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Maximes, pensées, anecdotes, caractères & dialogues : ; précédé de l'histoire de Chamfort par P. J. Stahl; suivi de fragments complètement inédits / Sebastien Roch Chamfort
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XXI
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PRÉFACE.

XXI

core M. A. Iioussaye.un hôpital littéraire, y logeaChamfort pendant quelques saisons. Il y serait restéplus longtemps, sans l’amitié de Chabanon. Chaba-non avait une pension de douze cents livres sur leMercure. II aimait beaucoup Chamfort; il le forçaà accepter ses douze cents livres. I.a république déslettres peut écrire aussi ce mot : fraternité, sur plusd’un de ses monuments. » Chamfort voulait refuser;mais le sensible Chabanon s’offensa du refus. Sonamitié n'entendait pas être méconnue. I.cs deuxamis furent tout près de se battre. Heureusement,on s’embrassa.

C’est vraisemblablement de cette période de la viede Chamfort que datent les pensées qui nous sontrestées de lui sur l’amour, sur les femmes et surl'amitié, ainsi que tout ce qui, dans ses caractères,dans ses maximes et dans ses anecdotes, lui a étéinspiré par la connaissance approfondie qu’il avaitde la société de son temps.

M. Sainte-Beuve trouve que Chamfort est un jugetrop sévère, un juge cruel de cette société. Si lespensées de Chamfort avaient perdu de leur justesse,nous serions heureux d’ètre de l’avis de M. Sainte-Beuve.—Malheureusement, il semble qu’au lieu deperdre, elles aient gagné en vérité, à vieillir. — Laplupart ont l'air d’avoir été écrites hier pour laleçon d’aujourd'hui. Hélas! la nature humaine nechange pas si vite.

D'ailleurs, voulez-vous savoir comment M. Sainte-Beuve qualitic le monde dont il semble ne prendrela défense que pour chercher noise à Chamfort? 11est pour lui plus dur que Chamfort lui-meme : « I.aplupart des maximes de Chamfort, relatives à lasociété, ne s’appliquent, dit-il, qu'au très-grandmonde dans lequel il vivait, à la société des