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Tome trente-deuxième.
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3onnok des boucliers ronds d’osier qui pe-soient le double de ceux dont on se servoità la guerre , & des armes de bois une foisplus lourdes que l’épée. Avec ces especesde fleurets on les faisoit escrimer le matin& Paprês-midi contre un pieu. Chaquesoldat plantoir son pieu de façon qu’il tîntfortement, & qu’il eût six pies hors deterre ; & c’est contre cet ennemi qu’il s’é-xerçoit, tantôt lui portant son coup auvisage ou à la tête , tantôt l’attaquant parles flancs, & quelquefois se mettant en pos-ture de lui couper les jarrets , avançant,reculant &c ratant le pieu avec la vigueur &Padrestê que les combats demandent. Lesmaîtres d armes avoient sur-tout attentionque les soldats portassent leurs coups fansse découvrir.

On leur montroit principalement à poin- jter ; car les Romains ont non-sculement 'battu aisément leurs ennemis qui ne fai-soient que sabrer, ils les ont même mé-prisés. La raison en est qu’avec quelqueforce qu’un coup de tranchant soit appuyé,íl tue rarement, parce que les armes dé-fensives & les os l’empêchent de pénétrer ;au lieu que la pointe , enfoncée feulementde deux doigts, fait souvent une blelluremortelle.

Les nouveaux soldats apprenoient en-core l’exercice de l’escrime. Les Romainscroient íi persuadés de futilité de cet exer-cice , qu’ils donnoient double ration auxmaîtres d’armes. Les soldats qui n'avoientpas bien profité de leurs leçons, recevoientleur ration en orge , & on ne la leur ren-doit point en bled, qu’ils n’eustent faitpreuve de leur capacité en présence destribuns & des autres officiers de la légion.

11s joignoient à l’exercice du pieu celuiau javelot : il coníistoit à leur faire lancercontre le même pieu de faux javelots beau-coup plus pesans que les véritables. Lesmaîtres d armes leur apprenoient à les jeteravec roideur , & les porter au but. Leursbras se fortifioient par cet exercice , & ilsapprenoient à assurer leurs coups.

Ils faisoient encore exercer la troisièmeou la quatrième partie des plus jeunes sol-dats &. des plus lestes, à tirer contre lepieu des fléchés fausses avec des arcs faitsexprès, Ils Jçs çxerçoient aussi à jeter

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adroitement des pierres avec la fronde &à la main. En effet, des cailloux ronds ,lancés avec force , font plus de mal, mal-gré les cuirastès & les armures , que n’enpeuvent faire les fléchés, & l’on meurtde la contusion fans répandre une gouttede sang. D’ailleurs cette arme n’est pointembarrassante à porter, &ç elle peut êtred un grand secours , soit qu’on engage uneaffaire dans des lieux pierreux, soit qu’ils agisse de défendre 1 approche d une mon-tagne ou d’une colline , ou qu’il àflso re-pousser f ennemi à Pattaque dune ville oud’un château.

L’usage des fléchés plombées faisoit en-core partie des exercices des soldats Ro-mains. Ils eurent dans l’Illirie deux légions,composées chacune de six mille hommes,qu’ils nommèrent martiobarbules , parcequ’ils lançoient vigoureusement & avecadresse ces sortes de traits.

Les Romains exerçoient leur nouveauxcavaliers à voltiger, pendant l’hiver, dansun lieu couvert ,& pendant l’été, dans lechamp de Mars. Ils avoient pour cet effetdes chevaux de bois, fur lesquels ils vol-tigeoient, d’abordfans armes, & ensuitetout armés. Ils apprenoient à monter &à descendre également de droite & degauche , l’épée ou la lance à la main.

ils accoutumoient encore finsanterie àporter des fardeaux de soixante livres »& les faisoient marcher ainsi chargés, pourles accoutumer de longue main à porterensemble leurs vivres & leurs armes dansdes expéditions difficiles.

Les Romains divifoient leur milice entrois parties » cavalerie » infanterie & ma-rine. Ils appelioienr vexillation , du nomde ses enseignes , ce qu’on appelloit au-trefois aile de cavalerie. Ce mot d 'ailevient de ce que la cavalerie couvroit àdroite & à gauche le corps de la bataille.Us appelioienr cavaliers légionnaires , ceuxqui étoient attachés aux légions.

Ils avoient deux sortes de flottes , com-posées Pune, de navires de guerre appelleshburnes , l’autre , de pataches ou barquesarmées. La cavalerie leur servoit à garderles plaines, les flottes , les mers & leslleuves, & 1 infanterie pour défendre lescollines, les villes, la raie campagne, 6’c.