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ESPRIT I)E CHAMF0RT.
voyage, descendit chez elle. « Ah ! vous voilà,cher comte! dit-elle. Vous arrivez hienàpropos:il nous manque un danseur, et vous nous êtesnécessaire. » Celui-ci n’eut que le temps de faireune courte toilette et dansa.
M. de Calonne, au moment où il fut ren-voyé, apprit qu’on offrait sa place à M. de Four-queux, mais que celui-ci balançait à l’accepter.«Jevoudrais qu’illa prit,ditl’ex-ministre : il étaitami de M. Turgot, il entrerait dans mes plans.— Cela est vrai, » dit Dupont, lequel était fort amide M. de Fourqueux ; et il s’offrit pour aller l’en-gager à accepter la place. M. de Calonne l’y en-voie. Dupont revient une heure après, criant :«Victoire! victoireI nous le tenons, il accepte.»M. de Calonne pensa crever de rire.
Le vicomte de Saint-Priest, intendant deLanguedoc pendant quelque temps, voulut seretirer, et demanda à H. de Calonne une pensionde dix mille livres. «Que voulez-vous faire de dixmille livres? » dit celui-ci; et il fit porter la pen-sion à vingt mille. Elle est du petit nombre decelles qui ont été respectées, à l’époque du re-tranchement des pensions par l’archevêque deToulouse, qui avait fait plusieurs parties de fillesavec le vicomte de Saint-Priest.
,*„ M... disait, à propos de madame de...:«J’ai cru qu’elle me demandait un fou, et j’étais