Band 
Tome second.
Seite
351
JPEG-Download
 

RADE DE CHERBOURG. 35l

pente fut entièrement brisée par la mer jusqu’au niveau des basses marées ;c’est-à-dire, jusqu’à la partie qui se trouvoit soutenue dans son intérieur.Cette expérience, fortifiée par celle du premier cône qui dût sa stabilité àsa perfection , inspira une grande confiance pour l’avenir, et fit presser lespréparatifs de l’année suivante.

Mais pendant qu’on cherclioit à profiter de l’hiver pour multiplier lesmoyens d’accélérer les travaux, un nouveau système préparoit des chan-gernens considérables au projet de M. de Cessart. On faisoit entendre quela pierre répandue au pied du cône brisé par la tempête, empêcheroit d’encouler un troisième, à toucher sa base, et qu’il resteroit entre celui-ci etle premier une ouverture qui ne seroit susceptible d’aucune espèce dedéfense.

Un motif plus réel fut présenté. L’opération du flottage et de l’immersionne pouvant être entreprise avec sûreté que pendant les grandes marées quiont lieu deux fois par mois, en mai, juin et juillet, on démontra que sil’on persistoit à former la digue de cônes base à base, la clôture de larade de Cherbourg exigeroit 18 ans de travail. Cette considération décida àespacer les caisses coniques, et à remplir les intervalles par des digues enpierres perdues, élevées de quelques pieds seulement au-dessus des plusbasses mers ; et comme on ne doutoit point alors que ces caisses ne con-tribuassent à la solidité de l’ouvrage, en raison de leur nombre et de leurrapprochement, on fixa leur distance à 3o toises.

Telle fut l’origine du système mixte qui détruisit insensiblement celuides cônes, par l’éloignement progressif auquel ils furent graduellement por- ~tés. Les accidens multipliés qu’ils éprouvèrent à mesure qu’on les espaçoitdavantage, donnèrent une grande faveur aux partisans des digues. Ceuxdu système des caisses auront cependant toujours à opposer qu’on ignore siles cônes placés base à base , et se prêtant un mutuel appui, n’eussent pasforme un rempart capable de résister aux attaques de la mer, surtout si,comme le proposoit M. de Cessart, on eût pu établir dans leur partieemergée, une maçonnerie solide de granit et de pozzolane qui, en soute-nant et défendant leur charpente , en eût prolongé la durée.

Quoi, qu’il en soit, au lieu de 90 cônes qui dévoient fermer la rade deCherbourg, 18 seulement, espacés depuis 25 jusqu’à 286 toises, les unsdes autres, furent échoués à différentes époques. Ceux que la mer 11’avoitpoint brisés, furent récépés en 1789. Un seul, le plus à l’Est de l’Ile Pélee