uo
ESPRIT DE CH.4MFORT.
fait gagner votre procès pendant six mois, pourun jour où elle vous le fait perdre.
Madame Dubarry, étant à Lucienncs, eut lafantaisie de voir le Val, maison de M. de Beau-veau. Elle fit demander à celui-ci si cela ne dé-plairait pas à madame de Beauveau. Madame deBeauveau crut plaisant de s’y trouver et d’enfaire les honneurs. On parla de ce qui s'étaitpassé sous Louis XV. Madame Dubarry se plai-gnit de différentes choses qui semblaient fairevoir qu’on haïssait sa personne. « Point du tout,dit madame de Beauveau, nous n’en voulionsqu’à votre place.» Après cet aveu naïf, on demandaà madame Dubarry si Louis XV ne disait pasbeaucoup de mal d’elle (madame de Beauveau)et de madame de Grammont. « Oh ! beaucoup.— Eh bien, quel mal, de moi, par exemple? —De vous, madame, que vous étiez hautaine, in-trigante ; que vous meniez votre mari parle nez. »M. de Beauveau était présent : on se hâta dechanger de conversation.
»*. M. de Maurepas et M. de Saint-Florentin,tous deux ministres dans le temps de madamede Pompadour, firent un jour, par plaisanterie,la répétition du compliment de renvoi qu’ils pré-voyaient que l’un ferait un jour à l’autre. Quinzejours après celle facétie, M. de Maurepas entreun jour chez M. de Saint-Florentin, prend un