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Maximes, pensées, anecdotes, caractères & dialogues : ; précédé de l'histoire de Chamfort par P. J. Stahl; suivi de fragments complètement inédits / Sebastien Roch Chamfort
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PRÉFACE.

grands . Elles deviennent fausses dès que lon con-sidère un monde moins factice, plus voisin de lafamille et lès sentiments naturels ne sont pasabolis. »

Nous ne demanderions pas mieux que de faire,avec M. Sainte-Beuve, une réserve en faveur de cequi n'était pas la société des grands à lépoque deChamfort; mais son objection nen porterait pasmoins à faux en ce qui concerne celui-ci : 1° parceque Chamfort navait pas dautre intention,, sansdoute,- que celle de peindre cette société des grands(que M. Sainte-Beuve narrange pas mieux que lui)et qu'on ne peut pas reprocher à un homme davoirfait exactement ce quil a voulu faire, s'il ne l'a pasmal fait; 2° parce que, au temps oùChamfortécrivait,cest-à-dire avant la Révolution, il eût été difficilede chercher à peindre une société des petits, quinétait pas encore constituée, puisque la société desgrands avait la prétention, trop bien fondée, dereprésenter toute la société française; 5° parce quela société quil était utile de peindre et d'avertir deson danger, cétait cette société des grands qui mar-chait à rabime(le mot était vrai alors) en entraînanttoute la France, avec elle; 4° enfin,parce que, quandune vérité est vraie, elle est vraie pour toutes lesclasses de la société, et qu'il y a profit à faire dansles maximes de Chamfort pour tout le monde, pourM. Sainte-Beuve et pour nous, comme pour les plusgrands de la terre.

Chamfort a parlé des femmes, de lamour et dumariage à la façon de Molière, de la Bruyère, et dansle même sentiment.

M. Sainte-Beuve, faisant allusion aux sarcasmesde Chamfort contre le mariage, dit : « Il navait vule mariage que dans le grand monde dalors, il