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Maximes, pensées, anecdotes, caractères & dialogues : ; précédé de l'histoire de Chamfort par P. J. Stahl; suivi de fragments complètement inédits / Sebastien Roch Chamfort
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ESPRIT DE CUAMFORT.

On marie les femmes avant quelles soientrien et quelles puissent rien être. Un mari nestquune espèce de manœuvre qui tracasse le corpsde sa femme, ébauche son esprit et dégrossitson âme.

Le mariage, (el qu'il se pratique chez lesgrands, est une indécence convenue.

Nous avons vu des hommes réputés hon-nêtes, des sociétés considérables, applaudir au

bonheur de mademoiselle., jeune personne

belle, spirituelle, vertueuse, qui obtenait lavan-tage de devenir lépouse de M., vieillard mal-

sain, repoussant, malhonnête, imbécile, maisriche. Si quelque chose caractérise un siècle in-fâme, cest un pareil sujet de triomphe, cest leridicule dune telle joie, cest ce renversementde toutes les idées morales et naturelles.

Létat de mari a cela de fâcheux, que lemari qui a le plus desprit peut être de trop par-tout, même chez lui, ennuyeux sans ouvrir labouche, et ridicule en disant la chose la plussimple. Être aimé de sa femme sauve une partie

de ces travers. De vient que M.disait à sa

femme : « Ma chère amie, aidez-moi à nètre pasridicule. »

»*, Le divorce est si naturel que, dans plusieursmaisons, il couche toutes les nuits entre deuxépoux,