xxir
PRÉFACE.
grands . Elles deviennent fausses dès que l’on con-sidère un monde moins factice, plus voisin de lafamille et où lès sentiments naturels ne sont pasabolis. »
Nous ne demanderions pas mieux que de faire,avec M. Sainte-Beuve, une réserve en faveur de cequi n'était pas la société des grands à l’époque deChamfort; mais son objection n’en porterait pasmoins à faux en ce qui concerne celui-ci : 1° parceque Chamfort n’avait pas d’autre intention,, sansdoute,- que celle de peindre cette société des grands(que M. Sainte-Beuve n’arrange pas mieux que lui)et qu'on ne peut pas reprocher à un homme d’avoirfait exactement ce qu’il a voulu faire, s'il ne l'a pasmal fait; 2° parce que, au temps oùChamfortécrivait,c’est-à-dire avant la Révolution, il eût été difficilede chercher à peindre une société des petits, quin’était pas encore constituée, puisque la société desgrands avait la prétention, trop bien fondée, dereprésenter toute la société française; 5° parce quela société qu’il était utile de peindre et d'avertir deson danger, c’était cette société des grands qui mar-chait à rabime(le mot était vrai alors) en entraînanttoute la France, avec elle; 4° enfin,parce que, quandune vérité est vraie, elle est vraie pour toutes lesclasses de la société, et qu'il y a profit à faire dansles maximes de Chamfort pour tout le monde, pourM. Sainte-Beuve et pour nous, comme pour les plusgrands de la terre.
Chamfort a parlé des femmes, de l’amour et dumariage à la façon de Molière, de la Bruyère, et dansle même sentiment.
M. Sainte-Beuve, faisant allusion aux sarcasmesde Chamfort contre le mariage, dit : « Il n’avait vule mariage que dans le grand monde d’alors, où il