T E M
Mais tandis que fa main , dans la nuitdu silence,
Du fragile univers fappe les fondement ;Sur des ailes de feu , loin du mondeélancée >
Mon a clive pensée
Plane fur les débris entassés par le temps.
Siécles qui n étés plus , & vous qui de-vez naître ,
J'ofe vous appcller ; hâtez~vous de pa-raître :
Au moment où je fuis, venez vous réunir.Je parcours tous les points de l'immenfidurée ,
P'une marche assurée ;
J'enchaîne le présent , je vis dans l'avenir.
Le soleil épuisé dans fa brûlante courseDe fis feux par degrés verra tarir lasource ;
Et des mondes vieillis les ressorts s'ufiront.Ainfi que les rochers qui du haut desmontagnes
Roulent dans les campagnes,
Les ajlres l'un fur l'autre un jour s’écrou-leront.
La , de l'éternité commencera l'empireEt dans cet océan , où tout va fi dé-truire ,
Le temps s'engloutira comme un foibleruisseau.
Mais mon ame immortelle aux fìecleséchappée
Ne fera point frappée ,
Et des mondes brisés foulera le tombeau.
Des vases mers , grand Dieu , tu fixasles limites.
C'eft ainfì que des temps les bornes fontprescrites.
Quel firace moment de íéternelle nuit?
Toi fiul tu le cannois ; tu lui dirasd'éclore ;
Mais l'univers Vignore ;
Ce n'est qu en périssant qu il en doit êtreinstruit.
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Quand Vairain frémissant autour de vosdemeures,
Mortels , vous avertit de la fuite desheures ,
Que ce signal terrible épouvante vos fins.A ce bruit tout-à-coup mon ame fi ré-veille ,
Elle prête l'oreille ,
Et croit de la mon même entendre lesaccent.
Trop aveugles humains , quelle erreurvous enivre 1
Fous ríavei qu’un instant pour penser Cfpour vivre ,
Et cet instant qui fuit est pour vous unfardeau.
Avare de fis biens , prodigue de son être ,Dès qu’il peut fi connaître ,L'homme appelle la mort & creuse sontombeau.
L'un courbé sous cent arv, est mon desfa naissance ,
L'autre engage à prix d'or sa vénale exis-tence ;
Celui-ci la tourmente à de pénibles jeux?Le riche fi délivre au prix de fa fortuneDu temps -pu l'importune ;
C'est en ne vivant pas que l'on croît vi-vre heureux-.
Abjurez , o mortels , cette erreur insensée.L’homme vit par son ame , & lame estla pensée.
C'est elle qui, pour vous, doit mesurer [etemps
Cultiveq la sagesse : apprenez lan su-prême
De vivre avec soi-même,
Vous pourrez sans effroi compter tous vosìnstans.
si je devois un jour , pour de viles ri-chesses,
Fendre ma liberté , descendre à des baf-
fiffes;
Gggg gg*