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position du dessein , s’il le trouve dispo-se tel, pour-lors le fabriquant fait ourdirle poil , de façon qu’ií ne met de portéesprécisément que dans les parties ou ilvoit que la couleur devs a paroître , defaçon que certains poils n’auront que dix,quinze, vingt portées plus ou moins ; pourlors il faut que l’ouvrier ait un grand foinde faire plier le poil quand il le met furl’ensuple de derniere, de façon que cha-que partie lé trouve à droit ou vis-à-visdes mailles du corps dans lequel elledoit être pastée ; c’est pour cela qu’ildoit se trouver des vu ides lorsque le poilest tendu à proportion de la foie qui man-que dans les poils ; par la même railon ildoit s’en trouver de même dans les corpsdès que le deíîèin est diíposé pour cela.
Les taffetas de cette espece ne sauroientêtre faits à grands deíiéins , parce quepour un tripleté il faudroit ixco cordes derames & de semples , pour un doubleté8co , &c. ils font tous à 8 , io & 12. ré-pétitions de fleurs dansla largeur de 1 étoile;de forte qu’un dessein fur ■ 00 cordes fera8 répétitions dans la réduction ordinairede 8co mailles de corps ; s’il contient 10répétitions , il faudra 1000 mailles &: 500arcades à cinq arcades chaque corde derame ; s’il contient 12. répétitions, il faudrai2co mailles & 6 00 arcades à 6 chaquecorde de rame, pour-lors un tripleté con-tiendroit 3600 mailles de corps , & undoubleté 2400 , ainíi des autres en dimi-nuant à proportion ou en augmentant. IIfaut néanmoins observer qu’il n’est pas pos-sible de porter la réduction du taffetas plushaut que 1200 mailles , attendu que cegenre d étoffe ayant à chaque lac deuxcoups de navette qui croisent , il seroitimpossible de serrer , íì elle étoit portéeplus haut. Tous les fabriquans font aufait d’une semblable manœuvre ; il y ad’ailleurs à Lyon des monteurs de métierspour ces genres d’étoffes , de même quepour les droguets de toute espece , quilisent les desseins, attachent les cordages,enseignent au dessinateur la distribution* on ouvrage ; de façon que s’il y a deuxmille métiers travaillant dans ce genre ,peut-etre ne setrouveroit-il pas dix maîtresen état de les monter. II y en a actuelle-
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ment plus de deux mille travaillant qui fa *briquent les uns dans les autres, à raifortde trois aunes & plus fur chaque métier ,dont il y en a eu jusqu’à trois mille tra-vaillant dans ce seul genre , mais beaucoupplus de droguets que de taffetas.
TAFFIA , f m. ( Art diffill . ) I e tajfa,que les Anglois appellent rhum , & lesFrançois guiídive , est un esprit ardent oueau-tíe-vie tirée par le moyen de la distil-lation des débris du sucre , des écumes &des gros sirops , après avoir la-sté fermen-ter ces substances dans une suffisante quan-tité d’eau.
Voici de quelle façon on opéré. Oncommence par mettre dans de grandesauges de bois construites d’une feule piece,deux parties d’eau claire , fur lesquelles onverse environ une partie de gros sirop ,d’écumes & de débris de sucre fondus ; onj couvre les auges^ avec des planches , & ondonne le temps à la fermentation de pro-duire son effet. Au bout de deux ou troisjours,selon la température de l’atmoijphere,il s’excite dans les auges un mouvement in-testin , qui chasse les impuretés grossières,&c les fait monter à la surface de la grappe,c’est-à-dire , de la liqueur, laquelle ac-quiert une couleur jaune êc une odeur aigreextrêment forte, signe évident que la fer-mentation a pastê de son état spiritueux àcelui d’acidité, C’est à quoi les distillateursde tajfia nc font nulle attention , se con-duisant d’après une ancienne routine : oncroît devoir les avertir de veiller soigneu-sement à saisir l’instant juste entre ces deuxdegrés de fermentation, ils y trouverontleur avantage parla bonne qualité de la li-queur qu’ils distilleront.
C’est ordinairement à la ccuîeur, auíïï-bien qu’à l'odeur , que l’ouvrier juge si lagrappe est en état d’êtrepassée à i’alembic-Alors on enleve fort exactement toutes lesordures & les écumes qui surnagent, & onverse la grappe dans de grandes chaudièresplacées fur un fourneau , dans lequel onfait un feu de bois. Ces chaudières , soncde grandes cucurbites de cuivre rouge ,garnies d’un chapitau à long bec , auquelon adapte une couleuvre, espece degrand serpentin d’étain en spirale , for-mant plusieurs circonvolutions au milieu