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Maximes, pensées, anecdotes, caractères & dialogues : ; précédé de l'histoire de Chamfort par P. J. Stahl; suivi de fragments complètement inédits / Sebastien Roch Chamfort
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XLII
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XLII

PRÉFACE.

« ce n'est pas, dit Mirabeau, au milieu des dan-gers quon peut suivre une route déterminée. Oh !si je vous avais connu, il y a dix ans, combien deprécipices et de ravins j'aurais évités ! Il n'est pointde jour, et surtout il nest point de circonstance unpeu sérieuse je ne me surprenne à dire : ,<Cham-» fort froncerait le sourcil, ne faisons pas, néeri-» vons pas cela; »ou bien :«Chamfort sera content,

» car chamfort est de la trempe de mon àmeet de» mon esprit. »

Le discours que Mirabeau devait lire à la tribunesur les académies était de Chamfort. Ce discoursconcluait à leur anéantissement. 11 fit jeter leshauts cris aux académiciens de son temps, quedis-je! aux académiciens de tous les temps. M. Tissotle déplore dans la notice qu'il a donnée sur Chani-fort au Dictionnaire de la conversation; M. deJouy, dans celle qu'il a publiée dans la Galerie his- >

torique des contemporains, et, enfin, M. Sainte-Beuve, dans celte qui ligure dans ses Causeries lit- s

téraires et à laquelle nous donnons toute l'attentionqu'elle mérite.

Il nous a paru curieux de savoir si ces griefs deChamfort contre lAcadémie étaient de ceux quonpeut apprécier encore à notre époque. Qu'on enjuge ; « A voir la composition de lAcadémie fran-çaise, dit-il, on croirait qu'elle a pris pour devise cevers de Lucrèce :

CiTlarc ingenio, contcndcrc nubilitute. »

Nous comprenons la colère des académiciens, lereproche de Chamfort na pas vieilli.

M. Sainte-Beuve, trop modeste pour Chamfort, dit« qu'il nose rappeler les éloges de Mirabeau, il les g

craindrait exagérés. »Nous craignons si peu de