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Tome trente-deuxième.
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» habituel n’ait pas cette tendance uní-„ quement destinée à la moufqueterie , &

» à la destruction de _ toute autre force.

„ C’est pourquoi il faut fixer des princi-», pes & un ordre également distant de», l’état de foiblesse , & celui d’une force», qui n est propre qu’à certaines circonf-,» tances, ou qui est employé au-delà de« la nécessité ». ( Ç )

Tactique des Romains, art mi-litaire des anciens. Les Romains , persua-dés que ce n’est ni du nombre ni d’unevaleur aveugle qu’il faut attendre la vic-toire , & qu’elle fuit presque toujours dansles combats la capacité & la science desarmes, ne te servirent d’autres moyens,pour subjuguer la terre , que d’une pra-tique continuelle des exercices militaires,d’une bonne discipline dans les camps,& d’une attention constante à cultiver lesarmes. Convaincus , par leur propre ex-périence, que les Gaulois l’emportoient fureux par le nombre de leurs troupes ; qu’ilsétoientinférieurs auxGermainspour la tail-le , aux Espagnols en nombre & en forcede corps , aux Africains en richeíîes & enruses, & aux Grecs en génie & en lumières;pour s’oppofer à ces avantages, ils Ratta-chèrent á choisir leurs nouveaux soldats,á les dreííèr aú manîment des armes, àleur fortifier le corps par Phabitude dutravail, á les préparar dans les exercicesdu champ de Mars à tout ce qui pouvoitarriver dans les batailles , à établir despunitions féveres contre les pareslèux.

Ils n’avoient pas plutôt enrôlé les sol-dats qu’ils les accoutumoient à travailleraux camps, à marcher en troupe , a íecontenter d’une nourriture frugale & gros-sière , à porter des fardeaux , à ne pointcraindre le soleil ni la poussière , à paslòrles nuits , tantôt fous des tentes , tantôtà découvert. Ils leur montroient ensuite lemanîment des armes ; & lorfqu’ils pré-voyoient qu’ils pouvoient en avoir besoinpour une longue expédition , ils les te-noient, le plus iong-temps qu’ils pouvoient,dans des camps , pour qu’ils pustènt feformer le corps par cette vie militaire , &prendre l’efprit du métier. II est vrai quedans les premiers temps de la républiquejls leverçnt les armées dans Rome ; mais

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les soldats ne pouvoient s’amollir dans unéville où l’on ne connoissoit ni luxe ni plai-sirs. La jeuneslè , après la fatigue de lacourse & d’autres exercices, alloit nagerdans le tibre , & y laver fa sueur : ils neconnoistòient point d’autres bains. Leguerrier & le laboureur étoient alors unméme homme , qui ne faifoit que chan-ger dans l’occasion ses outils contre desarmes. Tout le monde fait qu’on alla cher-cher Quintius Cincinnatus à la charruepour lui offrir la dictature. Ils recrutoientprincipalement leurs armées de gens dela campagne , parce qu’ils comptoienedavantage fur leur courage , sachant queceux qui ont moins goûté des douceursdans la vie , ont moins sujet de craindrela mort.

Ils recherchoient la grande taille dansle nouveau soldat , & ne recevoient ,parmi les cavaliers des ailes & les fantas-sins des premières cohortes légionnaires ,que des hommes de six pies , ou tout aumoins de cinq piés dix pouces ; mais dansla fuite ils eurent moins d’égard à la gran-deur qu’à la force.

I Celui qui étoit chargé de la levée destroupes, s’attachoit, fur toutes choses ,à connoître , par les yeux, par les traitsdu visage & par la conformation des mem-bres, ceux qui pouvoient faire les meilleurssoldats. Ils excluoient de la milice les pê-cheurs , les oiseleurs, les pâtissiers ou gensde cuisine , les tiííbrands, & en généra!tous ceux qui exerçoient des professions quine conviennent qu’aux femmes. Ils leurpréféraient les forgerons , les charpentiers,les bouchers & les chastèurs de bêtefauve.

Tous les soldats , fans exception , ap-prenoient à nager. Aussi les Romains ,formes à la guerre par la guerre même,avoient-ils choisi , pour leur champ deMars, un lieu voisin du Tibre. La jeunestèportoit dans ce fleuve la sueur & la pous-sière de ses exercices , & fe délasi'oit ennageant, de la fatigue de la course.

Indépendamment de la nage, ils avoientl’exercice du faut qui mettoit le soldat enétat de franchir fans peine des sosies oudes hauteurs embarrassantes. Celui dupieuétoit crès-propre à Ws fa^onuM Pp>