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Maximes, pensées, anecdotes, caractères & dialogues : ; précédé de l'histoire de Chamfort par P. J. Stahl; suivi de fragments complètement inédits / Sebastien Roch Chamfort
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XVI

PRÉFACE.

quil nen ait pas; du moins, son Marchand n'an-nonce rien du tout, et ne tientpas plus que la JeuneIndienne ne promettait autrefois. »

Ce jugement nest, du reste, que la paraphrase decelui de son ami Diderot. Lesprit de Chamfort nestpas de ceux que la bienveillance de ses rivaux doittout dabord accueilli]'. Vif, emporté, agressif, il avaitpour ennemis naturels tous ceux qui craignaientde ne lavoir pas pour ami. Quant à ce qui est de lafatuité que lun lui suppose, et que lautre, plus libé-ral, lui accorde tout dabord, on s'explique ce repro-che. Cétait l'accusation nécessaire contre les succèsde lhomme et de sa Jolie figure , plutôt que contreceux de lécrivain. « M. Chamfort, disait Diderot, estun jeune poète d'une figure très-aimable (encore lafigure !), avec assez de talent, les plus belles appa-rences de modestie, et la suffisance la mieux condi-tionnée. Cest un petit ballon dont une piqûre d'épin-gle fait sortir un vent violent, »

En dépit des critiques, ou à cause des critiquesmêmes dont le public a quelquefois l'esprit de neprendre que ce qui lui convient, ces divers triom-phes firent rechercher Chamfort. Sa belle mine etl'attrait prestigieux de sa conversation, fécondeen saillies, le mirent bientôt tout à fait à lamode.

Lamour avait ses libertés dans ce temps-. Cenétait pas le dieu sévère et un peu morose qu'ona essayé den faire de nos Jours. Il paraît que lesgrandes dames d'alors avaient du goût pour leslettres et pour les littérateurs. Elles absorbaient lesloisirs du jeune lauréat. Lune d'elles, madame laprincesse de Craon, résumait ainsi, pour l'édifica-tion dune de ses amies, en quelques mots assez nets,la nature des qualités de Chamfort et létendue de