PORT DE DIEPPE. 9
instans possibles. La disposition des travaux est donc absolumentsubordonnée à cette première considération.
14. Malgré les grandes difficultés que présentent les ouvrageshydrauliques, sur-tout dans les ports de l’Océan, on parvient àvaincre tous les obstacles lorsqu’on sait profiter des momens favo-rables, et s’armer d’une grande constance dans l’exécution desprojets bien conçus et bien arrêtés.
Si nous examinons la fondation des ponts dans les grandesrivières, nous y trouverons d’autres inconvéniens auxquels il fautparer, et d’autres obstacles à vaincre, sur-tout lorsque les terrainssont d’une consistance incertaine. Outre l’impossibilité de rencon-trer toujours, pour en établir les fondemens, un fonds homogèneet solide, difficulté commune à tous les travaux de mer, il fautencore édifier et soutenir presque en l’air des voûtes d’un poids deplusieurs millions, et dont toutes les parties ont été disposées de "manière que ces masses énormes, abandonnées à leur pesanteur,puissent s’y maintenir pendant des siècles. On n’éprouve pas cettesujétion dans les travaux d’un port de l’Océan, où le terrain étantune fois à sec et bien consolidé, il ne s’agit que d’élever, parune maçonnerie composée d’assises purement horizontales, desmurs ou des jetées qui n’excèdent jamais plus de 3 o à 40 piedsd’élévation.
Il est néanmoins beaucoup d’ingénieurs qui mettent trop dedistinption entre ces deux genres d’architecture. J’aime à me flatterque cet ouvrage les mettra à portée d’en faire une exacte compa-raison , et les convaincra qu’ils dépendent de la même théorie ,qu’ils exigent la même activité, et les mêmes soins dans l’exécution.
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