CARACTÈRES ET ANHCDOTES. 141
air triste et grave, cl vient lui demander sa dé-mission. M. de Saint-Florentin paraissait en êtrela dupe, lorsqu’il fut rassuré par un éclat de rirede M. de Maurepas. Trois semaines après, arrivale tour de celui-ci, mais sérieusement. SI. deSaint-Florentin entre chez lui, et, se rappelantle commencement de la harangue de M. de Mau-repas, le jour de sa facétie, il répéta ses propresmots. M. de Maurepas crut d’abord que c’étaitune plaisanterie ; mais, voyant que l’autre par-lait tout de bon : « Allons, dit-il, je vois bien quevous ne me persifliez pas; vous êtes un honnêtehomme ; je vais vous donner ma démission. »L'abbé Maury, tâchant de faire conter àl’abbé de Beaumont, vieux et paralytique, lesdétails de sa jeunesse et de sa vie : « L’abbé, luidit celui-ci, vous me prenez mesure! «indiquantqu’il cherchait des matériaux pour son éloge àl’Académie.
D'Alembert se trouva chez Voltaire avecun célèbre professeur de droit à Genève. Celui-ci, admirant l’universalité de Voltaire, dit àd’Alembert: «Il n’y a qu’en droit public que je letrouveun peu faible.—Et moi,ditd’Alembcrt, jene le trouve un peu faible qu’en géométrie. »Madame de Maurepas avait de l’amitié pourle comte Lowendal(fils du maréchal), et celui-ci,à son retour de Saint-Domingue, bien fatigué du
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