MAXIMES ET PENSÉES.
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cupant que des connaisseurs, feraient à l’égardde leurs ouvrages ce que le fameux mathémati-cien Yiete faisait à l’égard des siens, dans untemps où l’étude des mathématiques était moinsrépandue qu’aujourd’hui. Il n’en tirait qu’unpetit nombre d’exemplaires qu’il faisait distribuerà ceux qui pouvaient l’entendre et jouir de sonlivre ou s’en aider. Quant aux autres-, il n’y pen-sait pas. Mais Viete était riche, et la plupart despoêles sont pauvres. Puis un géomètre a peut-être moins de vanité qu’un poète, ou, s'il en aautant, il doit la calculer mieux.
Il y a des hommes chez qui l 'esprit (cetinstrument applicable à tout) n’est qu’un talentpar lequel ils semblent dominés, qu’ils ne gou-vernent pas, et qui n'est point aux'ordres deleur raison.
,Te dirais volontiers des métaphysiciens ceque Scaliger disait des Basques : « On dit qu’ilss’entendent ; mais je n’en crois rien. »
L’homme qui se rend aimable pour unesociété, parce qu’il s’y plaît, est le seul qui jouele rôle d’un honnête homme.
,*» Quelqu’un a dit que de prendre sur les an-ciens, c’était pirater au delà de la ligne; maisque de piller les modernes, c’était filouter aucoin des rues.
,*, Les vers ajoutent de l’esprit à la pensée de