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mais si par hazard elle se trouve naître enun lieu exposé au midi ( ce qui lui est fa-vorable pour sa production, & non poursa durée ) les rayons du soleil la résolventdès le second jour en une liqueur bleue-jaunâtre, laquelle en peu de temps se con-dense , éc se convertit entièrement en unecroûte seche épaisse d’environ deux lignes.
La végétation ayant ainíi disparu , ontrouve quelques jours après fous cette croû-te , une couche , ou lit de poussière noire,très-fine , qui a aífez de rapport à la pous-sière qu'on découvre dans le lycoperdon ,
& qui ici pourroit être de la tannée dis-soute , puis dcsiéchée , & entin convertieen une el'pece de terreau réduit en pou-dre impalpable.
La -fleur de la tannée paroît tous lesans vers le commencement du mois dejuin , ou quelquefois plutôt , suivant lachaleur du printemps. Il est donc assez vrai-semblable que le tan qui a servi à tannerles cuirs, est la matrice de cette végéta-tion. En effet, la chaux qu’on emploie pourfaire tomber le poil des cuirs, les sels ,les huiles & les soufres contenus dans lescuirs , joints à l’acide du tan , macérésensemble dans des fosses pendant plusieursmois, & dont le tan a été parfaitementimbibé, contient des substances qui, aidéesde 1 air , font toujours prêtes à produirela végétation dont il s’agit.
í'U, semble que si l’on compare cettevégétation à l’éponge reconnue pour plante,& dans laquelle on n’apperçoit presque niracines , ni feuilles, ni fleurs , ni graines,on pourroit la ranger fous lc genre deséponges , & ìa nommer, en attendant deplus amples découvertes , spongia fugax ,mollis , flava , in puisere coriario naj-cens. Mém. de l’acad. des sciences , anne'e173.7. (D. J.) '
TANNER, v. act. ( Gram. Arts &Métiers. ) Maniéré de tanner les cuirs.Les peaux , telles que sont celles du bœuf,de vache , de cheval , de mouton , bélierou brebis, de sanglier , cochon ou truie,&’c. peuvent être tannées , c’est-à-dire ,qu’on peut les rendre propres à diftérensusages, scion leur force & les différentes
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maniérés de les apprêter, par le moyendu tan dont on les couvre dans une sosiedestinée à cet effet , après qu’on en afait préalablement tomber le poil, soitavec la chaux détrempée dans l’eau, &cela s’appelle plamer à la chaux , soitavec de la farine d’orge, & cela s’appelleplamer à d orge , soit enfin par la feule ac-tion du feu & de la fumée , maniéré que1 on pratique déja depuis long-temps àSaint-Germain-en-Laie , & que les tan-neurs des autres endroits ignorent en par-tie , ceux de cette ville la regardant com-me un secret ; ce dernier moyen ne pour-roit cependant parostre surprenant qu’àceux qui ignorent les effets les plus na-turels & les plus à portée d’être remarqués;tout le monde fait qu’une peau même vi-vante perd beaucoup de son poil pendantles chaleurs de l’été , ce que nous appel-ions muer ; à plus forte raison le poil doit-il quitter une peau morte , lorsqu’elle estexposée à Faction d’un feu & d une fuméedont la chaleur peut égaler, & mêmesurpasser celle de l’été, cette dernierefaçon s’appelle plamer à la gigée ou à lagigie , terme que nous n’avons trouvé em-ployé nulle part, & dont nous ne connois-sons ni l’étymologie , ni les rapports.
Nous allons exposer avec le plus d’or-dre &de clarté qu’il nous fera'possible, cestrois façons de traiter les cuirs. Quelquespersonnes que nous avons eu occasion devoir, & qui nous ont astùré avoir voyagé enPerse , nous ont rapporté qu’on s’y fervoitdans quelques tanneries , de sel & denoix de galle pour dépouiller la peau deson poil ; nous le croyons assez volon-tiers , vu que les plus légère mordanspeuvent à la longue occalionner cettedépilation ; on s’y sert aussi , suivant leurrapport, de la chaux ; mais ce qui nouscause quelque surprise , c’est que la sé-cheresse qui régné dans ce pays, achevé,à ce que disent ces personnes , l’ouvragedans l’un & l’autre cas , les Persans'igno-rant absolument F usage du tan. Peut-êtreque ces personnes douées d’une bonnemémoire ie sont plûs à nous débiter céqu elles en avoient pu lire dans le dic-tionnaire du commerce , dont nous auronsoccaiion de relever quelques erreurs, &