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„ propre à exprimer la douceur & la mé -„ lancolie , comme je l’ai déjà remarqué ;» mais il est encore bon pour le con-,> stit des passions discordantes du genr e„ plaintif, comme est l’amour mele de de-» fel’poir,de jalousie,6’c.le contraste perpe-» tuel des petits & des grands intervalles y» contribue , je crois , beaucoup a pro-» duire cet effet ».
Dans tous les systimes qu’on vient d’a-nalyser , on a eu recours a des expé-riences phyíiques, â des calculs & a desanalogies. La plus grande partie des ex-périences dépendent de 1 oreille aussicet organe eíl-il le souverain juge dansla m u tique. Tous les Jystemes analyses ci-desliis , en rendant raison de plusieurschoses, en. laifieiit d’atitres dans 1 obfcu-rite , & exigent lur-tout qu’on abandonnepluíieurs usages harmoniques auxquelsnous sommes faits : ti donc ou trouvoitun système appuyé fur peu de principessimples , qui ramenât toute 1 harmonie adeux accords íoulement j qui rendît ce-pendant raison de toutes les phrases &transitions harmoniques , employées parde bons maîtres, quelque bizarres queces transitions pnflènt paroitre^ : si cesystème , malgré fa simplicité , n'exigeoitaucun changement dans notre échelle dia-tonique même , & n’obligeoit à abandon-ner aucun usage harmonique , reconnupour bon de l’avcu des vrais composi-teurs ; enfin , fi ce système étoit démon-tré juste par la pratique constante de tousles bons compositeurs Italiens, Allemands,& même François , avant M. Rameau ,je crois qu’on pourroit avec raison le re-garder comme le seul vrai , & par con-séquent comme le seul qu’on doive adopter.
Nous allons encore analyser ce sy flèmequi est duà M Kirnberger, fameux mu-sicien Allemand , & actuellement au ser-vice de S. A. R. madame la princestèAmélie de Prusse. Nous osons répondrede la justesse de l’analysc , parce qu’ellea été faite sous les yeux de fauteur ,que nous avons f avantage de connoîtreparticulièrement, & à qui nous devonstout ce que l’on pourra trouver de bonfur f harmonie ; cet aveu coûteroit à no-
Teme XXXII,
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tre amour-propre , si la satisfaction de re-connoître publiquement tout ce que nousdevons à M. Kirnberger , netouffoit pastout autre sentiment.
Système de M. Kirnberger. Puisque lamusique est faite pour l’oreille , c’estsurles jugemens de l’oreille que doivent fefonder les principes de la musique.
Qand on parle des jugemens de l’oreille,on entend par-là les jugemens du plusgrand nombre des bons musiciens ; si l’onvouloir s’en rapporter àl’oreille de chaqueindividu , on n’auroit jamais fini.
Notre musique ne consiste qu’en dif-férons intervalles ; leurs noms , la maniéréde les exprimer , &c. font supposés con-nus.
On considéré les intervalles , ou dansleur succession, comme dans la mélodie ; oudans leur astèmblage , comme dans f har-monie.
Par rapport à la mélodie , les interval-les font faciles ou difficiles à entonner;par rapport à l’harmonie , ils font confon-nans ou dissonans : une expérience cons-tante & uniforme prouve que les inter-valles les plus confonnans font aussi lesplus faciles à entonner ; c’est pourquoiil est nécessaire d’apprendre à connoître ledegré de consonnance de chaque inter-valle.
On a souvent tâché de découvrir lacause naturelle de la consonnance & de ladissonance des tons. La plus grande par-tie des philosophes font d’opínion que lesintervalles , dont le rapport est le plussimple , font aussi les plus confonnans ;&l’expérience appuyé cette opinion. Deuxcordes égales en tout sens & égalementtendues, rendent deux sons qui fe confon-dent tellement qu’on n’en entend qu’un;l’unisson est donc la plus parfaite des con-fonnances ; mais le rapport de i a i estle plus simple , le plus facile à saisir > demême que l’œií saisit d’abord le rapportde deux lignes égales, posées l’une à côtéde l'autre.
Après l’unisson, foreille trouve foctave1 intervalle le plus confonnans ; elle entenddeux tons,mais qui fe confondent tellementqu elle a peine a les distinguer : ce fontbien deux tons f mais non deux tons
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