MAXIMES ET PENSÉES.
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naître, aussi bien que le pauvre, la nature, lecœur humain et la société. C’est que, dans le mo-ment où l'autre plaçait une jouissance, le secondse consolait par une réflexion.
A mesure que la philosophie fait des pro-grès, la sottise redouble ses ellorls pour établirl'empire des préjugés. Voyez la faveur que legouvernement donne aux idées de gentilhomme-rie. Cela est venu au point qu’il n’y a plus quedeux états pour les femmes : femmes de qualité,ou filles; le reste n’est rien. Nulle vertu n’élèveune femme au-dessus de son état; elle n’en sortque par le vice.
Les gens qui élèvent les princes et quiprétendent leur donner une bonne éducation,après s’être soumis à leurs formalités et à leursavilissantes étiquettes, ressemblent à des maîtresd’arithmétique qui voudraient former de grandscalculateurs, après avoir accordé à leurs élèvesque trois et trois font huit.
N’est-ce pas une merveille que la sociétésubsiste avec la convention tacite d’exclure dupartage de ses droits les dix-neuf vingtièmes dela société?
,*» Le monde et la société ressemblent à unebibliothèque où, au premier coup d’œil, tout pa-raît en règle, parce que les livres y sont placéssuivant le format et la grandeur des volumes;
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