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dans la mer par les canaux de Furnes et deNiewport ä Ostende : le bras de gauche con-serve le nom d’Aa, et se rend a la mer en tra-versant le port de Gravelines. —* La riviered’Aa, au moyen de laquelle se prolonge jus-qu’ä la mer la ligne de Navigation passant parLille, et dont le canal de Saint-Omer fait par-tie, a ete rendue navigable depuis Saint-Omerjusqu’ä la mer des Pan 1320, au moyen d’undroit de navigation qui fut etabli sur son cours;de nouveaux et d’importants ouvrages furentexecutes pendantPanneei 665. Le cours de l’Aaest d’en viron 60 k.; la longueur de la partie na-vigable est de 29,315 m., sa largeur est de 18 m.,et sa profondeur generalement de 1 m. 70 c.~L’Aa communique ä la Lys par la partie supe-rieuredu canal de Saint-Omer, et ensuite avec lescanauxdeCalaiset de Bourbourg (V. Ca^al deSaint-Omer); ayant peu de pente, deux eclusesont suffi pour etablir le niveau necessaire ä lanavigation: la premiere de ces ecluses est situee äla sortie de Saint-Omer; la deuxieme, construiteparVauban, est ä l’entree du port de Gravelines;eile est ä deux passages , l’un avec porte tour-nante de chasse, et l’aulre avec doubles portesbusquees. — La navigation de l’Aa est tres-importante, et consiste principalement en char-bon de terre, tourbe, bois de conslruction et dechauffage, pierres , grains, foins, vins et eau-de-vie. Independamment des Iransports qui sefont äl’aide de grands bateaux, il y a une mul-titude de petits bateaux qui servent ä l’appro-visionnement des marebes et au transport desgrains et des recoltes. Chaque jour il part deSaint-Omer une barque ou coclie d'eau pourDunkerque; tous les deux jours un autre co-cbe d’eau pour Calais, et deux fois la semaineun autre pour Bergues. On compte qu’il passeannueliement sur l’Aa 6,800 bateaux.

AAltOS, presqu’ite du departement A'lUe-tt-Vilaine (Bretagne), sur l’emplacement delaquelle lut bätie dans le vu e siede la ville deSt-Malo (V. St-Malo). Lat. 48° 39’ 3”, long.O. 4° 21’ 26”.

AAROS (St-), vg. Cotes-du-Nord (Breta-gne), arr. et ä 29 k. de St-Brieuc, cant. etde Lamballe. Pop. 673 h.

AAS, \g. Basses-Pyvenees (Bearn), arr. etä 36 k. d’Oloron, cant. de Laruns. Cure. C3 desEaux-Bonnes.— Terrain detransition(l). Pop.470 h. — Aas est celebre par ses sources ther-males, situees au-village des Eaux-Bonnes. Ontrouve aussi dans les environs une carriere d’ar-doise de bonne qualile, des mines de plomb sus-ceptiblesd’etreexploit£es,dumineraidefer assezabondant, et des pierres calcaires jaunätres, in-crusteesde pyriteseuivreuses d’un bei effet.

Eaux-Bonnes. Le village des Eaux-Bonnesest situe au fond d’une gorge etroite, ä 4 k.de Laruns (2). Pour y arriver, on tra verseun pont de pierre recemment construit sur leValentin, torrent dont on cötoie la rive gau-

(i) La döjigaation des terratns t rtlerie sur la carteg^ologique de la France, dreasla par MM. Dufrenoy etKlie de Beaumont.

(?) LaLoullniere, Itineraire descriptif de: ka’ite s Pfre'~nets francaiscs, 1.1, p. 166 et suW.

che par un chemin montueux, mais facile ; sesbords sont couverts d’enormes masses de pou-dingues, composes de divers cailloux lies parun ciment calcaire. On rencontre une succes-sion de belles cascades , produites, sur diverspoints du terroir que sillonne le gave , par lasaillie des roches qui ont rcsiste ä son action ;de Pautre cote de ce torrent , on remarqueplusieurs villages, enlre autres ceux d’Assousteet d’Aas, places en amphitheätre sur lepen-cliant d’une montagne, dont la base est compo-see de bancs de chaux carbonatee et de schistesfeuilletes. Parmi ces riantes perspectives estcelledu chateau de Livron; pres du moulinqui en de-pend est une Cascade qui depose, ä la surface desrochers sur lesqueis eile jaillit, des incrustalionsformees par les parties calcaires que les gouttesvaporeuses de l’eau liennent en dissolution.

Apres ces roches recouvertes d’incrustations,la gorge est rclrecie par des mamelons plantcsde bois et par d’immenses atterrissements.M. de Castellane, ancien prefet des Basses-Py-renees, a fait pratiquer une chaussee et jeterun pont sur un pelit ravin qui descend dumidi, dans la röche ; et cette belle Chaussee ouavemie, ombragee par des arbres majestueux ,conduit au village des Eaux-Bonnes, qui ne sedecouvre que lorsqu’on est pres d’y entrer.

Pres des sources est la riviere de la Sonde,qui, ä quelque distance de lä, va se jeter dansle gave ou torrent voisin. Ce pays est tout afait la patrie de Henri IV, qui visita souvent lesEaux- Bonnes dans sa jeunesse; c’est aussi le ber-ceau des Bordeu; et leplus celcbre des medecinsde ce nom, Theophile, est un de ceux qui ontle plus preconise l’usage des Eaux-Bonnes.

Le village n’est compose que d’une quinzainede maisons, dont quelques-unes, nouvellementconslruites, sont grandes et assez bien baties.Elles sont adossees de tous coles au roc , qu’il afallu faire sauter avec la mine pour se procurerl’espace necessaire ä la construction de Fho-pital, destine aux militaires qui viennenl pren-dre les eaux. M. le docteur Boin, qui a visiteces thermes il y a peu d’annees, comme inspec-teur des eaux minerales, en faitla descriplionsuivante : « A quelques pas en arriere d’unpetit nombre de maisons rangees autour de laseule rue qui forme le village s’elevent ä picd’enormes rochers depouilles; leurs sommets,caches dans les nues, forment l’horizon de l’estä Pouest, et paraissent etre les barriercs dumonde; tandis que Petablissement thermal, ap-plique contre la butte du Tresor, dominee parle Gabison, semble place la comme le termeoblige du voyage. Ce plateau, si resserre soustous les aspects, s’ouvre au nord, et s’abaissepour se confondre avec une belle et riebevallee qui recoit son nom des Eaux-Bonnes.De ce cote le paysage est delicieux. De vieuxebenes, de beaux ormes, des allees d’acacias,des plantations variees et disposees avec godt,offrent aux malades de nombreuses promena-des et des lieux de repos ravissants. »

On respire dans Petroit vallon des Eaux-Bonnes un air tempere trcs-convenable auxsantes delicateset altcrees. Les promenades en

labyrintbe, les belles avenues qui embellissentce sejour, datent de Padministration de M. deCastellane; dies ajoutent aux heautes natu-relles du voisinage, parmi lesquelles doit £trecitee l’une des plus jolies cascades desPyrenees.Elle estformee par un petit torrent, qui, ä peude distance du village, se precipite dunrocherescarpe dans un gouffre d’oü Pair, foule par lachute d’eau, fait rejaillir ä quinze ou vingtpieds de baut une magnifique gerbe d’ecume.L’eau, suivant ensuite un plan legerement in-cline, vacalmer sa fureur dans un pelit bassiuen forme de lac, pour reprendre encore de lavitesse juscpi’ä un nouveau point de repos, d’oueile s’ecoule comme un simple ruisseau. Riende plus frais que les ombrages qu’on rencontreau-dessus de cette cascade, ou la chute dutorrent entrelient un courant d’air pcrpetuel,et qui pourrait elre dangereux, si on s’y arre-lait trop, ou si l’on ne retablissait par l’exercicela transpiration supprimee par une atmosphereglaciale. On peut s’y asseoir sur des rochesplates en forme de sieges, au pied de superbesh&tres qui interceptent tout ä fait les rayons dusoleil au plus baut de son cours.

Pour s’enfoncer dans la gorge et atteindre leshauteurs, on sort de Bonnes par une avenued’acacias d’un admirable effet, au milieu desbuis et des hötres seculaires qui ornent lespenles voisines, et s’clevent de la base au som-met des monls. En remontant aux sources duValentin, on traverse des solitudes couvertcsde bois d’une verdure et d’une fraicheur ad-mirable, et qui n’offrent que quelques grangespour toute tracc humaine. On arrive, par dessentiers plus ou moins escarpes et difficiles,jusqu’aux sommiles qui separent la vallee desEaux-Bonnes de la vallee d’Azun. Le col deTortes, qui communique de l’une ä l’autre, estassez accessible de ce cote, quoique les appro-cbes et les entours aient un aspect repoussantpar la nudite des immenses rocs qui formentsabase ; on esl frappc de l’air de destruclion despics qui le dominent comme d’immenses obe-lisques deebires par le temps, et qui menacentle voyageur de la chute de leurs assises en par-tie detachces. Il faut trois heures de marchepour atteindre ce passage peu frequente, d’oul’on parvient, par le revers de la montagne,dans le vallon d’Argeies.

Les habitues de Bonnes, qui boivent beau-coup d’eau, sont obliges parcela m^me, lorsqueleurs forces le permettent, de faire quelquespclcrinages dans les montagnes. Tantot on sedirige vers Laruns, d’autres fois on va auxEaux-Chaudes; quelquesbaigneurs, plus fortsou plus temeraircs, dirigent leur course versBareges, qui est a 16 kilometrcs de lä, et c’estun voyage qu’on n’a pas coutume de regretter.Ces courses, ces promenades dans les monta-gnes , sont fort utiles aux malades; outre ladistraction qu’elles leurprocurent, eiles facili-tent la digestion des eaux, et servent ainsi depreservatif contre les ballonnements de Pesto-mac et l’assoupissement auquel les buveursd’eaux minerales sont quelquefois exposes.

« Aux Eaux-Bonnes, dit un auteur mo-