54 PONT DE SATTMUR.
tater que la direction du courant soit toujours perpendiculaire à celled’un pont et parallèle aux flancs des piles et des culées ; je com-mençai ensuite les sondes que je fis avec toute la précision possible,malgré les difficultés qui se rencontrèrent dans une grande largeurde la rivière sur 1 5o toises environ, où l’on avoit à indiquer exacte-* ment l’emplacement de chaque pile et des culées.
ARTICLE III.
Des fondations.
1 5 . Je reconnus par mes sondes le même banc de gros gravierqu’au pont des Sept-Voies à environ 12, 14 et 1 5 pieds au-dessousdes basses eaux. J’avois fait faire une sonde de fer de 4° pieds delongueur, et de deux pouces d’équarrissage, avec une tête de 5 poucessur tous les sens, pour recevoir le choc d’un mouton de 600 livres;enfin, j’avois fait pratiquer, comme à l’ordinaire, dans la longueurde la sonde, des cases qui dévoient se remplir par les différentescouches du terrain, pour en examiner la nature.
16. La sonde traversoit souvent ces couches jusqu’à 3o etpieds au-dessous de l’étiage; mais j’éprouvois alors beaucoup depeine pour la retirer à de telles profondeurs : les deux grands ba-teaux accouplés, dont je me servois, éprouvoient communémenten s’enfonçant, et lorsque je retirois la sonde, une résistance quileur faisoit déplacer ensemble, d’après mes calculs, environ 2,492pieds cubes d’eau, dont l’effort vertical, calculé à 7 o livres par piedcube, étoit à peu près équivalent à 174,440 livres; souvent mêmeles cables et les sondes ont cassé sous ces efforts. Ces accidens medonnoient quelque inquiétude, ainsi qu’à mes ouvriers : mais deve-nus familiers avec les moyens de parer à ces inconvéniens, il ne