PRÉFACE. XVir
ses succès : « Vous ne voyez en lui qu'un Adonis, etc’est un Hercule ! »
« Il parait, dit à celte occasion M. Houssaye, à quinous empruntons volontiers quelques détails surcette phase de la vie de Chamfort, il parait queHercule-Chamfort fut soumis à de trop rudes tra-vaux, comme son ancien ; car, au bout de quelquesannées, nous le trouvons, pour ses péchés, aux eauxde Spa et aux eaux de Baréges, partout où Cupidons'ctait mis au régime et buvait de l’eau. »
Il revint à Paris, résolu à faire pénitence. « Eneffet, ajoute l'historien du 41™' fauteuil de l’Acadé-mie, il concourut une seconde fois pour un prixacadémique ; mais, moins heureux qu’à la première,il n’obtint pas même une mention. Son discoursen vers, intitulé l’Homme de lettres, fut battu parlePoê’tedelallarpe.
Qui connaît le Poete de la Harpe aujourd’hui ?L’Homme de lettres de Chamfort n’est certes pasplus ignoré ! l.a gloire académique est-elle donc, elleaussi, une vanité?
Mademoiselle de l’Espinasse écrivait, après le re-tour de Chamfort (octobre 1775) : « M. de Chamfortest arrivé; je l’ai vu, et nous lirons ces jours-ci sonÉloge de la Fontaine. 11 revient des eaux en bonnesanté; beaucoup plus riche de gloire et de richesse,et en fonds de quatre amies qui l’aiment, chacuned’elles, comme quatre : ce sont mesdames de Gram-mont, de ltancé, d’Amblimont, et la comtesse deChoiseul. Cet assortiment est presque aussi bigarréque l’habit d’Arlequin ; mais cela n’en est que pluspiquant, plus agréable et plus charmant. Aussi, jevous réponds que M. de Chamfort est un jeunehomme bien content, et il fait bien de son mieuxpour être modeste. »
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