’il lutfbre de fe refuser à ce qu’exigeoit de lui /adestina,ion; il falioit donc aussi qu’il n’eôrqu ime notion impaifaùe des liens intimes nui1 umUoient à son Dieu. <-“ucsqni
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S ffi n?tSr C M n n° lss,>ÌIparfaitcmcnt Jui mêr:ie ’férenîmo, ^ que pour Je choix des dif-
aune n?!' * qi ,” k.Présentoicntà lui ; nullehberte n auroit pu compatir avec la