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’qu’un , je vûus loue d'avoir fait cette ac-tion , mon action de louer est expriméecomme co-existante avec l'acte de la parole.
2. 0 . On remploie comme présent anté-rieur. Que l’on dise dans un récit , je lerencontre en chemin , je lui demande où ilva, je vois qu!il s'embarrasse ; », en tout», cela, où il n’y a que des temps présens,», je le rencontre est dit pour je le rencon-», trai ; je demande pour je demandai ; ou», il va pour où il alloit ; je vois pour je>t vis ; Ù qu il s'embarrasse pour qiiils’em-», barraffoit. », Rcgnier , gramm. franç.in-1 z , pag. 343, in-zf. pag. 360. Enester , dans cet exemple les verbes je ren-contre , je demande , je vois , dé lignentmon action de rencontrer , de demander ,de voir , comme co-existante dans le pé-riode antérieur indiqué par quelqu’autrecirconstance du récit j & les verbes il va ,il s'embarraffe , énoncent faction ó!aller 6 cde s'embarrasser comme co-existante avecFépoque indiquée par les verbes précédensje demande & je vois , puisque ce que jedemandai , c'est où il allô:t dans l’instantmême de ma demande, 6c ce que je vis ,c’est qu’il s embarraijsoit dans le momentmême que je le voyois. Tous les verbes decette phrase sont donc réellement employéscomme des présens antérieurs , c’est-à-dire , comme exprimant la simultanéitéd’existence à l’égard d'une époque anté-rieure au moment de la parole.
3 °. Le même temps s’emploie encoreComme présent postérieur. Je pars demain ,je fais tantôt mes adieux ; c’est-à-dire , jepartirai demain , &C je ferai tantôt mesadieux : je pars & je fais énoncent monaction de partir & d 0 faire , comme simul-tanée avec l’époque nettement désignéepar les mots demain & tançât, qui ne peutêtre qii’une époque postérieure au momentoù je parle.
4 U . Enfin l’on trouve ce temps employéavec abstraction de toute époque , ou sil’on veut, avec une égale relation à tou-tes les époques possibles ; c’est dans ce sensqu’il lest à l'exprefsion des propositions d’é-ternelle vérité : Dieu ejl jufle , les troisangles d'un triangle font égaux à deuxdroits : c’est que ces vérités font les mêmesdans tous les temps , qu’elles co-existent
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avec toutes les époques, & le verbe enconséquence, se met à un temps qui expri-me la simultanéité d’existence avec abs-traction de toute époque , afin de pouvoirêtre rapporté à toutes ses époques.
II en est de même des vérités moralesqui contiennent en quelque forte l’histoirede ce qui est arrivé , & h prédiction de cequi doit arriver. Ainsi dans cette maximede M. de la Rochefoucault ( pensée LV.)la haine pour les favoris n'ejl autre choseque V amour de la faveur , le verbe e(l ex-prime une simultanéité relative à une épo-que quelconque , 6 c actuelle , & antérieu-re , & postérieure.
Le temps auquel on donne communé-ment le nom de présent , est donc un pré-sent indéfini, un temps qui n’étant nulle-ment astreint à aucune époque , peut de-meurer dans cette généralité , ou être rap-porté indifféremment à toute époque dé-terminée , pourvu qu’o n lui conserve tou-jours fa signification essentielle & inamis-sible,je veux dire,la simultanéité d’existence,.
Les difFérens usages que nous venons deremarquer dans le présent indéfini , peu-vent nous conduire à reconnoître les pré-sens définis ; & il ne doit point y en avoird’autres que ceux pour lesquels le présentindéfini luì-même est employé ; parcsque exprimant essentiellement la simulta-néité d’existence avec abstraction de tomeépoque, s’il fort de cette généralité , cen’est point pour ne plus signifier ía simul-tanéité, mais c’est pour l’exprimer avecrapport à une époque déterminée. Or
II. Nous avons vu le présent indéfiniemployé pour le présent actuel, commequand on di t, je vous loue d’avons ait cetteaclion ; mais dans ce cas-là même il n’ya aucun autre temps que l’on puislè substi-tuer à je loue ; cette observation estcommune à toutes les langues dont les ver-bes sc conjuguent par temps.
La conséquence est facile à tirer : c’estqu’aucune langue ne reconnoît dans lesverbes de présent actuel proprement ditéc que par-tout c’estle présent indéfini quien fait la fonction. La raison en est simple tle présent indéfini ne se rapporte lui-même-à aucune époque déterminée ; ce sont lescirconstances du discours qui déterminent