MAXIMES ET PENSÉES.
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Avez-vous jamais connu une femme qui,voyant un de ses amis assidu auprès d’une autrefemme, ait supposé que cette autre femme luifût cruelle? On voit par là l’opinion qu’elles ontles unes des autres. Tirez vos conclusions.
»*, Quelque mal qu’un homme puisse penserdes femmes, il n’y a pas de femme qui n’enpense encore plus mal que lui.
J’ai vu, dans le monde, quelques hommeset quelques femmes qui ne demandent pasl’échange du sentiment contre le sentiment, maisdu procédé contre le procédé, et qui abandon-neraient ce dernier marché, s’il pouvait conduireà l’autre.
YII
DES SAVANTS ET DES GENS DE LETTRES.
Il y a une certaine énergie ardente, mère oucompagne nécessaire de telle espèce de talents,laquelle, pourl’ordinaire, condamne ceux qui lespossèdent au malheur, non pas d’ètre sans mo-rale, de n'avoir pas de très-beaux mouvements,mais de se livrer fréquemment à des écarts quisupposeraient l’absence de toute morale. C’estune âpreté dévorante dont ils ne sont pas maîtreset qui les rend très-odieux. On s’afflige, en son-geant que Pope et Swift en Angleterre, Voltaire