PRÉFACE.
XXXV
une véritable tendresse, ditChamfort,etabeaucoupcontribué à soulager une partie de mes peines ; ilm'a forcé à accepter un logement chez lui et a sume le rendre aimable. »
La correspondance de Chamfort avec M. de Vau-dreuil, montre qu’il n’était point en reste avec lui.La plus entière liberté y règne d’un bout à l’autre.La discussion des abus du temps y tient une placeimportante. Rien de banal, rien de stérile dans ceséchanges d’idées entre deux esprits également sin-cères qui font de mutuels efforts pour se convaincreet se rencontrer. C’est dans une de ses lettres àM. de Vaudreuil que Chamfort raconte ce qui suit :
« J’ai nié hardimentun mot attribué àM. le comted’Artois. Ce mouvement, machinal chez moi, a étél’effet de ma reconnaissance pour les marques debonté que vous m’avez attirées de sa part. On sup-pose que le prince a dit à un notable dontl’avisétaitfavorable au peuple : Est-ce que vous voilieznous enroturer? Je ne crois point à ce mot; mais,s’il a été dit, le notable pouvait répondre : « Non,» monseigneur; mais je veux anoblir les Français, en» leur donnant une patrie. On ne peut anoblir les» Bourbons, mais on peut encore les illustrer en leur» donnantpoursujetsdes citoyens; et c’est ce qui leur» a toujours manqué. » C’est bien M. le comle d’Artoisqui y est le plus intéressé, c’est bien lui qui peutdire,àlavue desesenfants: Posleri, posteri, veslraresaqilur. C’est de cette époque que tout en dépen-dra (15 décembre 1788). »