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Al'DE (departement de 1’).
Al'DE (departement de I’).
L’automne est generalement d’une grandebeaute dans le departement de l’Aude ; il ar-rivememe soiivent que cet etat de l'atmospherese prolonge jusqu’a la fin de janvier; mais, enrevanche, la ün de l’hiver y est rigoureuse. Ilarrive meme souvent que le printemps est Sujeta des inlemperies et ä des gelees tardives quinuisent beaucoup ä la recolte.
Productions. Le froment, le seigle, le maisou gros millet, l’orge, l’avoine et les vesces sontles principales cultures : on y recolte aussi lapaiimelle, l’epeautre, le petil mil et le ble sar-rasin. En general le ble froment et le maisprospcrent dans les vallees ou les plaines arro-sees par les rivieres, et dans les terres fortcs etbien amendees. L’avoine et le seigle viennentpartout et principalement dans les terres cle-vees. Le mais ou le gros millet est un produiteonsiderable de l’agriculture du departementde l’Aude : on le cultive principalement dansles arrondissements de Castelnaudaryet de Car-cassonne, etsur quelques territoires des arron-dissements de Limoux et de Narbonne. — Larecolte en cereales depasse de beaucoup lesbesoins de la consommation. On exporte lesbles, principalement ä Marseille et ä Toulon,pour alimenter en grande partie les departe-ments du Var, des Bouclies-du-Rhöne, du Gardet de Vaucluse : on en transporte aussi beau-coup äBeziers,pour le departement del’Heraultet les Cevennes. Les bles cultives dans le de-partement sont generalement de la plus bellequalite. Les plus estimessont ceuxde Narbonneet du Razes ; celui de Narbonne, est re-cherche par le commerce de Marseille, ouil obtient une plus grande valeur; et celuidu Razes pour les semences. Le seigle s'exportedans les Cevennes, la Moutagne-Noire, lesCorbieres et les Pyrenecs.
Les produits de l’agriculture s’elevent an-
nuellement a environ :
Bles. 912,000 beet.
Seigle et meteil. 224,350
Mais. 248,000
Avoinc. 528,000
Orge. 52,875
Sarrasin. 8,090
Legumes secs. 19,800
Aulres menus grains. . 11,000
Pommes de terre. . . . 400,000
La cuiturede la vignealieu presquepartout.Tour la table, le vin rouge et le vin blanc deI.imoux,le vin rouge du Quatourze a Narbonne,la blanquelte de Bages, sont cites comme des vinssuperieurs; ceux de la Palme, Fitou, etc.,lors-qu’ils ont vieilli, ne peuvent itredistingues desmeilleurs vins de Roussillon. En general, les vinsde Carcassonne sont les moins estimes; ceuxdeLimoux sont gobtes comme vins de table, maisceux de Narbonne sont tres-recberches dansle commerce pour l’exportation. Les vignesproduisent annuellement environ 800,500 hcc-tol. de vin, dont un tiers est consommedans le pays; 70 a 80,000 hectol. sont con-vertis en eau-de-vie, et le surplus exportedans les däpartements voisins.
La culture des plantes legumineuses est peu
importante. — Les arbres ä fruits sont cultivespresque partout pour la consommation locale;je chätaignier et le noyer ne viennent que dansles partics montagneuscs; I’amandier vienttres-bien et est tres-productif dans les terreslegeres; l’olivier , quoique beaucoup moinsmultiplie qu’avant l’biver de 1789, est cultiveavec avantage sur plusieurs points, et notam-ment dans l’arrondissement de Narbonne. —La Montagne-Noire, le vallon de l’Orbicl, ce-lui de l’Argent-Doubie , les environs de Car-cassonne et de Narbonne abondent en richcsprairies, ou l’art des irrigations est bien cn-tendu. Les prairies naturelles sont assez multi-pliees , et la quantite de fourrages que produitle departement est plus que süffisante pour lanourriture des bestiaux. — Les forets occupentun peu moins du huitieme de l’etendue du de-partement ; les essences dominantes sont lechene, le betre, le frene et les arbres verts. —On n’eleve dans le departement que des cbe-vanx de petite taille, qu’on cmploie ordinai-rement ä fouler les gerbes au temps de lamoisson. Les an es sont nombreux, surtout dansles connnuues voisines de la mer ou dans cellesde la montagne. Les beeilfs et les vaches sontemployes au labourage; il s’en fait peu d’blc-ves dans le departement, qui les tire de ceuxdu Tarn et de l’Ariege. Les moutons iudigenes,qui pälurent ordinairement dans les plaines etles lieux marccageux, sont d’une taille assezelevee, mais leur laine est beaucoup plus gras-siere que celle de ceux des montagnes croisesavec les merinos. — Le departement eleve uneprodigieuse quantite de volaille ; l’arroudisse-ment de Castelnaudary en fournit un grandnombre, non-seulcment pour la consommationlocale, mais eneore pour l’exporlation dansl’Hcrault, les Pyrenees-Orieutales et jusqu’enEspagne. L’oie est specialement l’objet d’unespeculation avantageuse et une ressource pourles menages, ou l’on sale sa ebair, et oii sagraisse sert a l’apprct journalier des aliments.— Les Garrigues , la Clape et les Corbieresnourrissent une mullitude prodigieuse d’abeil-les , qui fournissent une quantite eonsiderablede miel; celui recolte dans les environs deNarbonne jouit d’unc reputation justement me-ritee. — Les vers a soie sont l’objet de soinsparticuliers dans quelques communes; maiscette industrie , autrefois si productive dans ledepartement de l’Aude , est aujourd’lmi pres-que nulle. — Les bords de la mer et les etangsfournissent une assez grande quantite de bonpoisson de tonte espece.
Mineralogie. Les substances mineralessont tres-peu variees dans le departement del’Aude. Cependant quelques-unes donnern lieua des exploitations avantageuses. Au nombrede ces exploitations, il faut mettre au premicrrang les mines de lignites de Cabezac et de Bize,les mines de houille des Corbieres , les argilesplastiques, les earrieres de plätre d’Ornaizons,Porteis, le Lac et Malvezy. La pierre propreä faire de la ebaux est extremement communeet de tres-bonne qualite. Il existe aussidans le departement d’excellentes pierres de
construction; malgrc cela, on y est eneoretributaire de plusieurs departements voisins.Cuxac-Cabardes offre des sebistes-ardoises; onen trouve aussi aux environ» de Villeneuve.—Les mines de fer fournissent une grande partiedu minerai qui se traite dans les forges du de-partement. Les Corbieres ont quelques minesd’antimoine, de manganese, de cuivre, deplomb et d’argent, qui dans le temps ont eieexploitees, mais dont les travaux sont entierc-ment abandonnes. II existe dans les environsde Durban , des Bains-dc-Rennes et de plu--sieurs autres endroits, des sources salees quiindiquent la presence des mines de sei gemme.— I.es calcaires de transilion et des terrains se-condaires inferieurs du departement de l’Auderenfermenl des earrieres de marbre de la plusgrande beaute, notamment ceux provenant desearrieres de Caunes.
Sources minerales ä Rennes, ä Alet, hF.scouloubrc, a Campagne, ä Ginols, il Estri-baud , etc. Sources salees, non exploitees , aDurban et ä Sougraine.
Industrie f.t commerce. Les manufacturesde draps fin», legers et moyens, forment laprincipalc branebe de l’industrie des tissus.L’industrie ne s’exerce [las avec moins de bon-heur et d’aetivile dans les fabriques de bonneisde laine, d’aeier, de limes, de räpes, de vert-de-gris ou verdet; on y exploite le jaiet pourpetits ustensiles et bijouteries. Les tanneries ,les exploitations de earrieres ä plätre, les mar-bres, les ardoises, le manganese et meme unecertaine quantite de houille, contribuent ä l’ai-sance des babitants. Les minoteries de Carcas-sonne, de Narbonne et de Castelnaudary, jouis-sent d’une grande reputation. Le departementpossede quelques papeteries , des forges peueonsiderable» ä la virile, mais tres-nombreuses.Carcassonne , Limoux , Castelnaudary ont desfabriques de draps qui occupent un grandnombre d’ouvriers. Caunes est renomme pourl’exploitalion de ses earrieres de beau marbre,pour ses fours ä plätre et k cliaux; Puy vert,pour ses ouvrages au tour, faqon de St-Claude;Narbonne ct Trebes, pour leurs luileries etleurs briqueteries; Castelnaudary, pour ses po-tcrics communes. Enfin, on trouve dans plu-sieurs communes plusieurs scierics bydrauli-qnes et de nombreux ateliers de tonnellerie.
Le departement de l’Aude tire de l’Espagnede grandes quantite» de laines pour ses fabri-ques de draps. II exporte beaucoup de vins,d’eau-de-vie, d’esprits dils 3/G, de miel, devert-dc-gris, de sei, de souile, de cuirs tannes,de fer, de draperies pour le Levant et pourrintericur de la France. On peut evaluer ä500,000 hectol. les bles qui, de Castelnaudaryet de Carcassonne, ilescendent pnr le canal duMidi, et ceux qui s’embarqnent ä la Nouvelleoii ä Agde pour Marseille, Toulon et autresports de la Provence, et quclquefois memepour Marseille : ces expeditions donnent unegrande importance au petit port de la Nou-velle, oii l’on embarque annuellement 3 ä400,000 hectol. de grains. Les farines des nom-breuses minoteries du departement donnent