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GERS (departement du).
GERS (departement du).
GERS (departement du).
grande dans celui de jauvier. On a vu le ther-momctre de Reaumuv marquer -+* 31° au moisd’aout, et etre en janvier ä—9°; le mois deseplembre est peut-etre celui dont ln tempera-ture esl la plus agreable; mais les matinees et lessoireesen sont extremementfroides.—La quan-tile de pluie tomhee, annee commune, a ete eva-luee de 86 ä 90 c., mais il y a qtielquelbis desanomalies remarquables dans cette quantite ;ainsi en 1801 eile depassa i m. 5c., et Pauueesuivante la quantite d’eau toinbee n’cgala pas60 c. L’liiver et le printemps sont ordinaire-ment les saisons les plus humides. — Lesventsd’est et d’ouest regnent presque exclusivenientdans cette partie de la France, ceux des autresrumbs ne se iaisant sentir que d’une manierepassagere et a des epoques indeterminees. Lcvent du nord se lait sentir pendant les froids lesplus vifs; la pluie tombe ordinairement parcelui du sud-ouest; le vent d’est, qui, en ete,ameue les elialeurs les plus vives, est un indiceassure de pluie au printemps; assez souvent, enete, il s’eleve vers le soir un vent de nord-esttres-frais, qui dure jusqu’au lendemain matin.
Prodüctioxs. Le departement du Gers seprete en general ä tonte espece de culture; ilproduit toute espece de cereales en quantite plus ;que süffisante pour la cousommation des habi-tants, mais, legumes secs, etc. Culture deschoux, des aulx et des oignons en grand. Beilesprairies naturelles. Fruits de toute espece, maisen petite quantite. — 59 3” 6 liect. de forets(arbres verts et feuillus). — 87,772 liect. devignes, produisant Himuellement 900,000 hec-tol. de vin, dont pres de400,000 sont consom-mes sur les lieux ; une forte partie du surplusest convertie en eau-de-vie, connue sous le nomd’eau-de-vie d’Armagnac, et le reste livre äFexportation.—Betesäcomes et moutons, dontl’educatiou est negligee. Eleve de mnles et demulets pour l’Espagne. Beaucoup de porcs.Eleve en grand de la volaille, notaminent desoies et des canards, qui acquierent une gros-sem* considerabie, et dont on sale les cuisses etles ailes pour le commerce. — Menu gibier.—Bon poisson de riviere et d’etaug.
Mineralogie. Carrieres de marine, de pier-res ä bätir, de plätre, de marne. Argile ä po-tier. Spath fusible propre aux verreries et auxfaienceries.
Sovrcks mixkrai.es ä Barkotan , ä Caslera-Vivent, äBassoues, ä Jcgun, «ä Lavardens.
Industrie ft commerce. L’industrie manu-facturicre est presque nvilledims le Cers. Lesprofessious usuelles fournissent ä peu pres auxPremiers besoins de la vie ; mais le departementne possöde aucune de ces labiiques qui occu-pent de nombreux ouvriers, et sont en d autrespays un cenlre d’activite et une source de ri-cbesses. Les toiles et les gros draps qu on y fa-lirique, ces derniers connu.s sous le nom deburats t cadis, sont eonsommes dans le pays. Ilen est de meine des produits des briqueteries,fours ä chaux, faienceries, verreries. Les tan-nevies sont peut-etre les seuls etablissementsindustriels dont les pruduits ne soieut pas en-
tierementemployes par la cousommation locale;quelques excedants sont aimuellement exportes.— Nombreux mnulins ä farine. — Nombreusesdistilleriesd’enu-de-vic.
L’eau-de-vied’Armagnac,que l’usage aplacceau second rang des eaux-de-vie fmes, et qui ce-pendant pourrait avoir des droits au premier,se fabrique dans rarrondissement de Condom ;la plus rechereliee se distille dans les cantonsde Montreal, Eauze, Cazaubon, Manciet et IN'o-garo.L’espece de defavcur qui f rappe les eaux-de-vie d’Armagnac dans le commerce tient ä eeque, pendant longtemps, les eaux-de-vie de loutdegre ont paye les meines droits; il est resullede cette injuste taxalion que le cognac, pesant22 degres, a du nalurellement etre pretere äParmngnac, qui n’en pese que 19 et demi. Au-jourd’luii que Ton procedc avec plus d’equilean prelevemenl de Pimpöt, et que l’eau-de-viede toules proveuances li’est taxee qu’en raisonde la quantite d’alcool pur qu’elle contient, lesproprietaires de l’armaguac doivent esperer detii’cr un meilleur parti de ieurs exeelienls pro-duits. Un 4’ait trop peu comiu est denature äencourager ces justcs pretenlions : il esl ccrtainque leurs liquides sont les seuls qui se livrentäPetat naturel aux consommateurs. Le cognac,excellent aussi, et dont personne ne peut nier lehaut jncritc, est evidemment trop fort ä 22 Je-gres; il laut l’amortir ; mais, quoi qu’on fasse,quelque soin qu’on preune, quelquetalent qu’onapporte ä l’arranger, une difl'erence notablepour les Connaisseurs sera toujours äl’avaiitagedes eaux-de-vie qui sortent de l’appareil audegre convcnahle pour la boisson. L’armagnac ,lorsqu’il a ete distille avec inteliigence, se dis-tingue par beaucoup de douceur et un aromeparticulierement agreable; Tage ajoule cncoreä ces perl’ections, quand l’eau-de-vie vieillitdans le bois.—Le piquepoul et leclairet sont lesdeux varietes de raisins blaues qui reudeut lameilleure eau-de-vie. Le vin qu’ils domientn’est point soumis ä la cuvaison; il se conservepeu, et veut etre brule six mois apres la recolte.La moyenne est d’uu sixieme en eau-de-vie,que Fon renferme dans des barviques de 50 ä60 veiles ; la velte est d’un peu moins de 8 li-tres. — L’armagnac s’envoie ä Bordeaux et äBayonne, d’oü on l’exporte en majeure, partiepour l’ctranger. Cette eau-de-vie est peu connueä Paris, et cependant eile devrait renconlrer unplacement facile et avantageux dans ce grandceutre de cousommation oü l’on trouve taut deConnaisseurs exerces.
Le commerce consiste principalement eneaux-de-vie, vins, grains, farines, laines, vo-lailles. Exportation considerable pour PEspa-gne demules, mulets, betes ä cornes, betes älaine, porcs gras, etc.
Foxres. Plus de 400 foires se tieuuent dansenviron 90 conimunes. On y vend prineipale-mentdes bestiauxde toute espece, deschevaux,des mulets, de la volaille, des grains de touteSorte et divers objets d’habillement et de con-sommation. Les foires de Lombez sont cele-bres pour le commerce des imiles; les Espa-
gnols y font ordinairement des achats conside-rables.
Moeurs et usages. <c Les Gascons, dit l’au-tcur de VAmiuaire du Gers, Gascon lui-menie,ont de Fesprit, de la gaiete : on croit qu’ils ensont redevables au climat eL ä leur patois.Leurreputation de fanlärons et exagerateurs doitetre attrilmee aux cadets de famille, forcesd’allcr cberclier fortuue au loiu. — Dans uupays saus commerce, sans Industrie et pure-ment agricole, la fortuue ne peut etre aug-rnentee que par l’economie domestique, etetablie cpie sur des proprietes loncieres; cespropvietes elaient, dans le departement du Gers,tres-divisees, meine avant la revolution. On yetait d’ailleurs regi ]iar les lois romaines; diesjjenm'llaient aux peres de laisser, par preciput,les Irois (piarls de leur fortuue ä leur aine,qui avait encore son droit au partage du reste.Cette maniere de disposcr des biens etaitgenerale et avait pour cousequence de forcerles blies ä demander aux couvents un asileqii’eiJes eussent iiiutilement eberebe dans lemariage, et d’oljliger les garcons, cadets defamille, ä se promirer au dehors, par l’ejiee,l’Eglise, la rolie, le commerce, etc., Paisancedont ils avaient joui dans la maison paternelle.Lorsque, loin de leur pays, avec toutes les a'p-parences du besoin, ils se laissaient aller, parun retour sur le passe, ä parier des ehäteaux,des gens, des ciiiens, fies cbevaux de leurpere, introduisant dans leurs recits, avec unevive gaiete, les hyperboles et la prosodie deleur pntois, les etiangers, etonnes d’un tel lan-gage, ne pouvaient le considcrer que commeune fanfaronnade : on devait se plaire ä l’exa-ger<*r encore, par le penchant naturel quiporte ä ebarger les ridicules pour les rendreplus comi<[ues. Telle lut sans doute Porigine de| la reputation des Gascons, qui cependant nesont qu’un peu plus iuduslrieux, vifs, ainia-bles enfni, que les autres Franeais. — Lesvillessontencore, dans le departement, en petilnombre ct peu peuplees. Il y regne une grandesiniplicite de moeurs. Cette simplicile se läit.remarquer surtout dans les campagnes, ou lespaysans sont patients, infatigables au travail,eeonomes, devoues ä leurs parents, altacbes äleur pays. Leur nourriture est tres-frugale : ilsne mangent de viande et ne boivent de vinque deux lois l’annee, pour animer la gaiete duearnaval, ou pour celebrer la fete du patrondu village; quelquefois encore, mais par excep-tion, aux noces et aux enterrements, parcequ’on ne peut renvover ä jeuu les parents ve-ims de loin ä ces ceremonies. — La vie desfemnies n’est pas moins laborieuse que celledes bomines. Les ieinmes mariees ont soin dumenage, de la volaille, ete. Les jeunes Blies,taut qu’elles sont enlauts, gardeut les bestiauxet les troupeaux. Des qu’elles graudisseut,elles pnrtagenl tous les travaux de Pagrieultureet toutes les latigues des hommes. Si leur fa-mille est plus nombreuse que la metairie ne leneeessite, ellesselouent comme domestiques, etdans ce cus il en est peu qui preferent les villesä la Campagne. Elles eraiudiaient de jiasser