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tlerne (1), loul se ressent de la nouveaute de lacreation. Les maisons sont propres, elegantes ;les promenades ä l’entour bien tracees. Uned’elles serpente sur les flancs du monlicule es-carpe au pied duquel est l’etablissement ther-mal; c’est ce monticule qui a ete nomme labutte du Tresor. Du point de repos au sommetla vue est delicieuse : le regard, dans la direc-tion du torrent, qui semble lütter avec lui devitesse, jouit du spectacle de la plaine agricolede la vallee d’Ossau, et se repose sur les hautesmasses qui la separent de la vallee d’Aspe; versTest, on decouvre les deux gorges sauvages quimenent dans Azun et au pic calcaire de Ger,qui termine d’une maniere grandiose un vallond’abord riant, et dans lesquelles semble repanduun mystere qui excite le hardi voyageur. LeValentin, qui s’enfonce brusquement dans lesentrailles des nionts, offre une multilude decascades remarquables.—Mais si dans ces lieuxtous les aspects sont beaux, la nature humaines’y montre sous les tristes aspects de la deca-dence et de la douleur. Les etablissementsthermaux dans les sites riants, comme les Eaux-Bonnes, St-Sauveur, Cauteretz, font plus pe-niblement sentir cette discordance entre lesmalades et le paysage, qui ne semble demanderque des heureux aux couleurs rosces, au gaisourire. Peut-etre lagaiete du site se commu-niquait-elle ä ce jeune homme päle et amaigri,qui eausait dans la rue avec deux dames placeesä la croisee d’un premier etage : tous les troisparaissaient atteints de pulmonie, pour la-<iuelle les Eaux-Bonnes sont specialeinent re-commandees. L’une de ces dames toussaitpresque convulsivement ä chaque phrase, maisne paraissait qu’impatiente de recommencersaKonversation; son rire et le discours leger etfrivole echappe de ses levres fletries etonnaientpeniblement robservateur; le jeune liomme,cffile, ä la voix caverneuse, etait evidemmentle plus malade et le plus facetieux. A une ques-*ion sur sa sante, faite du ton de la plaisanterie,il repondil qu’il allait au mieux, et que par laforce de sa Constitution il avait fait monier, lematin, le thermometre de trois degres dans lebain. Du meine ton il parla du wauxhall pro-c bain, des plaisirs qu’il s’y promettait, et lePremier mouvement en l’entendant etait d’allere soutenir, tant il paraissait chancelant. Il estainsi, dans les positions desesperees, une insou-ciance, effet de I’epuisement de l’äme, qui,apres s tre saturee d’angoisses, se lasse de lessemir, ou ie le mal, ] e menaqant avenir, etrevient, pour se distraire, aux idees de la gaicte.Dans les ämes faibles, cette insouciance est uneIllusion qu’elles atment entretenir; dans les ämesfortes, eile nalt du courage qui d on ne commeune ivresse dans le danger, une sorte de fievremorale, qui, comme toutes les fievres, est lareaction de la vie contre les causes qui la me -nacent: alors l’extreme energie produit cettehilarite, ces saillies qui, parle contraste avec laPosition, ont l’apparence de la folie, et plon-gent le spectateur dans une profomle stupeur.
(i) Arbanere, Tableau des Pyrenees francalses.
Ainsi on a vu cette gaietc de desespoir sur lescotes du naufrage, dans l’ombre des cacbots,pres du tranchant de l’echafaud, et s’exlialerenßn du lit de l’agonie. »
Les sources minerales sourdent au pied de lamontagne calcaire, au confluentdesruisseaux dela Sonde et du Valentin. Elles sont au nombrede trois. La premiere, appeiee laVieille, sortd’une grotte qui semble formee par la nature.L’eau est renfermee dans un bassin qui fouruit,par un canal pratique pour cet usage, non-seulement trois bains, mais encore ä la boissonpar le moyen d’un robinet. La seconde source,nommee la Neuve, est situee un peu amdessousde la precedente, le long du ruisseau de laSonde. La troisieme, appeiee source d’Ortechy,est ä cent pas environ des aulres. Ces troissources alimentent seize baignoires en marbre.
La dccouverte des eaux minerales de Bonnesest tres-ancienne. Ces eauxacquirent unegrandecelebrite par les bons effets qu’elles produisi-rent sur les soldats bcarnais blesses ala Dataillede Pavie, et qui y avaient ete conduits par Jeand’Albret, grand-pere de Henri IV. Depuis cetteepoque, eiles etaient presque ignorees, lorsquele celebre docteur Antoine Bordeu et son il-lustre fils Theophile les mirent fen vogue ; lesecond les assimilait, pour leurs qnalites dou-ces, onctueuses, balsamiques, ä celles de Bare-ges, apres lesquelles il placait, sous ces troisrapports, les eaux de Cauteretz et de Luchon ;reservant la troisieme place ä celles de Bagne-res-de-Bigorre, comme les plus seches, les plusdures. Ce grand medecin a contribue beaucoupä la celebrite des eaux minerales des Pyr6nees.
Saison des eaux. On prend les eaux de Bon-nes depuis le mois de mai jusqu’ä celui d’oeto-bre. L etablissement est annuellement frequentepar cinq a six cents personnes des deux sexes.Les quatorze ou quinze maisons des Eaux-Bonnes renferment environ deux cent trentechambres tant de maitres que de domestiques.
Analyse des eaux. M. le docteur Poumier,dans l’analyse qu’il a faite de l’eau de la sourcedite la Vieille, a trouve que vingt litres de cetteeau contenaient, outrele gazhydrogenesulfure,
Gros. Grains.
Muriate de magnesie. . •
19 1/2
Muriate de soude. . . .
. . 0
27
Sulfate de magnesie. . .
6
Sulfate de chaux. . . .
. . 1
57
Carbonate de chaux. . .
. . 0
41 1/2
Soufre.
4
Silice.
4 1/2
Perte.
5
4 20
Proerietes phtsiques. Les eaux ä la sortiede la source sont en general clairesetlimpides;dies charrient pourtant des matieres flocon-neuses d’une couleur blanchatre, qui se depo—sent par le repos. Elles petillent dans le vasequi les recoit et forment de petites bulles, qui,apres bien des mouvements, viennent crever äleur surface. Ces eaux sont grosses, douces etonctueuses au toucher, d’une saveur d’abordaigrelette, puis fade au goüt; eiles ont uneodeur d’ceufs cuits durs, bien moins desagrea-
ble que celle des ceufs couvis. Ce sont les eauxles plus douces des Pyrenees panni les eauxsulfureuses. La temperature de la Yieille sourceest de 26 degres du thermometre de Reaumur;celle de la source Neuve est de 24 degres.
Pkofkietes medicihai.es. Les eaux de Bon-nes s’emploient avec succes dans les affectionschroniques des visceres abdominaux, les lievresintermittentes rebelles, les maladies de la peau,l’hysterie, l’hypocondrie. Elles sont specifiquesdans les affections catarrhales vulgairementconnues sous le nom de rbumes et dans laplupart des maladies chroniques de la poitrine.Theopbile Bordeu, riche de son experience etde celle de son pere, regarde les eaux de Bon-nes comme un des meUleurs vulneraires donton puisse user dans les vieilles plaies; il rap-porte des cas oü eiles ont combaltu efficacementdes ulcerations fistuleuses au rectum, enlesdonnant en injections. Ces eaux sont en grandereputation pour les pbthisiques des deux sexes,qui y affluent de toutes parts. On y voit unefoule de jeunes personnes qui s’y rendent pourarreter les progres du marasme : eiles se vivi-fient en quclque sorte dans ces eaux, et semblentse relever de leur etat de langueur.
En general, les Eaux-Bonnes conviennent ätous les malades trop faibles, trop delicatsoutrop susceptibles pour tenter des autres eauxthermales des Pyrenees. Mais il ne faut pastrop ajourner le voyage quand on sc sent ma-lade des poumons, lorsqu’on est menace dedevenir poitrinaire. Pour peu qu’on eprouve depetites douleurs dans la poitrine, qu’on soit unpeu haletani, un peu maigre, particulierementsi l’on est souvent enrhume, si de legers rhu-mes durent longtemps, si quelquefois on a re-jete un peu de sang, si la voix est faible, si latoux est frequente, si la gorge est souvent dou-loureuse, si la glotte est sujette ä s’irriter, sil’on rend le matin des petits flocons grisätresou de petites boules jaunätres ressemblant ädela pomme de terre cuite, si l’on voit parmil’expectoration comme des grains de riz creve,vite alors il faut coui ir aux Eaux-Bonnes parun beau temps et en doux equipage; il n’existepeut-etre pas d’eau thermale, et ä coup sdraucun remede, qui soit plus efficace que Bon-nes dans les cas que nous venons de specifier.
Ces eaux sont egalement propices, commecelles de Cauteretz, ä la guerison des chevaux,ä qui on les donne surtout pour les traiter dela pousse, ä laquelle sont sujets particulierementles etalons (trop nourris sans travail). On enenvoie regulierement plusieurs, chaque annee,du haras de Pau.
Mode d’admihistration. Les eaux de Bon-nes se prennent principalement en boisson. Onles administre aussi en injections, en doucheset en bains; mais l’eau de la source de la Yieilleest si peu abondanle, qu’on peut ä peine em-plir six ou sept baignoires. On boit les eaux deBonnes, soit le matin ä jeun, soit avant ou apresle repas, et mäme en boisson ordinaire dansquelques circonstances: la dose est depuis troisverres jusqu’ä quinze, et mt'me plus, si l’on estbien dispose.