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Tome trente-deuxième.
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réparer des.,omissions cstèntielles fur cetarticle.

Article I. Maniéré de plumer à lachaux.

Planter un cuir à la chaux , c’est luifaire tomber le poil ou bourre , après sa-voir fait passer dans le plain pour le dis-poser à être tanné ensuite de la maniéréque nous allons détailler.

Lorsque les bouchers ont dépouille' lesbœufs qu’ils ont tués , c'est-à-dire , lors-qu'ils ont levé les cuirs de destìis, on lessale avec le sel marin & l’alun ou avecle natron , qui est une eípece de soudeblanche ou salpêtre, ce qu’il faut abso-lument faire , íì on veut les garder quel-que temps ou les envoyer au loin ; cardans le cas où le tanneur les apprëteroitaussi-tôt qu’ils auroient été abattus , il fe-roit inutile de les saler , cette opérationn’étant nécessaire que pour en prévenirla corruption. Lorsque les cuirs aurontété salés, & qu’ils seront parvenus entreles mains des Tanneurs , la premiere choiequ’il faudra faire pour les apprêter , ferad’en ôter les cornes , les oreilles & laqueue , & c’est ce que les tanneurs ap-pellent l’émouchet ; on commencera aullipar cette même opération , quand mêmeles cuirs n’auroient point été làlés , aprèsquoi on les jettera dans seau pour les dé-gorger du sang caillé , & en faire sortirles autres impuretés qui pourroient yêtre jointes ; on ne peut déterminer letemps fixe que les peaux doivent y rester,moins dans une eau vive comme celle defontaine, plus dans celle de rivière, &plus encore dans une eau croupie & dor-mante ; ce temps doit aulli s’évaluer selonla fraîcheur des peaux , & du plus ou dumoins de corps étrangers qui y font joints,dont il faut quelles soient absolument pur-gées ; cependant un jour & demi doit or-dinairement suffire, & pour peu que sou-vrier soit intelligent, il augmente ou di-minue ce terme , suivant les circonstances,après quoi on les retire ; on les pôle furle chevalet, & on y fait paflérfur toutesleurs parties un couteau long à deux man-ches , qui n’a point de tranchant, que l’onappelle couteau de riuiere , dont factionest de faire sortir seau qui entraîne avec

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elle le sang caillé en les pressant fur lechevalet ; quelques-uns n’en retirent lescornes, les oreilles & la queue , qu’aprèsavoir été ainsi nettoyées ; mais c’est s’éloi-gner de Tordre naturel.Cette opération fi-nie, on doit les replonger dans la rivière, &les y laver jusqu’à ce que seau dont elless’imbibent , en forte nette & pure , en-suite on les met égoutter ; quoique le tan-neur , pour s’épargner de la peine, puistbs’exempter de palier le couteau de ri-vière au temps que nous venons d'incli-quer , peu cependant y manquent ; autre-ment les peaux n’auroient point net-teté requise pour les opérations suivantes ;& le dictionnaire du commerce n’auroitpas dû pastèr cet article fous silence ,vu que la bonté du cuir dépend en plusgrande partie de la maniéré dont il estapprêté.

Les peaux étant ainsi nettoyées & égout-tées , on les met dans un plein , c’est-à-dire , dans une grande cuve de bois oude pierre, mastiquée en terre, remplied’eau jusqu’à la moitié ou environ , & dechaux tout-à-faít usée, ce qui lui fait donnerle nom de plain-vieux ou mort-plain ;c’est donc dans un mort-plain que lespeaux doivent premièrement entrer, autre-ment on courroit risque de les brûler,ce qui lait que les diftérens plains par oùles peaux doivent successivement palier,doivent aller de degrés en degrés, jusqu’àce qu’elles puiílònt entrer fans danger dansle plain-vif.On doit les laistèr dans ce mort-plain environ dix à douze jours, en ob-servant cependant de les en retirer tousles deux jours, quelquefois même les jours,sur-tout íi la chaux n’étoit point tout-à-fait usée ou que les chaleurs sussent ex-cessives ; on les met égoutter fur le borddu plain qu’on appelle la traite , & on leslaisse ainsi en retraite à-peu-près le mêmetemps qu’elles ont séjourné dans le mort-plain , c’est-à-dire, un ou deux jours. Quoi-que nous ayons fixé le temps du séjour despeaux dans le mort-plain, à dix ou douzejours, nous nous garderons cependant biende les faire passer immédiatement après dansle plain-vif, comme nous avons remarquéqu’on indiquoít dans le dictionnaire ducommerce, quoique sauteur ne les faste