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Tome trente-deuxième.
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lune & les autres luminaires célestes achè-vent leurs révolutions ordinaires , qui, ànos sens , paraissent uniformes, V’oye^Mouvement & Uniforme.

Mais comme l’écoulement du temps nepeut être accéléré ni retardé , au-lieu quetous les corps se meuvent tantôt plus vite,& tantôt plus doucement, & que peut-être il n’y a point de mouvement parfai-tement uniforme dans la nature, quel-ques auteurs croient qu’on ne peut con-clure que le temps absolu est quelque chosede réellement & effectivement distinguédu mouvement : car en supposant pour unmoment, que les cieux Lc les astres euíïèntété fans mouvement depuis la création,s’ensuit-il de-là que le cours du temps au-roit été arrêté ou interrompu ? & la duréede cet état de repos n’auroit-elle point étéégale au temps qui s'est écoulé depuis lacréation ?

Comme le temps absolu est une quan-tité qui coule d’une maniéré uniforme , &qui est très - simple de fa nature , lesMathématiciens le représentent à l’imagi-nation par les plus simples grandeurs sen-sibles , & en particulier par des lignesdroites & par des cercles , avec lesquels letemps absolu paraît avoir beaucoup d a-nalogie pour ce qui regarde la succession,la similitude des parties , Ùc.

A la vérité , il n est pas absolument né-cessaire de mesurer le temps par le mou-vement ; car le retour constant & pério-dique d’une chose qui arrive ou se ma-nifeste par intervalles , également éloignésles uns des autres, comme par exemple,répanouiílèment d’une plante , £>c. peu-vent faire la même chose. En ester, M.Locke fait mention d’un peuple de l’A-mérique, lequel a coutume de compterles années par l’arrivée & par le départdes oiseaux. Chambers.

Voici ce que pense sur la notion dutemps M. Formey, dans l’article qu’il nousa communiqué fur ce sujet. II en est ,dit-il,à-peu-prësdelanotion à\\ temps com-me de celle de l’espace. On est partagé surla réalité. Cependant il y a beaucoup moinsde partisans du temps réel, que de l’espaceréel J & I on convient aífez généralementíjuç la duree n est que l’ordre des choses

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successives, en tant qu’elles se succèdent ;en faisant abstraction de route autre qua-lité interne, que de la simple succession.Ce qui fait naître la succession confuse &imaginaire du temps , còmme de quelquechose qui existe indépendamment des êtressuccessifs , c’est la possibilité idéale.

On le figure le temps comme un êtrecomposé de parties continues Lé succes-sives , qui coule uniformément, qui sub-siste indépendamment des choses qui exis-tent dans le temps qui a été dans un fluxcontinuel de toute éternité & qdi con-tinuera de même. Mais cette notion dutemps conduit aux mêmes difficultés quecelle de l’espace absolu ; c’est-à-dire que ,selon cette notion , le temps serait un êtrenécessaire , immuable , éternel, subsistantpar lui-même , & que par conséquent cousles attributs de Dieu lui conviendraient.C'est ce que nous avons déja observé.

Par la possibilité idéale du temps , nouspouvons effectivement concevoir une suc-cession antérieure à la succession réelle,pendant laquelle il se seroit écoulé un tempsassignable. C’est de cette idée qu’on seforme du temps , qu’eít venue la fameusequestion que M. Clarke faisoit à M. Leib-nitz, pourquoi Dieu n’avoit pas créé lemonde six mille ans plutôt ou plus tard ?M. Leibnitz n’eut pas de peine à renver-ser cette objection du docteur anglois, &son opinion fur la nature du temps par leprincipe de la raison suffisante ; il n’eutbesoin, pour y parvenir, que de l'objectionmême de M. Clarke, sur la création. Carsi le temps est un être absolu qui consistedans un flux uniforme , la question pour-quoi Dieu n’a pas créé le monde six milleans plutôt ou plus tard, devient réelle , &force à reconnoître qu’il est arrivé quelquechose /ans raison suffisante. En effet , lamême succession des êtres de l’universétant conservée , Dieu pouvoir faire com-mencer le monde plutôt ou plus tard ,fans causer le moindre dérangement. Or »puisque tous les instans font égaux, quandon ne fait attention qu’à la simple succes-sion , U n’y a rien en eux qui eût pu fairepréférer l’un àl’autre, dès qu’aucune diver-sité ne seroit parvenue dans le monde parce choix ; ainsi un instant ipuroit été choisi