accrue ; elle augmenta encore sous Phi-lippe , pere d’Alexandre, & sous ce prin-ce , dont les successeurs , formés par sonekemple & s es principes , surent presquetous de grands capitaines.
On peut observer les mêmes progrès del’art militaire chez les Romains. ,, Toujours„ prêts à renoncer à leurs usages pour en», adopter de meilleurs, ils n’eurent point», honte d’abandonner les réglés que leurs», peres leur avoient laissées. La tachque», du temps de César n’a presque rien de
commun avec celle de Scipion & de„ Paul-Emile. On ne voit plus dans la„ guerre des Gaules , du Pont, de Thes-», salie , d’Espagne & d’Afrique , ni ces„ manipules de cent vingt hommes ran-», gés en échiquier , ni les trois lignes des», hastaires , des princes & des triaires dii-„ tinguées par leur armure. Voyez Lé-», GION. Le chevalier de Folard a tort ,», quand il dit que cet ordre de bataille en», quinconce subsista jusqu’au temps de Tra-», jan. César ltii-même nous décrit la lé-ss gion fous une autre forme. Toutes ces», manipules étoient réunies & partagées», ensuite en dix cohortes équivalentes à», nos bataillons , puisque chacune étoit», depuis cinq jusqu’à six cens hommes.», L’élite des troupes mises autrefois en un», corps séparé , qu’on appelloit les triaires,», n’étoit plus à la troisième ligne. On■n trouve dans Saluste une disposition de», marche & un ordre de bataille qu’on», prendroit pour être de Scipion. C’est le», dernier trait que l’histoire fournistè de», cette ancienne taHique. D’exactes obser-», varions fixent f époque de la naissance», de la nouvelle après le consulat de Mé-», tellus , & en font attribuer l’honneur à», Marins.
„ En suivant les Romains dans leurs guer-» res fous les empereurs , on voit leur», tactique perdre desiecle en siecle , ainsi», qu’elle avoir gagné. La progression est», en raison de la décadence de l’empire.*» Sous Léon & Maurice, il est aussi diffi-», cile de reconnoître la taCtique que f em-», pire de César ». Discours préliminaire•des mém. mìlit. par M. Guischardt.
. Plusieurs anciens ont traité de la taŒ-fique des Grecs. Voye\ Guerre. Outre
TAC
ce que Xenop'hon & Polybe en ont écrit *il nous reste I’ouvrage d’Elien & celui d’Ar*rien, qui ne font que des extraits des meil-leurs auteurs fur ce sujet. M. Guischardt »qui a traduit la tactique d’Arrien, lui donnela préférence sur celle d Elien ; parce que,dit-il , fauteur a retranché judicieusementtout ce que l’autre contenoit de superflu &d inutile dans la pratique , & que Tailleursles définitions font plus claires que cellesd Elien. Comme Arrien n’a écrit que quel-que temps après Elien , on croit asïèz com-munément que sa tactique n’est qu’unecopie abrégée de celle de ce dernier auteur;mais c’est une copie rectifiée par un maîtrede fart , très-consommé dans la sciencedes armes ; au lieu qu’on peut présumerqu’Elien n’avoit jamais été à la guerre. Jeparierois , dit M. le chevalier de Folard,que cet auteur n’avoit jamais servi , Lt ques’il étoit vrai qu’il eût fait la guerre , il enraisonnoit très-mal. Ce jugement est fansdoute trop rigoureux. Car comme Elienn’a travaillé que d’après les auteurs origi-naux , dont les écrits íubsistoient de sontemps, ce qu’il enseigne doit naturellementse trouver conforme à la doctrine de cesauteurs : & en effet, comme f observe M.Bouchaud de Bussy , qui vient de donnerune nouvelle traduction de la tactique d’E-lien , la plupart des choies que cet ouvragecontient , se trouvent confirmées par letémoignage des historiens grecs. 11 est vraiqu’Elien , dans son traité , paroît s’être plus;attaché à la tactique des Macédoniens qu’àcelle des Grecs ; mais comme ils exécu-toient les uns & les autres les mêmes évo-lutions ou les mêmes mouvemens, le livred’Elien n’en est pas moins utile pour con-noître f essentiel de leur taClique.
Quoi qu’il en soit, il paroît qu’Arrien netrouvoit pas les auteurs qui f avoient pré-cédé suffisamment clairs & intelligibles , &que son objet a été de remédier à ce dé-faut. M. Guischardt prétend en avoir tiréles plus grands secours pour fintelligencedes faits militaires rapportés par les auteursgrecs.
A f égard de la tactique des Romains , ilne nous reste des différons traités des an-ciens , que celui de Vegece , qui n’est queune compilation & un abrégé des auteurs
qui