35 O RADE DE CHERBOURG,
projet, furent forcés de garder le silence. Us attendirent les éyènemensLa première épreuve faite à Cherbourg leur fournit bientôt les moyens dese faire entendre.
La caisse construite et éprouvée au Hâvre en 1782, avoit été démontéeet transportée , vers la fin de juin 1783 , au lieu de sa destination. Dès le i5septembre suivant, elle se trouva reconstruite et prête â naviguer. Unetempête qui dura trois jours , brisa les tonnes, rompit les amares, et mithors de service tout le grément. Ainsi rien de ce qui étoit nécessaire auflottage n’échappa à la violence des vents et à la fureur des flots. Cetaccident funeste ayant décidé à laisser le cône sur son chantier pendantl’hiver , on remit sa navigation et son immersion au printemps de l’année1784.
Dans cet intervalle , les partisans des autres méthodes de construction,renouvellèrent leurs propositions. M. de Cessart s’attacha à les combattreet à prouver la nécessité de ne pas abandonner les cônes. Ses raisons pa-rurent victorieuses, et l’ordre du Roi fut donné pour construire quatrenouvelles caisses et compléter le premier essai qui avoit été ordonné.
Celle qui avoit été terminée et sur le point d’être placée, l’année pré-cédente, fut enfin heureusement conduite, le 6 juin 1784, et coulée àenviron 600 toises de l’Ile Pélée pour former l’extrémité des digues du côtéde l’Est. Elle auroit dû l’être à 3 oo toises plus au large. On attribue cettefaute à la direction des feux du fort que le département de la guerreavoit fait construire sur l’Ile Pélée , et dont il falloit ménager la protectionpour l’entrée de la rade. Mais quelque raison qu’on puisse alléguer, onregrettera toujours la perte du plus grand espace que l’on pouvoit seprocurer , et qui eût fait de Cherbourg un des plus beaux postes militairesdes marines de l’Europe.
Quoi qu’il en soit, il fallut pour les immersions subséquentes suivre hnouvelle direction à laquelle la position de la première caisse assujétissoit hligne des cônes. Une seconde caisse ayant été remorquée la nuit du 7juillet, fut coulée base à base dans l’Ouest de la première, suivant le projetd’après lequel tous les cônes dévoient se suivre et se toucher immé-diatement.
Vous vous rappelez, Messieurs, que pour assurer leur solidité, il falloitles remplir de pierres. Un gros temps qui survint le 18 août surprit hsecond cône avant qu’on lui eût donné cette force de résistance. Sa char-