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CAMBRAI.

CAMBRAI.

CAMBRAI.

appele Eudes, et refuserent de recevoir l’eve-que Gaucher, designe par l’cmpereur. ApresVavenement de Henri V, lorsque la paix entreudu tonte sa force ä l’autorite imperiale,« messire Gaucher, dit la chrouique de Cam-brai, alla vers l’empereur et fit sa complainleducomte Robert de Fiandre, comment il avoittrouble son empire, saisi Cambrai et mis de-dans l’elu Eudes, dont fut l’empereur fortementirrile. Lors il s’appreta pour venir en Fiandre,et y viiit avec trea-grande armce, et assiegeale chäteau de Douai, qui eloit tres-fort de murset de fosses, dont lut celui de Fiandre tres-epouvanle, et les soldals que le comte avoit mispour gardcr Cambrai, eurent peur, laisserentla eite et s’enfuirent. Lors entra le comte de-dans Douai, eten garnit toutes les forteresses.Au troisieme jour apres, l’empereur fit un tres-grand assaut, et le comte merveilleusementbien se defendit, si qu’il y eut plusieurs Che-valiers occis du röte de l’empereur, et ainsilaisserent fassaut. Dont eurent conseil tous lesgrands princes de l’empereur ensemble; car ilsvoyoient que rien ne prolitoit et ne prendroientle chäteau, el lui dirent qu’il re^üt ä amourle comte de Fiandre. Lors recut l’empereur lecomte de Fiandre ä homme, et furent bons amisensemble.

» Apres ce, l’empereur vint ä Cambrai tres-terriblement; mais devaut sa venue s’enfuitl’elu Eudes et grande partie du clerge et dupeuple qui se sentoit coupable. Dont s’enfui-renl plusieurs femmes avec leurs enfants dansles cglises et les tours, et les pucelles s’ef-frayoient quand eiles virent tarn de Chevaliersallemands, esclavons, lorrains, saxons. Alorsüt l’empereur crier que tous les habilants et lesbourgeois vinssent en sa presence; et ils y vin-reut tres-emus; car ils craigncieiit de perdrela vie ou leurs membres, et ne pouvoient con-tredire, ni ne l’o^oient. Lors paria l’empereurtres-duremeut ä eux, et fortement les bläma,et dit comment ils etuient si oses qu’ils avoieutfait taut de choses contre les droits de l’em-pire, conjuration, commune, nouvelles lois, etqui plus est, qu’ils avoient re^u nouvel evequededans la eite, contre Dieu et contre la seigneu-rie de l’empire. Quand ils oui'rcnt l’einpereurainsi parier, ils furent trop epouvantes et nesavoient qu’ils pussent repondre; et pour cequ’ils se sentoient coupables, ils s’humilierentdurement et prierent ä l’empereur merci. Dontse prit le hon eveque Gaueber tres-benigne-ment ä prier pour ses sujets et tomba aux piedsdu roi et disoit: « Tres*doux empereur, ue dc-» truisez pas nos bourgeois si cruellemeut el en» si grande severile, car bien les pouvez corri-» ger avec plus grande douceur. » Dont prierentaussi les princesde l'armeeavec l’eveque, et di-soient qu’il eüt pitie de taut de larmes. Quandce entendit l’empereur, se relächa un peil desa colere, et crut le conseil de l’cv&que et desprinces, et ne les punit pas ainsi qu’il se pro-posoit par rigueur de juslice. Cependant ne les ;epargna pas du tout; car il comroanda qu’ilsapportassent en sa presence la charte de lacommune qu’ils avoient faile, et eux ainsi ü-

! rent, et l’empereur lantöt la deiit et leur fitjurer devanl tous les princes que jamais autrene feroient. Ainsi fut dehnte cette commune, etleur fit l’empereur jurer feaute ä lui par foi etpar serment. »

Gelte seconde destruclion de la commune deCambrai eutlieu en l’annee 1107, et, moins devingt ans apres, la commune etait relablie. Onla citait au ioin comme un modele d’orgauisa-tion politique : « Que dirai-je de la liberle decette ville? dit un ancieo ecrivain : ni l’evequeni l’empereur ne peuvent y avoir de taxe; au-cun tnbut n’y est exige; on ue peut faire sor-lii la milice, si ce n’est pour la defense de laville, et encore ä cette condition, que les bour-geois puissent le jour meine etre de retour dansleurs maisons. » La commune etait gouverneepar un corps de magistraturc elective, dont lesmembres avaient le titre de jures et s’assera-blaieut tous ies jours dans l’hotel de ville, qu’onnommait la Maisou de jugement. Les jures, aunouihre de quatre-vingts, se partageaient l’ad-mmislraliou civile el les fonctions judiciaires.Tous etaient obligcs d’entrelenir un valet et uncheval loujours seile, afiu d’elre preis ä se ren-dre, sans aucuii retard , partout ou les appe-laient les devoirs de leurs charges. Ces devoirsn etaient pas aussi aises ä remplir que ceux desmaircs et echevins de nos villes modernes; ilne s’agissait pas, en temps ordinaire, de veillerä la police des rues, et, dans les grandes cir-constances, de regier le ceremonial d’une pro-cession ou d’une entree, mais de defendre, aforce de courage, des droits chaque jour en-vahis. Il fallait vetir la cotte de mailles, leverla banniere de la ville contre des coinles et desChevaliers, et, apres la victoire, ne poiut selaisser abattre par les sentences d’excominuni-cation dont s’annait le pouvoirepiscopa). Gräceä la constance inebranlable de ses magistratselectif>,la commune de Cambrai, abolic encoreä clcux reprises differentes, se releva et conti«nua de prosperer et de se faire craiudre. Ellesoutiul, jusqu’au milieu du xtv c siede , uneguerre ä oulrance contre les evrques et contreleur clerge, qu’elle contraignit plusieurs fois desortir en müsse de la ville et de se refugier äValenciennes.

Au temps des guerres enlre Philippe de Va-lois et le roi d’Angleterre, Cambrai, qui avaitete devolu au roi de France par un traite re-cent, fut inutilement assiege par les Anglais,qui avaieut reuni sous ses murs une armee de80,000 hommes. En rccompense de cette eou-rageuse defense, Philippe de Valois accorda äcette ville de grands privileges. Apres la mortde Charles le Hardi, duc de Bourgogne, Cam-brai fut livre aux troupes de Louis XI; maisce priuce les en retira, d’apres une conveutionde 1478« Charles-Quint s’empara de Cambraiet y bätit une des plus fortes ciladelles de l’Ku-rope, sur i’etnplacement de l’eglise collegialede St-Gery ; plus de huit cents maisous , unepartie de la ville de Crevecccur, ainsi que leschäteauxde Cuvillers, d’Escaudceuvres, de Ru-milly, de Fontaine, de St-Aubert et deCau- iroy, furent deoiolis pour fouruir les materiaux |

neressaires ä cette construclion, dont, dauscerlaines parties, les remparts s’elcvent k 70au-dessus des fosses. — La ville de Cambraifut assiegee inutilement par Henri II en 1553»Elle fut livree ä la France par B.iudoum deGrave, en 1580. Le duc de Panne 1’as.siegeasans succes l annee suivante. Balagni, evequede Valence, en ustirpa (a souverainete, qu’Ütint sous la protection de la France, et en lutchasse par les Espagnols, en 1595. Turenußtenta inutilement de s’en emparer, en 1657*Louis XIV la prit apres neuf jours de trancheßou verte, le 5 avril 1677 ; douze jours apres lacitudelle capitula. Elle est rcstce ä la Francepar Particle 11 du traite de Nimegue de 1678-Les Aulrichiens 1’assiegerent en 1793, et n epurent s’en rendre mailres.

Ii s’est tenu ä Cambrai deux conciles dansle xiv" sieclr, i’un en 1303 et Pautreen 1383-La fameuse ligue de Cambrai fut conclue dansses murs entre le pape Jean II, lempereurMaxinnlien et le roi de France Louis XIII fcontre les Venitiens.

La paix, dite de Cambrai, fut signee en cettßville le 5 aodt 1529, par Louise de Savoie»mere de Francois I er , et par Marguerile d’Au-triebe, gouvernante des Pays-Bas, tante deCharles-Quint , circon&tance qui la fit appel eraussi la paix des dames. Les deux princessesrendircnl ä Cambrai, accompagnces de huitcardinaux, dix arebeveques, trente-trois e ve ^ques , quatre princes, soixante-douze c oni\&et quatre Cents seigneurs. Le traite de Canibraieut pour base le traite de Madrid , mais avecdes modifications importantes aux articles 3,

11 et 14. Ainsi Francois I ur fut releve de I °"bligation d’abandonner la Bourgogne , et onaccepta la ramjon de 2,000,000 d’ecus d’or tqu’il avait proposee pour la delivrance defils. Du reste, ce double succes fut achete auprix de grands sacrißces.

Les armes de Cambrai sont : dor ä uftaig(e ä deux tetes de sable beejue et me#**btede gueules, charge sur l'estnmac d u!lecusson d’or ä trois lions d’azur 2 et 1 •

La ville de Cambrai est situee dans unecontree fertile en lin et abondante en pab 1 "rages, pres de la source et sur la rive droitc del’Kscaut, dont nne des branches traverseville. Elle est generalement bien bätie,bien percee, entouree de forlificalions cons'de^rables, flanquees de tours rondes antiques»defendue par une boune citadelle. On ypar quatre portes : la porte de Seiles, la P°!Cantimpre, celle de Sl-Sepulcre ou deet la porte de Notre-Dame ou de ValetH’' enl1 ^—La place d’armes, au bout de laquode ^voit Thdlel de ville, est remarquable p arelendue; loute la garnison peut s’y rang elbataille. L’csplanade est une des plus bell® 8des plus vastes de la ci-devanl provin ceFiandre. Cette ville renferme quelques b ^edifices et un grand nombre d’etabliss eD1[*s, parmi lesquels on remarque •

L’Eghse St-SEruLCRE, aujourd’hui c8 , jjje

drale; ce n’etait, dans des temps reculcs»^ 1 »simple chapelle erigee par l*e\üqu e