CLERMÖNT-FERRAND.
CLERMOÜT-FERRAND.
CLERMOJiT-FERRAND.
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Mons, qui defendail anciennement cette ville,se troüve mentionne par un annaliste du tempsde Pepin et par une piece de l’an 422. MaisAugusto-Nemetum n’etait pas )a capitale desAiverni du teuips de Cesar; eile n’a du ce titrequ’a la destruction de Gergovia.
On a beaucoup ecril sur l’origine de Cler-111011 t. Les uns ont pretendu que cette ville etaitl’ancien Gergovia assiege par Jules Cesar, etqui etait regarde comme une des plus fortesplaces des Gaules. D’autres, avec plus de rai-son, croient que Gergovia existait du temps desGaulois sur la montagne appelee encore au-jourd’liui Gergovia, situeeä 6 k. de Clermout.On ne sait a quelle epoque cette forteresse futdetruite : Sidoine Apollinaire, qui habitaitl’Auvergne et qui ecrivait au v° siede, n’enparle poiut, et Ton peut conjecturer que lesRomains, enfin maitres des Gaules, firent rui-iH'r une ville oit leur courage avait eclioue, etqui devenait un monument de honte pour euxet de gloire pour les Auvergnats. Sous la do-mination d'Auguste , les habitants de Gergoviaabandonnerent ce lieu escarpe, peu propre aux»ecessilcs de la vie, et se transporterent äNemetum ou Nemosus, lieu plus commode,l l"i lut embelli par les bienfaits de cet empe-teur. Pour en conserver le Souvenir, on joi-gnit a son nom celui d’Auguste; la ville futappelee Augusto-Nemeturn, devint la capitaledes Auvergnats, et recut dans la suite le nomdu cliäteau qui la dominait. Sous l’empire ro-main, cette eile devint celebre, et eut un senatl 11 * subsistail encore au vri e siede ; eile fut dunt >mbre de celles qui jouirent du droit latin,droit qui luidonnaitl’avantage dese gouvernerpar ses propres magistrats, et en vertu duquel^ es habitants pouvaient pretendre au titre deettojuus mmains, ainsi qu’aux premieres char-ges de l’empire. — II paralt que sous les Ro-mains cette capitale fut divisee en deux par-tles •' la Ville et la Cile. La ville etait placee8,1 bas du monticule, et s’elendait de Test au®‘d>; plusieurs monuments historiques et desdebris antiques de colonnes de marbre, de mo-•siques ct de constructions romaines , qu’onecouvre tous les jours dans cet emplacement,artilienl cette opinion. La eite, construite sure sommet de l’eminence, dans l’cndroit oü seIronve la cathedrale, etait entource de murs et"rtifiee de belles tours; ce fut pour le besoint! cette parlie elevee de la ville qu’il fut cons-Iruit un aqueduc de plus de 4 k. de lougueur,'j Ui partait des montagnes situces ä l’occident' * Clermont, nom qui devint celui de tonte la1 le vers le ix” siecle. — Les Auvergnats joui-rent de tous les avanlages que leur offrait lauminalion romaine; ils cultiverent les beaux-81 ts > etablirent des ecoles publiques, dont celles® Vermont et d’Issoire ciaient les plus fameu-s f s . et embellirent leur ville capitale de pltt-atcurs monuments magnifiques; Tun des plus^eniaiquables etait le temple dedie ä Mercurev ° us noni de Vasso-Galaie, detruit, sui-^ant Gulaure, a u temps oü saint Austremoine8 elablir le christianisme dans la capitale dei Auvergne, en 250 ou 253.
Clermont, celebre par ses prerogatives, parson senat, par ses edihees magnifiqnes, perditdans peu de temps une partie de son bien-etre; iles frequentes incursions des bat bares du Nord,qui devasterent et se partagerent l’empire ro-main, causerent cette fatalerevolulion. Crocus,ä la töte d’une troupe de Vandales, entra enAuvergne en 408 , assiegea et prit Clermont,renversa de fond en comble tous les edificesantiques qui decoraient cette ville. Clermontfut encore saccage en 412 par les capitainesd’IIonorius, qui y prirent le lieutenant du tyranConslanlin. Euric, roi des Visigotbs, l’assiegeasans succes en 473 : celle ville etait alors de-fendue par les Bourguignons et par les habi-tants, secondes par l’evöqtie Sidoine Apollinai-re. L’Auvergne avant eie cedee aux Visigotbs,en474, Euric, irrile de la longue resistanceque les habitants de Clermont lui avaient op-posee , eimemi d’ailleurs des peuples qui pro-lessaient le christianisme, tandis que lui etaitde la secte des ariens, tourna tonte sa coleresur l’evAque Sidoine, qu’il fit renfermer dansle cliäteau de Liviane. — Thierry, fils naturelde Clovis, prit Clermont en 507, et soumitpour la premiere fois toute l’Auvergne ä la do-mination des rois de France. Eil 532 Thierry,ayant appris que son freie Childebert s’elaitempare de Clermont, vint a«sieger cette ville,la prit, bi üla, detruisit, pilla tout sur son pas-sage, etdemolit l’aqueduc romain qui condui-sait des montagnes voisines les eaux dans cetteville. Quelques annees apres, Chramne, fils deClotaiie, fut envoye ä Clermont pour gouver-ner la province, et ne se servit de son autoriteque pour y exercer des exces de tout genre:entoure de jeunes libertins, ce prince se livraitaux aclions les plus violentes et ä la dcbauchela plus lionteuse; il enlevait les filles des sena-teurs sous les yeux de leurs peres, et apres lesavoir desbonorees il les livrait ä des brigands.En 761, Pepin s’empara du cliäteau de GlarusMons, y mit le feu, fit egorger les habitantssans dislinetion d’äge ni de sexe. Cette villefut encore ravagee et detruite en 853 par lesNormands, et en 916 par les Hanois, aux-quels s’etaient joints ces meines Normands,Elle fut aussi en proie aux guerres particulieresdes eveques de Clermont et des comles d’Au-vergne.
En 1095, le pape Urbain II convoqua äClermont un concile, afin d’y faire voir les dan-gers auxquels etaient exposes les pelerius quise rendaient ä Jerusalem, et demander des se-cours contre les Turcs. L’ermite Pierre, quiavait parcouru la plupart des regions de l’Oe-cident, adressait de ville en ville des predica-tions aux grands et aux pelits; aussi ce concilefut-il tres-nonibreux : treize archevcques, deuxcent vingt-cinq eveques, un nonibre presqueegal U’abbes milres, avec plusieurs milliers deChevaliers, et une foule immense d’hommes etde fenmies de toute condition, se rassenible-rent en Auvergne ; et malgre la rigueur de laSaison, plus äpve qu’ailieurs dans cette regionmontueuse, ils passerent sept jours sous latente, attendant ce que leurs peres spirituels
decideraient sur le sort de la chretiente. Unpremier discours du pape UrbainII fut adresseä la multitude, q«i attendait en quelque Sortele sigual de courir aux armes. Pierre l’Ermiteparla eusuile aux Chevaliers assembliis, avecdes sentiments vrais, avec des expressions quipartaient d’un cceur ardent et attendri; il excitale plus vif enthousiasme parmi ses nombreuxauditeurs, et Urbain lui-meme n’y demeurapas etranger; celui-ci prononqa un second dis-cours fort long, tres-passionne, qui eveillatour ä tour la compassion , l’indignation ou ledesir de vengeance, et fut interrompu ä plu-sieurs reprises par les sanglots du peuple et parses acclamations : Dieu le veul, Dieu le veul!s’ecria-t-on de toutes parts. A peine Urbainavait-il llni de parier, qu’Aymar, eväque dePuy-en-Velay, et Hugues, frere du roi Phi-lippe, furent parmi les premiers qui s’engage-renl ä l’expedilion sacree. La foule des seigneurset des Chevaliers moins illustres qui prirent leniäme engagement etait si grande, que, pour sedistinguer entre les autres, ils se marquerentd’une croix rouge sur l’epaule droile; et cesigne, qui leur fit donner le nom de croises,tout comme celui de croisade ä leur expe-dition, contribua bientöt ä auginenter leurnombre.
Louis le Gros mit le siege devant Clermonten 1100, pour obligerles habitants ä recevoirleur evöque qu’ils avaient cliasse. Du xn" auxiii” siecle, Clermont eut beaucoup ä souffrirde nos guerres inlestines et des incursions desAnglais; la ville fut plusieurs fois fortifiee et de-mantelee. En 1220, les habitants oblinrent leprivilege de se gardereux-mömes, de s’assem-bler et de se choisir des capitaines; ils furentpendant longtemps exempts de toutes imposi-tions.—En 1285 ou 1286 le bailliage de la jus-tice royale fut transfere par Philippe le Bel äMontferrand.— En 1556, Clermont fut declarechef et ville capitale du ducliö d’Auvergne. Lespremiers grands jours s’y tinrent des premiersjours de septembre au 15 novembre 1582. Lesetats de la province s’assemblerent ä Clermonten 1356, et plusieurs fois en 13E9 pour s’en-tendre sur les moyens d’expulser les Anglais.
Pendant les guerres de la Ligue, les habi-tants de Clermont montrerent pour le parti duroi beaucoup d’energie et un devouement he-ro’ique; quelques chauoines de la cathedrale,qui, ä l’exemple des eures de Paris, commen-qaient ä soulever le peuple par des discours oupar des sermons seditieux, furent chasses de laville.—Le 28 septembre 1665 s’ouvrirent lesseances de la cour des grands jours, pour re-primer les vexations criantes et les desordres detoute espece des nobles; ces seances se prolon-gerent jusqu’au 1”' fevrier 1666 : une medaillefut frappee sous Louis XIV pour rappeier cettegrande epoque.
Les armes de Clermont sont: d'azuv ala croix pleine de gueules orlee d or } can-ionnee de ijuatre jleurs de lis d or.
La ville de Clermout esl bätie ä l’enlreed’unvaste bassin semi-circulaire, de plus de 25 k.de tour que couronnent des riches coteaux, der-