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Tome trente-deuxième.
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par les riverains tangue forte ; elle est pous-sée , de même que la premiere , par lamarée , vers la côte où elle se repose , &souvent s’augmente de maniéré qu’il s’yen trouve de Tépaistèur de iZ à 18 pouces;cette tangue se pourrit en quelque ma-niéré ; elle devient alors d’une couleur denoir d 1 ardoise, elle n’elt d’aucun usagepour les sauneries, elle ne sert qu’aux rive-rains bordiers voisins de la mer ; elleest trop lourde pour être emportéeloin comme la tangue légere ; elle n’a pasaustì tant de qualité, mais on y supplée parla quantité qu’on en met sur les terres ; leslaboureurs la font ramasser en tout temps ;on la tire avec la bêche , comme on faitla terre forte , & ceux qui en ont besoinl’enlevent avec des charriots , ou fur deschevaux.

La troisième espece de tangue est cellequi provient des tangues léger es qui ontdéja servi à Tissage des sauniers, & dont ilsfont,pendant les chaleurs de Tété,des amas.eu moulons autour de leurs sauneries ; &lorsqu’ils en ont tiré, autant qu’il leur estpossible, le sel, ils la transportent durant leschaleurs fur le fonds de leurs marais salansqu’ils labourent ; ils y passent ensuite laherse , & unissent cette terre sablonneuseavec un instrument, qu’ils nomment ha-veau, ce qu’ils font peu de temps avant lespleines mers des grandes marées qui cou-vrent alors leurs marais.

Cette culture échauffe le fol, & rendcette tangue plus propre à s’imbiber denouveau du sel marin ; les sauniers ramas-sent ensuite la tangue , l’ardeur du soleil lafait blanchir , & la rapportent autour deleurs sauneries pour en faire un nouvelpsage.

La derniere espece de tangue est latangue usée ; c’est celle que les sauniersavoient ramassée fur le terrein de leurssalines qu’ils avoient cultivé & dont ilsont tiré une seconde fois le sel ; ces ou-vriers , après ce second usage , rebutent••ordinairement cette tangue, comme moinspropre à reprendre de nouveau la qualitédu sel ; les riverains la viennent enlever ,comme on fait la tangue forte , & s’en fer-vent de même pour la culture de leurs ter-*£s ; il reste à cette derniere assez de qualité

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f pour Tissage des labours , & d’ailleurs eïïâest beaucoup moins lourde que la tangueforte , & se peut enlever plus loin.

II ne se tait aucun commerce de la tan-gue , parce que ce sont ceux qui en ontbesoin qui la viennent eux-mêmes enleverpour la transporter sur les terres ; certeforte d’engrais est libre comme le fablemarin ,& le varechs de flot que la maréerejette journellement à la côte , & qui ap-,partient aux premiers qui le ramassent ,soit qu’ils soient du territoire où ces en-grais lé prennent ou des paroisses éloignéesqui nient pas droit de faire la coupe &ïa ré-colte du varechs vif,croi fiant fur les côtes desparoisses maritimes , aux habitansdefquel-les ces herbes appartiennent exclusive-ment.

Quelques seigneurs riverains prétendentcependant avoir le droit exclusif de vendrecette tangue , poussée, par la mer le longdes côtes de leurs territoires, ce qui nepeut fe soutenir sans titres de la qualitéprescrite par Tordonnance.

Quelquefois austì les riverains, pours’exempter de la peine de ramasser latangue , achetent celles que les sauniersont recueillie pour avancer leur travail,& ne point perdre leur temps à ramastèrla tangue , dont ils ont besoin pour la cul-ture de leurs terres.

TANGUER , v. n. ( Gramm. ) c’estbalancer de poupe à proue. Voyei TAN-GAGE.

TANGUEURS ou GABARIERS, f. m.

pi. ( Manne ) ce font des porte-íaix , quiservent à charger & à décharger les grandsbâtiments.

TANGUT, ( Gé'og. moi.') royaumed’Asie, dans la Tartarie chinoise. 11 estborné au nord par les états d u grand chandes Calmoulks , au midi par la provinced’Ava, au levant par la Chine , & aucouchant par les états du Mogol. On ledivise en deux parties , dont la septentrio-nale est appellée le Tibet , & la méridio-nale le Tangut propre. C’est Jc patrimoinedu daiaï-lama qui est le souverain pontifede tous les Tartares payens ; mais il nese mêle que du spirituel : le contaisch ,grand chan des Calmoucks , gère le tem-porel. Le dalaï-lama habite un couvent

qui