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côtés pour être guéris de ce qu’ils appel-loient morbus régis ( des écrouelles ), dela dépense pour les funérailles des oífìciersqui meuroient fur la route , des sommesdonnées à l’abbaye de S. Denis pour desanniversaires , aux hôpitaux des lieux paroù la cour pafiòit, à certains officiers,lorsque cela étoitd’ufage, outre leurs gages,pour l’achat de chevaux en place de ceuxqui meuroient : d’autres sommes pour lesoffrandes que le roi & les princes , ou lareine faisoient aux églises qu’ils vifitoient:pour celles qu’ils employoient aux jeux :les sommes à quoi étoient évaluées les dix-mes, soit du pain seul, soit du pain & du vinque le roi s’obligeoit de payer à quelquesmonastères voisins des lieux où il s’arrêtoitpour les repas, suivant d’anciennes con-cessions : le paiement des gages des nou-veaux chevaliers , à mesure que le roi encréoit dans ses voyages, & le coût du che-val , ou au moins du frein doré dont illeurfaisoit présent. En général les tablettesde Geneve paroissiens très-instructives , &il seroit à souhaiter qu’on en eût conservébeaucoup d’autres de ce genre.
On peut tirer plusieurs utilités de cessortes de tablettes , par rapport à d’anciensusages de la cour , du prince, ou de lanation ; comme aussi pour la vérificationde certaines époques, fur lesquelles on n’apas demonumens plus certains.On y trouveavec plaisir le prix de diverses choses dece temps-là : par exemple , dans les ta-blettes en cire de Geneve , on voir que lecheval de somme & le roussi n étoient payés8 liv. le palfroi, io liv. le cheval de trait,simplement appelle equus , 12 , 14 & 1 6liv. un grand cheval ( sans doute de ba-taille ) fut payé 32 liv. Le sieur de Trie ,pour avoir employé 24 jours en son voyaged’Angleterre , demanda 1 Ço liv. mais pourson palfroi & deux roussins qui étoientmorts, il requit 120 liv. ce qui faisoit alorsune somme sort considérable. On accorde àun vale t du roi 2 sols 6 deniers pour ses gagespar jour, & au cuisinier le double : ce quiest fort cher, si Ton évalue Targent d’alorsà celui de nos jours.
L’article des aumônes de nos rois forme,dans les tablettes de Geneve , plus de troisgrandes pages in-fol, parce qu’on y roar-
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quoit le nom, la qualité & le pays despersonnes auxqu elles elles se faisoient.Mais ce qui mérite d’étre observé dans cSdétail, c’esl qu’on y apprend que les mala-des qui étoient alors affligés des écrouelles,venoient trouver le roi de toutes les pro-vinces du royaume , & méme d’Espagne& d’Italie.
II n’est pas à présumer que ces gens ac-courussent de si loin, seulement pour avoir20 ou 30 sols qu’on leur donnoit en au-mône , mais apparemment parce que Phi-lippe le Bel les touchoit, quelque jour quece fût, & fans se faire attendre. Voye^Ecrouelles.
Remarquons encore qu’on qualifioit dutitre d’aumône , per elemofinam , tout cequi se donnoit gratuitement. En vertu decet usage , Técrivain de ces mêmes tablet-tes marque au jeudi 29 novembre 1308,que ce jour - là le roi étant à Fontaine-bleau , Pierre de Condé , clerc de fa cha-pelle ,'reçut huit livres , per elemofinam. .
Le pere Alexandre , dominicain , vou-lant établir que la tradition des Proven-çaux , fur la possession du corps de laMagdelaine , est très - ancienne , se sertd’une inscription écrite sur une petite ta-blette enduite de cire ; & pour donner dupoids à cette inscription , il dit qu’eîle estdu v«. siecle de Jesus-Christ , parce qu’onn’a point écrit fur la cire depuis ce siecle-là. M. I’abbé Lebeuf, dans un mémoirefur cette matière , inséré dans le recueilde 1 académie des belles-lettres, & dontnous venons de profiter , prouve invin-ciblement contre le dominicain, que l’u-sage d’écrire sur des tablettes de cire , loind’avoir cessé avec le v". siecle, a été pra-tiqué plus ou moins dans tons les siéclessiiivans , & même dans le dernier siecle.
L’abbé Châtelain de Notre-Dame deParis témoigne qu’en 1692 les tablettes àxichœur de S. Martin de Savigny , au dio-cèse de Lyon , qui est une maison d’an-ciens religieux de Clugny , étoient de cireverte , & qu’on écrivoit dessus avec unstilet d’argent. La même chose est attestéepour la fin du même siecle, à T égard dela cathédrale de Rouen , par le sieur leBrun des Marettes , auteur du voyageliturgique composé alors, & imprimé en