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Tome trente-deuxième.
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T E M

Mais tandis que fa main , dans la nuitdu silence,

Du fragile univers fappe les fondement ;Sur des ailes de feu , loin du mondeélancée >

Mon a clive pensée

Plane fur les débris entassés par le temps.

Siécles qui n étés plus , & vous qui de-vez naître ,

J'ofe vous appcller ; hâtez~vous de pa-raître :

Au moment où je fuis, venez vous réunir.Je parcours tous les points de l'immenfidurée ,

P'une marche assurée ;

J'enchaîne le présent , je vis dans l'avenir.

Le soleil épuisé dans fa brûlante courseDe fis feux par degrés verra tarir lasource ;

Et des mondes vieillis les ressorts s'ufiront.Ainfi que les rochers qui du haut desmontagnes

Roulent dans les campagnes,

Les ajlres l'un fur l'autre un jour s’écrou-leront.

La , de l'éternité commencera l'empireEt dans cet océan , où tout va fi dé-truire ,

Le temps s'engloutira comme un foibleruisseau.

Mais mon ame immortelle aux fìecleséchappée

Ne fera point frappée ,

Et des mondes brisés foulera le tombeau.

Des vases mers , grand Dieu , tu fixasles limites.

C'eft ainfì que des temps les bornes fontprescrites.

Quel firace moment de íéternelle nuit?

Toi fiul tu le cannois ; tu lui dirasd'éclore ;

Mais l'univers Vignore ;

Ce n'est qu en périssant qu il en doit êtreinstruit.

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Quand Vairain frémissant autour de vosdemeures,

Mortels , vous avertit de la fuite desheures ,

Que ce signal terrible épouvante vos fins.A ce bruit tout-à-coup mon ame fi ré-veille ,

Elle prête l'oreille ,

Et croit de la mon même entendre lesaccent.

Trop aveugles humains , quelle erreurvous enivre 1

Fous ríavei qu’un instant pour penser Cfpour vivre ,

Et cet instant qui fuit est pour vous unfardeau.

Avare de fis biens , prodigue de son être ,Dès qu’il peut fi connaître ,L'homme appelle la mort & creuse sontombeau.

L'un courbé sous cent arv, est mon desfa naissance ,

L'autre engage à prix d'or sa vénale exis-tence ;

Celui-ci la tourmente à de pénibles jeux?Le riche fi délivre au prix de fa fortuneDu temps -pu l'importune ;

C'est en ne vivant pas que l'on croît vi-vre heureux-.

Abjurez , o mortels , cette erreur insensée.L’homme vit par son ame , & lame estla pensée.

C'est elle qui, pour vous, doit mesurer [etemps

Cultiveq la sagesse : apprenez lan su-prême

De vivre avec soi-même,

Vous pourrez sans effroi compter tous vosìnstans.

si je devois un jour , pour de viles ri-chesses,

Fendre ma liberté , descendre à des baf-

fiffes;

Gggg gg*